Activités pédagogiques

Activités réalisables en cours d'anglais, français, histoire, économie, droit en BEP ou Baccalauréat professionnel, à partir de documents authentiques. christiankrock@yahoo.fr. Certaines activités peuvent être adaptées aux classes de 4e et 3e de collège.

23 janvier 2008

Economie BEP : "L'inflation en France"

L’INFLATION EN FRANCE

OBJECTIFS : définir l’inflation et ses conséquences ; illustrer la théorie de l’offre et de la demande.

Les documents ci-après sont extraits du Figaro, 16 janvier 2008, p. 20

Document 1

Evolution des prix à la consommation, en glissement annuel, en %

GRAPHIQUE NON REPRODUIT

Ce graphique représente l’évolution de l’inflation en France, entre 1999 et 2007.

Qu’appelle-t-on « inflation » ? C’est la hausse durable et auto-entretenue de l’ensemble des prix. Qu’appelle-t-on « désinflation » ? C’est le ralentissement de l’augmentation des prix.

Repérez les périodes d’inflation et de désinflation depuis 1999. Quand l’inflation a-t-elle connu son niveau le plus élevé ? Quand a-t-elle connu son niveau le plus bas ?

Document 2

CONJONCTURE La hausse des prix atteint 2,6% en un an. Les prix de l’alimentation et de l’énergie dérapent.

L’inflation est de retour

Depuis mai 2004,

la France

n’avait plus connu un tel niveau d’inflation. Elle n’est « plus seulement dans la tête des Français, elle l’est aussi dans les statistiques officielles », lâche un expert. De fait, en décembre, les prix ont progressé de 0,4%, soit 2,6% en un an, selon les chiffres publiés hier par l’Insee. Dans la grande distribution, ils ont augmenté de 0,8% en décembre et de 2,3% au cours des douze derniers mois.

Pas de quoi rassurer les Français , particulièrement inquiets depuis de nombreux mois sur la question de leur pouvoir d’achat. D’autant que les étiquettes qui flambent sont celles des dépenses du quotidien. En un an, les prix des produits frais ont augmenté de 3,4%, ceux du tabac de 6,2%, des produits pétroliers de 17,1% et des loyers de 3,4%.

« Si l’hyper inflation n’est toujours pas à l’ordre du jour, il faut tout de même reconnaître que les dangers qui pèsent sur le pouvoir d’achat des ménages n’ont jamais été aussi forts depuis plus de quinze ans et ce d’autant que la progression des revenus est loin d’être

à l’aune de celle des prix », note l’économiste Marc Touati.

Cette flambée des étiquettes va-t-elle continuer ? L’inflation pourrait rester « bien au-dessus de 2% durant la majeure partie de l’année, avec un pic autour de 3% durant le premier trimestre., poussée par les tensions sur le prix des matières premières et des effets de base défavorables », répond l’économiste Mathieu Kaiser, qui table sur une inflation de 2,5% en moyenne en 2008. Le ministre de l’Economie Christine Lagarde, elle-même, a reconnu récemment que la hausse des prix serait certainement plus importante en 2008 qu’en 2007.

La France

reste cependant une bonne élève au sein de la zone euro, où l’inflation annuelle vient de s’installer à 3,1%.

Le dilemme de

la BCE

Ces chiffres « laissent

la BCE

face à un vrai dilemme », estime l’économiste Alexander Law. Certes, l’objectif de maintenir une inflation inférieure ou égale à 2% dans la zone euro « n’a pas été atteint, ce qui plaiderait pour une hausse du taux directeur ». Mais

la BCE

ne veut pas non plus prendre le risque de contribuer au ralentissement de la croissance économique – ce qui plaide alors pour un maintien ou une baisse des taux -, alors que les prévisions ne sont déjà pas bonnes pour les mois à venir.

Parfois critique à l’égard des décisions de

la Banque

centrale européenne,

la France

– qui assumera la présidence de l’Union européenne au second semestre 2008 -, a indiqué hier par la voix du secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, qu’elle ne lancera aucune initiative visant à modifier les statuts de

la BCE

dont elle approuve désormais la politique. A

la BCE

, donc, « de voir quel est l’équilibre le plus satisfaisant entre les impératifs de croissance et les objectifs d’inflation », a-t-il dit hier depuis Strasbourg.

MARIE VISOT

VOCABULAIRE :

produits frais : produits alimentaires n’ayant subi, après fabrication, aucun autre procédé de préservation que la mise sous emballage étanche  et le maintien à température froide, pour un délai de vente de un à vingt-et-un jours : laitages, viandes, poissons, fruits, légumes …

à l’aune de : comparable à (ici : n’est pas aussi forte que)

effets de base : l’augmentation des coûts de production due à la hausse du prix du pétrole aboutit à la hausse des prix.

dilemme :  choix difficile

BCE :

la Banque

centrale européenne est chargée de définir les grandes orientations de politique monétaire de la zone euro et de prendre les décisions nécessaires à sa mise en œuvre. Créée en 1998, elle a son siège à Francfort, en Allemagne.

taux directeurs :  taux d’intérêts fixés au jour le jour par la banque centrale d’un pays ou d’une union monétaire, permettant de réguler l’activité économique.

Les élèves répondent aux questions signalées par un astérisque rouge en faisant des recherches sur Internet ou en s‘aidant d’un manuel. Pour les autres, ils utilisent les informations contenues dans le texte, leurs connaissances et leur réflexion.

1. *Qu’est-ce que l’Insee ? Institut national de la statistique et des études économiques

2. *Quel est son rôle en ce qui concerne les prix ? Pour mesurer le niveau général des prix, cet organisme public calcule et publie tous les mois des indices de prix à la consommation.

3. *Qu’appelle-t-on « pouvoir d’achat » ? C’est la quantité de biens et de services qu’un revenu permet d’acquérir.

4. Quel est le résultat de l’inflation sur le pouvoir d’achat des consommateurs ? Elle diminue la quantité de biens qu’ils peuvent acquérir avec une somme donnée. 

5. Dites, pour chacun de ces secteurs : produits frais, tabac, énergie, logement, quelle est, selon vous, l’origine des hausses :

produits frais : par exemple, le prix des fruits et légumes repose sur l’équilibre entre l’offre et la demande. Ce prix subit des variations car il est fixé en fonction de l’abondance de la récolte (incidents climatiques), du moment de la récolte (saisons), des différences de variété et des modes de production. Si le prix du blé augmente à cause d’intempéries, les aliments pour bétail subissent une hausse, donc le coût de la viande s’en ressent.

tabac : depuis la loi Evin de 1991, pour lutter contre le tabagisme, l’Etat pratique une politique de hausse des taxes sur le tabac, ce qui a pour résultat d’en faire augmenter le prix.

énergie : la hausse du coût du pétrole s’explique par une forte demande mondiale émanant notamment de

la Chine

, désormais second importateur mondial après les Etats-Unis ; par des tensions géopolitiques (menace d’une intervention militaire des Etats-Unis contre l’Iran, 4ème producteur mondial de pétrole ; tensions au Pakistan : crise soulevée par les activités terroristes du KDD, parti des travailleurs du Kurdistan, qui a envenimé les relations entre Bagdad et Ankara, créant des inquiétudes autour d’une interruption éventuelle de la production pétrolière dans le nord irakien ; tensions au Nigeria, au Moyen-Orient)

logement : loi de l’offre et de la demande : le marché de l’immobilier en France se caractérise par une demande supérieure à l’offre (pénurie de logements), ce qui entraîne l’élévation des prix. De plus, les loyers sont indexés sur l’indice des prix (rapport entre le prix d’un bien ou d’un service à une période donnée et le prix du même produit à une période de référence prenant la valeur 100).

6. Les prévisions des experts pour 2008 sont-elles optimistes ou pessimistes ? Pessimistes car ils pensent que l’inflation va continuer.

7. Quel est l’objectif principal de

la Banque

centrale européenne ? Est-il atteint ? Il s’agit de maintenir l’inflation dans la zone euro à moins de 2%. Cet objectif n’est pas atteint.

8. Expliquez le dilemme de

la Banque

centrale européenne : quelles sont les conséquences sur l’économie, selon qu’elle décide de relever ou de baisser les taux d’intérêts ? Elle est écartelée entre réduire l’inflation et ne pas ralentir la croissance.

Soit elle baisse les taux d’intérêts directeurs, ce qui incitera les ménages à consommer et les entreprises à investir car les taux d’intérêts d’emprunts seront plus bas et cela va dynamiser la croissance. Soit elle ne les baisse pas pour lutter contre l’inflation.

Document  3

Evolution des prix entre octobre 2006 et octobre 2007 :

SOJA :    + 150%

LAIT   :    +  90%

BLE    :    +  70%

CACAO : + 15%

Document 4

Les prix alimentaires continueront à croître

La hausse des cours des matières agricoles commence seulement à se répercuter sur les produits.

N’en déplaise aux consommateurs, les prix de l’alimentaire vont continuer à augmenter cette année. « La hausse des prix pourrait même s’accélérer au premier semestre », prévoit Eric Dubois, économiste à l’Insee. Selon cet institut, les prix dans l’alimentaire ont augmenté de 3,1% entre décembre 2006 et décembre 2007. En juin prochain, la hausse sera de 3,9% par rapport à juin 2007. En réalité, l’augmentation des matières premières a débuté fin 2006 mais c’est seulement maintenant qu’elle va commencer à se répercuter sérieusement sur les produits alimentaires. Jusqu’à présent, les prix étaient encore à peu près contenus par la concurrence entre les distributeurs. « Sur l’ensemble de l’année, la concurrence peut faire baisser les prix de l’ordre de 0,2 à 0,3 point », indique Eric Dubois. Surtout, la grande distribution a freiné au maximum les demandes de hausse de l’industrie agroalimentaire. Confrontée au même problème sur ses propres marques, la grande distribution a commencé à passer des hausses sur les produits les plus sensibles comme les pâtes, l’huile, les laitages, le pain, les biscuits ou encore les glaces.

Détente au second semestre

Le second semestre 2008 est très attendu car il pourrait amorcer une première détente des prix. Selon plusieurs observateurs, le cours des matières premières agricoles, élément clé du 

problème, pourrait se stabiliser. L’année 2007 s’est terminée à des niveaux records. Le soja est au plus haut depuis 1973, à 13 dollars le boisseau ; le maïs dépasse les 5 dollars, soit un record depuis au moins 1922, tandis que le cours du blé atteint de nouveaux sommets à 8 dollars le boisseau. « Si les récoltes sont optimum, c’est-à-dire sans catastrophe climatique, nous pourrions espérer une reconstitution partielle des stocks et donc un début de détente sur les cours », prévient l’économiste Philippe Chalmain. Mais le moindre incident pourrait avoir des répercussions dramatiques.

Car la demande, malgré les tensions inflationnistes, reste soutenue dans les pays émergents. Et la pression sur les marchés issue de la demande en agrocarburants a peu d’incidence en Europe sur les prix, elle continue de peser sur les marchés mondiaux, notamment sur les cours de l’huile et du maïs. « Il y a près d’une centaine d’usines d’éthanol qui sont opérationnelles aux Etats-Unis et qu’il faut alimenter en maïs », rappelle Hervé Guyomard, directeur scientifique à l’Inra.

Le monde agricole a déjà commencé à s’adapter à cette forte demande. Mais les effets ne sont pas immédiats. Les prix élevés incitent à l’augmentation des surfaces cultivées. Les biocarburants devraient accaparer 12% des terres agricoles au cours des dix prochaines années, selon une étude du Crédit Suisse. En Europe, la suppression des jachères, la fin progressive des quotas laitiers ou des taxes à l’importation sont autant d’outils pour relancer la production.

Il reste des inconnues, à commencer par la future réforme de

la PAC

qui devra tenir compte de ce contexte.

THIEBAULT DROMARD

VOCABULAIRE :

boisseau : ancienne mesure de capacité pour les grains et les matières premières, restée en usage dans les pays anglo-saxons pour les céréales ; le boisseau de Paris contenait environ

12,5 l

.

pays émergents : pays en voie de développement. Leur PIB par habitant est inférieur à celui des pays développés, mais ils vivent une croissance économique rapide, et leur niveau de vie converge vers celui des pays développés.

éthanol : alcool dérivé de l’éthane, hydrocarbure gazeux, utilisé comme combustible, une fois  mélangé à de l’essence

Inra : Institut national de la recherche agronomique. Créé en 1946, cet établissement public effectue des travaux de recherche dans le domaine de l’agriculture.

jachère : terre non cultivée temporairement

PAC :

la Politique

agricole commune a été mise en place dès 1962 à l'échelle de l'Union européenne. Elle est basée principalement sur des mesures de soutien des prix et de subventionnement, visant à moderniser et développer l'agriculture.

La PAC

s’applique aussi aux produits de la pêche ainsi qu’aux produits de première transformation.

1.      En vous aidant du document 3, dites pourquoi le prix des produits alimentaires a augmenté. Donnez des exemples de produits concernés au quotidien. La hausse du prix des matières premières alimentaires se répercute directement sur le coût des denrées alimentaires. Par exemple, la hausse du prix du blé a des conséquences sur celui du pain, des croissants, des pâtes ; celui du lait se répercute sur celui des yaourts, des glaces … [En ce qui concerne le prix du pain, le reportage intitulé « Quand la baguette augmente, qui s’enrichit ? », diffusé dans Capital : « Pouvoir d’achat : révélations sur la flambée des prix » le 20/01/2008 sur M6 évoque aussi une hausse du coût de la main d’œuvre et des loyers des fonds de commerce, selon leur emplacement.]

2.      Quelles sont les deux raisons pour lesquelles le prix des céréales a progressé ?

En raison du phénomène de l’offre et de la demande : les pays émergents en consomment de plus en plus (Chine, Inde …), tandis que les pays industrialisés en utilisent eux aussi de plus en plus pour fabriquer des agrocarburants, comme alternative au pétrole dont le coût flambe.

3. Par quelles mesures l’Union européenne peut-elle répondre à cette demande croissante de céréales ?

En réformant

la PAC

pour aboutir à plus de surfaces cultivées.

Conclusion : Synthèse sur la loi de l’offre et de la demande, source d’inflation, illustrée d’un exemple.

Notions à utiliser :  produit - quantité - variation - prix - équilibre – ajustement

Posté par Christiann à 11:06 - Economie BEP - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


14 janvier 2008

Histoire Bac Pro : "La dictature en Corée du Nord"

ENQUÊTE D’ACTION : « COREE DU NORD, CUBA : AU CŒUR DES DERNIERES DICTATURES », diffusé en novembre et décembre 2007 sur W9 (extrait) - Durée :  41 mn environ

OBJECTIF : en classe de Terminale professionnelle, dans le cadre de l’étude des régimes totalitaires en Europe au XXe siècle, définir ce qu’est une dictature à travers un exemple très contemporain, celui de

la République

  populaire démocratique de Corée du Nord.

Déroulement :

1.      Sous forme de « brainstorming », les élèves proposent une définition de ce

qu’est une « dictature » grâce à leurs connaissances personnelles, des dictionnaires de langue, des manuels.

Les caractéristiques principales sont :

-un régime politique dans lequel le pouvoir est détenu par une personne (généralement chef d’un parti qui devient parti unique) ou un groupe de personnes (caste, armée, groupe religieux …)

-un exercice du pouvoir sans contrôle démocratique, sans limite légale ou constitutionnelle, de manière arbitraire et autoritaire, voire violente (répression des opposants)

-l’absence d’élections libres

-l’absence de séparation des pouvoirs (exécutif, législatif, juridique)

-le non-respect de la liberté de la presse

-l’application d’un système économique du type autarcique

2. Visionnage des premières minutes du documentaire. (La deuxième partie est  consacrée à Cuba.)

La Corée

du Nord est un pays où il n’y a rien à manger, mais où il y a 1 200 000 soldats. Un pays où il n’y a pas de voitures, mais des agents à chaque coin de rue pour régler la circulation. C’est aussi la nation la plus secrète du monde et il a fallu des mois pour obtenir l’autorisation d’emporter une caméra dans ce pays fermé comme une prison. Les habitants vivent dans une autre réalité, totalement manipulés par la propagande du dictateur Kim Jong-il.

Problématique : en quoi ce régime politique diffère-t-il d’une démocratie ? Les élèves répondent en empruntant des exemples au documentaire (images et commentaires). Grille à compléter.

 

UN SEUL CHEF, UN SEUL PARTI

-la concentration des pouvoirs entre les mains d’un seul homme : Comment le président à vie s’appelle-t-il ?

-le culte de la personnalité : Dans chaque rame, on voit les portraits de Kim-Il-sung (mort en 1994) et de son fils Kim Jong-il, des portraits que l’on retrouve aussi sur les murs de l’école et que l’on est prié de saluer. Chaque matin, les enfants sont obligés de se prosterner devant le père de la nation avant de rejoindre leurs classes. On diffuse des slogans à la gloire du régime à l’usine : « Les temps sont durs, on manque de tout, mais grâce au grand général Kim Jong-il et à notre foi inébranlable en la victoire, nos cœurs sont prêts au combat. Allons dans la joie au travail ce matin … » A la fin de la journée de travail, on est invité à chanter en chœur à la gloire du cher dirigeant Kim Jong-il : « On veut suivre l’infiniment bon Kim Jong-Il pour l’éternité/ C’est notre grande joie/ La flamme est sa création, avec laquelle il a créé le matin éternel/ Tous unis, faisons briller sa volonté vers un paradis plus beau/ On veut suivre l’infiniment bon Kim Jong-Il pour l’éternité ».

A l’école, on apprend d’abord à honorer le leader nord-coréen : « Chers enfants, comme une fleur fleurit grâce au soleil, l’enfant a besoin de l’amour du grand général Kim Jong-il pour grandir et grandir en apprenant à jouer de son instrument traditionnel. », dit l’institutrice. «  A l’heure de la récréation, ils ne doivent pas s’amuser dehors, ils s’entraînent à jouer du kayagum ou du choptaé afin de pouvoir ravir un jour notre grand général à l’occasion d’un beau concert. » Puis elle raconte aux enfants une histoire de bottes, visiblement romancée pour vanter les exploits et la grandeur d’âme de Kim Jong-il, le président à vie de

la Corée

du Nord. « Le grand chef, qui portait ces jolies bottes, a couru jouer vers ses camarades. Mais soudain, le grand chef s’est arrêté parce qu’il était triste : il venait de s’apercevoir que ses pauvres petits camarades portaient des tennis mouillées. Le général, généreux et attentionné, est rentré chez lui et il portait des tennis mouillées car il avait donné ses bottes. Répétez avec moi ! » Et pour apprendre l’histoire par cœur, les enfants sont ensuite priés de la réciter. Ici, la propagande commence dès le cours préparatoire. Dans la capitale, Pyongyang, l’imposante statue de Kim Il-sung ne s’éteint jamais. Un jour, Kim Il-sung s’est identifié à Tangun (roi légendaire, fondateur de

la Corée

antique il y a 5000 ans) et a ordonné la reconstruction de son temple (qu’il avait fait détruire), en prenant soin toutefois de faire inscrire dans la roche cette phrase qui exprime la pensée profonde du chef dirigeant : « Vive Kim Il-sung, soleil éternel » .

GOUVERNER EN EMBRIGADANT LES MASSES

-une idéologie dominante qui fédère la nation : Kim Jong-il a inauguré la première dynastie communiste de l’histoire.  Dans les années 50, Kim-Il-sung avait fait brûler tous les temples du pays. Seule la religion du parti (bouddhisme) était autorisée.

-une propagande omniprésente :  les enfants rendent hommage au père de la nation. Régulièrement, les petits Coréens du Nord viennent déposer des gerbes de fleurs au pied d’immenses fresques. C’est une sorte de pèlerinage obligatoire, imposé dès le plus jeune âge. Obligatoire et indispensable pour devenir, plus tard, un bon communiste. Des fresques guerrières et idéologiques, des monuments à la gloire des dirigeants, des affiches de propagande, il y en a partout. Ici, c’est l’environnement quotidien. Une maman et sa petite fille chantent ensemble, sur le chemin de l’école, un hymne à la gloire des dirigeants : « Notre grande armée populaire secoue le ciel et la terre ; les hideux Américains se prosternent devant elle. ». En Corée, on est élevé dès le plus jeune âge dans la haine du peuple américain. Dans le métro, comme ailleurs, il y a de la musique patriotique en fond sonore. Sur les murs de chaque station, des fresques célèbrent la révolution.            

A l’atelier de couture, on diffuse un petit air patriotique pour motiver les ouvrières qui doivent accélérer la cadence (elles doivent confectionner 150 manteaux aujourd’hui) : « L’amour est ma patrie/ Mon cœur brûle pour elle ».

Au cours d’un déjeuner familial, un vieil homme rappelle son passé glorieux de militaire et explique à ses enfants que l’Amérique est vraiment un mauvais pays. Chaque membre de la famille est convaincu qu’il faut « détruire ces monstres américains. »

Lorsque les journalistes filment une chambre de l’hôpital universitaire de la capitale, une mise en scène a été organisée : une charmante infirmière veille deux fausses malades, maquillées pour l’occasion. Une belle image pour magazines de propagande, destinée, peut-être, à masquer la réalité du système de santé, qui est à l’agonie. En province, les hôpitaux ne bénéficient pas du même confort que ceux de la capitale. Dans celui que visitent les journalistes, le toit est troué, il n’y a pas suffisamment de chauffage. Les conditions sanitaires sont particulièrement spartiates (instruments rouillés, bouteilles de bière contenant des solutions servant à perfuser des enfants malades). Dans les hôpitaux pourtant, on voit des affiches à la gloire du régime et d’autres qui présentent le système de santé nord-coréen comme un modèle de réussite.

«Korean TV » est l’unique chaîne officielle du pays. La présentatrice du journal récite toujours à peu près les mêmes histoires : les pèlerinages sur le berceau familial de la famille dirigeante et les grands défilés populaires comme celui qui commémore l’anniversaire de la naissance de la nation.

Les journalistes sont invités à un banquet officiel par un représentant du ministère des Affaires étrangères ; on leur sert un dîner de luxe alors que certaines denrées manquent dans le pays.

GOUVERNER PAR

LA FORCE

-un gouvernement par la force et la terreur : on voit des soldats, hommes et femmes, qui font d’interminables rondes dans les rues de la ville. Dans le métro, il y a des militaires partout, qui surveillent les allées et venues des camarades communistes. Des agents automates règlent le trafic. Il est interdit de quitter le pays. A l’atelier, à la fin de la journée, on fait le bilan : c’est le moment de distribuer les bons et les mauvais points à chacune des ouvrières textiles. Deux d’entre elles sont des exemples pour toutes.

Le « compound » est le quartier des rares étrangers autorisés à résider dans le pays : une centaine de personnes : des personnels d’ambassades, des représentants d’ONG vivent et travaillent dans ce ghetto interdit à la plupart des Coréens et d’où il est très difficile de sortir.

Par exemple, pour les membres de « Première Urgence », la seule ONG française présente en Corée du Nord, il est impossible d’aller d’un endroit à un autre sans avoir déposé à l’avance un plan de route et demandé une autorisation. Ils sont encadrés par deux guides détachés du ministère des Affaires étrangères nord-coréen.

Dans ce pays où les moindres faits et gestes sont surveillés, il est quasiment impossible de sortir à la nuit tombée.

Il y a des travaux d’intérêt général obligatoires. Réquisitionnés par le parti, tous les habitants de Pyongyang – même les enfants - remplissent leur devoir à tour de rôle : ils repeignent les ponts, les bâtiments, nettoient les rues.

Les coopérants sont libres de penser, mais ne sont pas libres de leurs mouvements. Les Coréens n’ont pas le droit de communiquer avec eux en dehors du travail. Les commissaires politiques empêchent les journalistes de filmer lorsqu’ils craignent que ces images ne montrent une image défavorable du pays ou qu’elles soient interprétées « de façon très mauvaise » en Occident.

La Corée

du Nord, d’après de très nombreux témoignages, abrite encore des camps de concentration. Dans un camp, filmé en caméra cachée, les prisonniers sont soumis aux travaux forcés par des températures de moins 20°, et se nourrissent de feuilles de choux.

   

-l’économie : sur quoi repose-t-elle ? sur l’autosuffisance. Caractérisez-le niveau de vie et la qualité de vie.

archaïque, en échec. Dans la capitale, il y a très peu de circulation ; les quelques voitures qui circulent sont réservées au cadre du parti ou aux étrangers. Il n’y a pas beaucoup de bus non plus. Alors, pour aller travailler, les gens marchent.

Les appartements sont prêtés par le régime, mais la télévision ne fonctionne pas bien, tout comme l’électricité, le chauffage, les sanitaires. Il n’y a pas d’éclairage public dans les villes en dehors de la capitale. Internet est peu accessible.

A la campagne, les travaux des champs se font à la main, on utilise encore les charrues à bœufs, et les enfants sont réquisitionnés pour les récoltes. L’agriculture est exsangue, archaïque, basée sur l’autosuffisance. On utilise les rares tracteurs pour transporter les gens des campagnes. Cette année, il y a eu de fortes inondations et les récoltes ont été mauvaises. A part pour la culture du pavot, forcément très protégée et très surveillée par les barons de la drogue, les paysans sont inquiets. Certains craignent une nouvelle famine, comparable à celle qui a ravagé le pays au milieu des années 90. Les rendements agricoles avaient été désastreux. En Corée du Nord aujourd’hui, on manque de savon et  tout le monde a des poux. Il y a des canons et beaucoup de militaires : une armée de 1 200 000 soldats pour une population de 22 000 000 d’habitants. Il y a aussi des centrales nucléaires et des bases secrètes où l’on fabrique l’arme atomique.

La Corée

du Nord est aujourd’hui l’une des plus grandes puissances militaires de la planète et c’est en même temps le pays le plus assisté au monde. Un pays qui ne peut survivre que grâce à l’aide humanitaire. Chaque année, le programme alimentaire mondial distribue un million de tonnes de nourriture, ce qui permet de nourrir six millions de personnes. Le réseau ferroviaire est en mauvais état. Les rares trains qui circulent sont systématiquement pris d’assaut.

3. Synthétiser cette prise de notes en choisissant trois exemples qui montrent les différences entre la dictature nord-coréenne et une démocratie :

Par exemple, les lieux de culte contraires à la religion prônée par le parti ont été détruits alors que, dans une démocratie, il y a la liberté de culte.

4. Grâce à des recherches sur Internet, complétez les informations contenues dans le reportage en vous renseignant sur :

-l’origine de cette dictature (dans quelles circonstances a-t-elle été instaurée ? partition de

la Corée

en 1948 ; préciser le rôle de Kim Il-sung dans la résistance à l’occupation  japonaise et dans la guerre de Corée, de 1950 à 53)

-l’importance du communisme dans le pays, notamment dans le domaine économique : développement autocentré, de type « socialiste soviétique », recherchant l'autosuffisance jusqu’en 2002, puis mesures de libéralisme …

-l’évolution des relations entre les deux Corées : le début du reportage montre une ligne de démarcation en béton et les

250 km

de barbelés qui séparent

la Corée

du Nord et

la Corée

du Sud depuis plus d’un demi-siècle, mais quel événement a montré un début de rapprochement entre les deux Etats en 2007 ? rétablissement des liaisons ferroviaires intercoréennes depuis mai 2007

[L‘intérêt de l’exercice n°4 est d’attirer l’attention des élèves sur l’insuffisance principale du reportage, à savoir le fait de décrire une situation sans en expliquer les causes.]

Au cours d’un entretien avec François Pécheux, le présentateur, Pierre Rigoulot, spécialiste de

la Corée

et de Cuba et directeur de l’institut d’histoire sociale, confirme l’authenticité du reportage :

-Nous savons qu’au quotidien la propagande est générale. Il y a ce que nous avons vu (le grand-père, l’école) et en dehors de l’école, vous avez une propagande quotidienne. Vous ne pouvez pas tourner votre visage vers autre chose que les grands leaders, Kim-Il-sung et Kim Jong-il, le père et le fils. Il y a 3000 statues d’eux dans le pays, des slogans partout, des portraits. Il y a quelque chose de plus en Corée du Nord qui distingue d’une dictature normale, c’est le fait qu’on veut changer l’homme, les individus. Ce n’est pas seulement, comme en Birmanie, « Taisez-vous ! », c’est « Manifestez votre enthousiasme pour le régime, pour le merveilleux avenir que notre leader génial vous propose. » Donc il y a un enthousiasme obligatoire, il y a un engagement individuel obligatoire, il y a la tentative par le régime de créer un homme nouveau. Naturellement, tout cela, c’est purement idéologique, ce n’est pas du tout un homme nouveau mais un homme qui a faim de nouvelles de l’extérieur et tout simplement de nourriture. Je pense que le changement peut venir de l’extérieur.

-Quand George Bush définit

la Corée

du Nord comme faisant partie de « l’Axe du Mal », que veut-il dire et qu’est-ce que nous avons à craindre ?

-Les Etats qui font partie de « l’Axe du Mal » sont les Etats qui répriment leur population, les oppriment ; il n’y  a pas de doute là-dessus. Ce sont les Etats qui peuvent avoir des contacts avec des organisations terroristes ; il n’y a pas de doute non plus, ils l’ont fait, eux-mêmes ont pratiqué d’ailleurs le terrorisme. Ils ont fait, par exemple, exploser un avion de ligne sud-coréen pour montrer que la sécurité ne pouvait pas être assurée aux jeux olympiques de Séoul en 1988. Et puis ce sont des Etats qui sont susceptibles de s’armer de façon nucléaire.

-Alors, quel est l’avenir d’un pays comme ça parce qu’on voit combien il est dinosaure ?

-Oui, on peut se le demander. D’abord sur le plan économique, c’est un désastre.

La Corée

du Nord est certainement un des pays du monde le plus aidé. Le tiennent à bout de bras les Chinois qui l’aident sous forme énergétique, sous forme alimentaire. Leur malheureux frère opprimé par le capitalisme et l’impérialisme américain du Sud les aide beaucoup, leur envoie des engrais, de la nourriture, donc il y a une véritable aide internationale. Il y a une aide également par le programme alimentaire mondial, c’est-à-dire par l’ONU, et cependant l’idéologie, c’est celle de l’autosuffisance : on se suffit à soi-même.

-De l’intérieur, on a compris que ça ne pouvait pas changer, ça c’est sûr, tout est muselé. Le seul changement viendrait de l’extérieur.

-Voilà.

5. Les élèves consultent Internet pour trouver d’autres exemples de dictatures au XXIe siècle (Cuba, Birmanie … ) et indiquer des points communs avec celle mise en place en Corée du Nord (ex : culte de la personnalité).

BIBLIOGRAPHIE :

GRANGEREAU, Pierre. Au pays du grand mensonge : voyage en Corée du Nord. Payot, « Petite Bibliothèque Voyageurs », 2003. ISBN 2228897426   7,95 €

RIGOULOT, Pierre. Corée du Nord, Etat voyou. Buchet-Chastel, « Au fait », 2003.

ISBN 2283019214   14,00 €

WHEELER, Tony. Dans les pays de l'axe du Mal. Lonely Planet, « Ecrivains-Voyageurs », 2007. ISBN : 2840706709    21,00 €

Posté par Christiann à 16:04 - Histoire Bac Pro - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 janvier 2008

Anglais BEP : "If you were a sailboat", chanson de Katie Melua : le conditionnel présent

IF  YOU WERE A SAILBOAT, CHANSON DE Katie MELUA (2007)

OBJECTIF : étudier cette chanson dans le cadre d’une séquence sur le conditionnel présent.

[Elle peut être écoutée sur www.youtube.com.]

                                                        A SHORT BIOGRAPHY

Katie Melua was born in

Georgia

(in the former

USSR

) in 1984. She first lived in

Moscow

. When she was nine, her father got a job as a heart surgeon in

Belfast

(

Northern Ireland

), so all the family moved there. She started writing songs in 2005 and her influences are Queen, Bob Dylan, Irish folk music and Indian music.

                                                      ABOUT THE SONG

If you were a sailboat is the first single from Katie’s third album, « Pictures ».

What she said of the song : « This love song deals with how you get very selfish when you fall in love with someone, and you don’t want to share them with the world. You just want them all about yourself. What’s genius about the lyrics is that instead of saying that directly they use these crazy strange metaphors. »

 

                                                                                             Afficher l'image en taille réelle

1. Audition globale de la chanson. Is this song a love song ? a song about the sea ? a song about animals ?

What words or phrases do you remember ?

2. Exercice lacunaire de compréhension orale portant sur le premier couplet et le refrain.

If you were a -----  I would trail you

----- ----- ----- ----- ----- ----- ----- I’d nail you ----- ----- -----

If you were a sailboat ----- ----- ----- ----- to the shore

If you were a river ----- ----- ----- -----

----- ----- ----- ----- ----- I would live in you all my days

If you were a preacher ----- ----- ----- ----- ----- ----- -----

CHORUS

----- ----- ----- in fate

But ----- ----- ----- -----

Always seem to ring more true

You ----- ----- ----- ----- ----- -----

I ----- ----- ----- ----- ----- -----

3. Deuxième partie de la chanson : associer les différentes propositions en faisant appel à la logique. Vérification grâce à une réécoute de la chanson.

If I was in jail

If I was a telephone

If I was in pain

If I was hungry

If I was in darkness

If I was a book

you would feed me

you’d ring me all day long

you would lead me to the light

you’d spring me

you’d read me every night

you’d sing me soothing songs

In linguistics what are the phrases : ‘ I would nail you …  If I was a telephone  …’ ? They are metaphors. What do they express ? They express how much in love she is. Have a look at the structure of the song. What do you notice ? There is an alternation between ‘If you were’ and ‘If I was’. Do you like the song ? Why ? Why not ?

4. Vérification de la compréhension du sens.

Find in the text the verbs that mean :

               clouer – aider à s’évader – suivre à la trace –  parier sur

What other words don’t you understand ?

5. Production écrite : trouver d’autres propositions : If I was a lion … If you were an apple …

                                                      AN EXPERIMENT

Mark Radcliffe of BBC Radio 2 was amused by the lyric ‘If you were a piece of wood, I’d nail you to the floor’, and asked his listeners to send in equally strange lyrics and compose a parody song for Katie to sing, not expecting her to actually do so.

However she sportingly contacted the show and agreed to play the song. The lyrics included ‘If you were some tiling, I would grout you !’ and ‘If you were ten pints of beer, I would drink you down my dear.’

           IF YOU WERE A SAILBOAT

If you were  a cowboy I would trail you

If you were a piece of wood I’d nail you to the floor

If you were a sailboat I would sail you to the shore

If you were a river I would swim you

If you were a house I would live in you all my days

If you were a preacher I’d begin to change my ways

                         CHORUS

Sometimes I believe in fate

But the chances we create

Always seem to ring more true

You took a chance on loving me

I took a chance on loving you

If I was in jail I know you’d spring me

If I was a telephone you’d ring me all day long

If I was in pain I know you’d sing me soothing songs

                          CHORUS

If I was hungry you would feed me

If I was in darkness you would lead me to the light

If I was a book I know you’d read me every night

If you were a cowboy I would trail you

If you were a piece of wood I’d nail you to the floor

If you were a sailboat I would sail you to the shore

If you were a sailboat I would sail you to the shore

Posté par Christiann à 08:56 - Anglais BEP - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Français BEP : lecture suivie : "Quinze ans, charmante mais cinglée" de Sue Limb

QUINZE ANS, CHARMANTE MAIS CINGLEE DE Sue LIMB, GALLIMARD JEUNESSE, 2005

2-07-050860-0  12,00 €

OBJECTIFS : faire découvrir dans son intégralité une œuvre de littérature de jeunesse, réfléchir à la manière dont l’adolescence est présentée dans cette fiction, rencontrer l’auteur.

Corrigé sur demande www.christiankrock@yahoo.fr

Résumé sur la quatrième de couverture : Si seulement Jess pouvait voir son père plus souvent, si  seulement sa mère s’intéressait davantage à elle plutôt que de passer son temps à des manifestations pacifistes. Et si elle pouvait être aussi sublime que sa meilleure amie Flora, alors la vie serait moins catastrophique ! Mais ce qu’elle aimerait par-dessus tout, c’est que Ben Jones, le garçon le plus séduisant de la terre, la remarque. Pour le conquérir, Jess déploie des trésors d’imagination - ce dont elle ne manque pas ! – quitte à se retrouver parfois dans des situations impossibles.

Entre émotions et éclats de rire, Sue Limb croque tout en justesse le portrait d’une adolescente décalée, avec ses rêves et ses envies, ses doutes et ses réflexions face à la vie. Une héroïne désarmante, et tellement irrésistible !

Séance 1 : chapitres 1 et 2 : dresser le portrait physique et psychologique de Jess.

Lisez les chapitres 1 et 2 et complétez ce tableau en effectuant des relevés.

JESS

FLORA

TIFFANY

PHYSIQUE

ce qui est écrit :

   

ce que l’on devine :

PSYCHOLOGIQUE

-centres d’intérêt :

-don pour les études : ce que l’on devine :  . . .

-qualités :

-défauts :

MILIEU SOCIAL

Conclusion sur la personnalité de Jess : comment se sent-elle par rapport à ses camarades ?

Chapitre 3 : Jess et Flora achètent des vêtements pour aller à la fête de Tiffany. Les essayages font se lamenter Jess sur son physique. Elle se fabrique de faux seins avec des sacs remplis de soupe.

Chapitre 4 : Chez Tiffany, Flora est la reine de la fête. La soirée vire à la catastrophe car l’un des garçons invités, Whizzer (William Izard), trop empressé envers Jess, crève les sacs de soupe. Elle nettoie les dégâts dans les toilettes et rentre chez elle.

Séance n° 2 : chapitre 5 : étudier les relations entre Jess et sa mère

1.      D’après ce que l’on sait grâce aux chapitres précédents, Jess a-t-elle de bonnes

relations avec sa mère ? Donnez des exemples.

2. Quels détails dans l’attitude de la mère annoncent le conflit avec Jess ? (p. 32)

    

De son côté, dans quel état d’esprit Jess, de retour de la fête, se trouve-t- elle ?

3. Quel est la cause du conflit ?

4. En quoi la phrase : « La chambre de Jess était la seule chose parfaite dans sa vie. »

prend-elle alors tout son sens ?

5. Relevez les arguments de Jess et de sa mère au sujet de la chambre.

Jess :

sa mère :

6. Qui sort vainqueur du conflit ? Comment cet affrontement se conclut-il ?

7. Relevez le champ lexical de la colère (p. 34-36). Qu’observez-vous ?

8. Montrez que le chapitre se clôt néanmoins sur une note humoristique.

Conclusion : caractérisez les relations que Jess entretient avec sa mère.

Chapitre 6 : Jess se réfugie chez Fred, son ami d’enfance. Elle passe la nuit chez ses parents, qui l’accueillent avec beaucoup d’attentions.

Chapitre 7 : Jess compare son père à celui de Fred, deux hommes bien différents. Quand elle rentre à la maison, elle s’aperçoit que sa mère est partie chercher sa grand-mère et qu’elle lui a laissé sa grande chambre.

Chapitre 8 : Dans un café, Flora questionne Jess sur l’incident des sacs de soupe. Chacun pense qu’elle a été malade et la supercherie des faux seins n’a pas été découverte.  Flora va faire partie du groupe de rock du lycée en tant que chanteuse. La grand-mère de Jess et celle de Flora sont bien différentes. Quand elle est de retour à  la maison, sa mère lui apprend par téléphone que sa voiture est en panne et qu’elle ne rentrera pas ce soir. Elle décide alors d’inviter Flora, Mackenzie et Ben Jones.

Séance n° 3 : chapitre 9 : étudier les obstacles à une relation amoureuse

1 . A quels détails des chapitres précédents sait-on que Jess est follement

amoureuse de Ben ?

D’après vous, qu’attend-elle de cette soirée ?

2. Relevez tous les incidents qui vont faire de cette soirée « un cauchemar absolu » et classez-les en plusieurs catégories.

3. Par quel moyen Jess réussit-elle à surmonter son mal-être ? (p. 64) 

4.      Lorsque Jess se retrouve seul avec Ben, parviennent-ils à communiquer ? A quoi le voit-on ?

5.      Comment Jess réagit-elle à la proposition de Ben ? (p. 72-73)

Conclusion :  quel regard l’auteur porte-t-il sur ces adolescents ?

Chapitre 10 : Jess passe de l’euphorie à l’abattement car elle figure sur la cassette qui va être visionnée chez Tiffany (une caméra a filmé les filles qui sont allées aux toilettes pendant la soirée donnée par Tiffany). Elle pense que Ben l’a invitée à boire un verre pour la questionner sur Flora, à la demande de Mackenzie, qui veut savoir si elle l’aime vraiment. Comment détruire la vidéo ? Elle demande conseil à Fred, puis à son père.

Chapitre 11 : Au cours de la soirée de visionnage, la cassette disparaît. Jess s’efforce de tenir les bonnes résolutions qu’elle a prises pour le cas où elle serait sauvée. Fred, qui l’a substituée, la lui rend.

Chapitre 12 : Jess rentre à la maison avec la cassette. Sa mère, qui a vu le paquet, a de lourds soupçons quant à son contenu (drogue ?).

Chapitre 13 :Jess, sa mère et sa grand-mère visionnent la cassette. Jess réussit à voir la fin seule, puis elle détruit la cassette, finalement moins compromettante qu’elle ne le craignait.

Chapitre 14 : Jess et Flora se querellent à propos de Fred. Cours de géographie, à l’issue duquel Jess reçoit une heure de colle. Elle se réconcilie avec Flora. Les filles comparent les garçons à des animaux. Tout le monde semble persuadé que Jess sort avec Ben. Le soir, elle fantasme sur Ben.

Séance n° 4 : chapitres 15-16 : étudier une technique narrative : le rebondissement, générateur de suspense

rebondissement : développement nouveau et imprévu d’une affaire après un arrêt momentané

Chapitre 15

1.      Maintenant que « l’affaire » de la cassette a été résolue, l’intrigue pourrait-elle trouver sa conclusion

à la fin du chapitre 14 ? Pourquoi ?

2. Quel événement relance l’action ?

3. A

quels détails devine-t-on que la fête va être gâchée ?

Imaginez un événement qui pourrait empêcher Jess d’aller à la fête.

Chapitre 16

4. Relevez les rebondissements successifs qui vont empêcher Jess de se rendre à la fête.

5. Notez les éléments de suspense.

Possibilité d’étudier, dans ces deux chapitres, le schéma narratif en miniature : situation initiale, événement perturbateur, péripéties, événement équilibrant, situation finale.

Conclusion sur les conséquences de ces rebondissements  pour l’intérêt de l’intrigue, pour le lecteur.

[Possibilité d’étudier le comique dans le chapitre 16 en se basant sur la définition que Sue Limb donne de la comédie au cours de l’entretien (voir ci-après).]

Chapitre 17 : Jess tente de se réconcilier avec Fred à la bibliothèque du lycée. Considérations sur un livre traitant de la sexualité. Fred ne prête pas attention à elle. La rumeur de la visite de Ben chez Jess a fait le tour du lycée. Ben la rejoint à la bibliothèque, au grand désarroi de celle-ci car elle craint que Fred soit jaloux de les voir ainsi ensemble.

Chapitre 18 : Jess veut absolument obtenir le pardon de Fred. L’attendant à la sortie du lycée, elle le voit partir dans la voiture de Mr Fothergill, le professeur d’anglais.

Chapitre 19 : Après avoir tenté de joindre Fred par téléphone, Jess se rend chez lui (contre l’avis de sa mère) pour lui demander pardon, mais il est sorti.

Séance n° 5 : chapitre 20 : étudier les conflits familiaux. Ce travail peut être réalisé en groupes.

Lisez le chapitre et remplissez ce tableau.

CONFLIT N° 1

(première partie : p. 153-156)

CONFLIT N° 1

(deuxième partie : p. 158

CONFLIT N° 2 :

p. 158-159

CONFLIT N° 3 :

p. 161

PERSONNAGES EN CONFLIT

CAUSE DU CONFLIT

MANIFESTA-TIONS DE

LA COLERE

Conclusions sur vos relevés :

ISSUE DU CONFLIT

Conclusion sur le rôle joué par la grand-mère et sur l’ambiance familiale.

Chapitre 21 : Fred est rédacteur en chef du journal du lycée. Jess est vexée car il ne lui a pas demandé d’article. Les professeurs de musique lui proposent de faire partie du groupe du lycée, qui va jouer lors du spectacle de fin d’année, mais elle refuse. Ben lui confie qu’il a intégré le groupe à contrecœur. Moment de gêne pour Jess à qui Fred demande de lui rendre l’argent qu’il lui avait donné pour acheter le cadeau d’anniversaire de sa mère. Fred lui propose vaguement de rédiger un article sur le groupe.

Chapitre 22 : Un inconnu a essayé de joindre Jess au téléphone. Elle est toujours fâchée avec Fred et a des difficultés pour communiquer avec Flora. En cours d’anglais, elle écrit une petite annonce humoristique pour le journal et imagine un « troisième sexe ». Mr Fothergill, qui en prend connaissance, lui propose d’écrire une chronique humoristique pour le journal, mais elle refuse. Elle va rédiger un monologue pour le spectacle de fin d’année.

Séance 6 : résumez les chapitres 23 et 24.

Vous ne retiendrez que les évènements qui font progresser l’action. Vous emploierez le présent de narration.

Chapitre 23 : La passion de Jess pour Ben s’étiole, mais elle aimerait quand même qu’il soit amoureux d’elle. Le groupe connaît des luttes intestines (par exemple, Flora n’est pas d’accord avec Mackenzie qui veut qu’elle danse sur le devant de la scène). Les artistes demandent conseil à Jess.

Chapitre 24 : Jess, qui assiste à une répétition du groupe, le trouve très mauvais. Elle conseille aux musiciens de jouer le plus mal possible. Ben lui décoche un regard d’amour pur.

Chapitre 25 : Mr Fothergill aide Jess à rédiger son sketch pour le spectacle. Fred l’ignore toujours.  Mr Fothergill la reconduit chez elle en voiture, en compagnie de Fred, et elle doit s’asseoir sur ses genoux. Jess est grippée. Elle ne pourra pas jouer son monologue.

Chapitre 26 : Jess est toujours malade. Flora et Ben viennent prendre de ses nouvelles. Le groupe a eu beaucoup de succès. Flora a joué le sketch de Jess à sa place. Celle-ci en est affectée.

Chapitre 27 : Jess est dépressive, tandis que Flora est très fière de sa prestation, qui a été très appréciée. Jess désespère de jamais séduire Ben. Flora rompt avec Mackenzie parce qu’ elle trouve qu’il a un caractère difficile et parce qu’elle est amoureuse, non pas de Ben comme Jess l’avait toujours cru, mais de … Fred                     

PREMIERE PARTIE

Séance 7 : p. 216 et chapitres 28 et 29 : étudier les relations amoureuses entre les adolescents

1. Flora et Fred (p. 216 et chapitre 28)

Dites qui est amoureux de qui, expliquez comment cette relation est mise en

scène : expression des sentiments, présentation de l’être aimé, réaction du

rival éconduit (de qui s’agit-il ?), réciprocité ou non de cet amour ? …

Dites si Jess et le lecteur avaient deviné cette relation.

2.Jess et Ben (p. 221-222) Résumez l’évolution de cette relation au cours du roman.

3. Jess et Fred (chapitre 29)

Décrivez l’évolution de leurs relations dans ce chapitre.

Grâce à qui s’avouent-ils leur amour ? Que pensez-vous de la manière dont ils se    l’avouent ? (p. 229) Pourquoi, selon vous ? 

Quelle preuve d’amour Fred donne-t-il à Jess ? (p. 230) 

Jess avait-elle deviné qu’elle était amoureuse de Fred ? Et le lecteur ?

Conclusion : ces deux chapitres comportent de nombreux coups de théâtre et révélations : dressez-en la liste.

                                     DEUXIEME PARTIE

1.      Marivaux, auteur français du XVIIIe siècle, a défini ainsi le sujet de ses pièces de théâtre : « Dans mes pièces, c’est tantôt un amour ignoré des deux amants, tantôt un amour qu’ils sentent et qu’ils veulent se cacher l’un à l’autre, tantôt un amour timide qui n’ose se déclarer ; tantôt enfin un amour incertain et comme indécis, un amour à demi né, pour ainsi dire, dont ils se doutent sans être bien sûrs, et qu’ils épient au-dedans d’eux-mêmes avant de lui laisser prendre l’essor ». (cité par D’Alembert dans son Eloge de Marivaux, 1785)

En quoi les relations amoureuses dans le roman se rapprochent-elles de ces définitions ?     

2.      Lisez cet extrait des Fausses Confidences de Marivaux (1738).

Le sujet de la pièce :  Une jeune et riche veuve, Araminte, a remarqué Dorante, un jeune homme pauvre – mais séduisant – qu’elle engage comme intendant, sans savoir qu’il l’aime.

ARAMINTE

Il y a  quelque chose d’incompréhensible dans tout ceci ! Voyez-vous souvent la personne que vous aimez ?

DORANTE, toujours abattu.

Pas souvent à mon gré, Madame ; et je la verrais à tout instant, que je ne croirais pas la voir assez.

ARAMINTE, à part.

Il a des expressions d’une tendresse ! (Haut.) Est-elle fille ? A-t-elle été mariée ?

DORANTE

Madame, elle est veuve.

ARAMINTE

Et ne devez-vous pas l’épouser ? Elle vous aime, sans doute ?

DORANTE

Hélas ! Madame, elle ne sait pas seulement que je l’adore. Excusez l’emportement du terme dont je me sers ; je ne saurais presque parler d’elle qu’avec transport.

ARAMINTE

Je ne vous interroge que par étonnement. Elle ignore que vous l’aimez, dites-vous, et vous lui sacrifiez votre fortune ? Voilà de l’incroyable. Comment, avec tant d’amour, avez-vous pu vous taire ? On essaye de se faire aimer, ce me semble ; cela est naturel et pardonnable.

DORANTE

Me préserve le ciel d’oser concevoir la plus légère espérance ! Être aimé, moi ! Non, Madame ; son état est bien au-dessus du mien ; mon respect me condamne au silence, et je mourrai du moins sans avoir eu le malheur de lui déplaire.

ARAMINTE

Je n’imagine point de femme qui mérite d’inspirer une passion si étonnante ; je n’en imagine point. Elle est donc au-dessus de toute comparaison ?

DORANTE

Dispensez-moi de la louer, Madame, je m’égarerais en la peignant. On ne connaît rien de si beau ni de si aimable qu’elle, et jamais elle ne me parle ou ne me regarde que mon amour n’en augmente.

ARAMINTE baisse les yeux et continue.

Mais votre conduite blesse la raison. Que prétendez-vous, avec cet amour pour une personne qui ne saura jamais que vous l’aimez ? Cela est bien bizarre. Que prétendez-vous ?

DORANTE

Le plaisir de la voir quelquefois, et d’être avec elle, est tout ce que je me propose.

ARAMINTE

Avec elle ! Oubliez-vous que vous êtes ici ?

DORANTE

Je veux dire avec son portrait, quand je ne la vois point.

                                                         (Les Fausses Confidences, acte II, scène 15)

En quoi ce texte illustre-t-il cette définition du marivaudage : langage raffiné et

précieux utilisé dans l’expression de la passion amoureuse et dont le modèle est le théâtre de

Marivaux ? (Dictionnaire Le Petit Larousse)

Quelles situations identiques présente-t-il avec le chapitre 29 du roman ?

Conclusion générale sur le roman : que pensez-vous de la manière dont les adolescents y sont décrits ? Vous semble-t-elle réaliste ? Vous identifiez-vous aux personnages ? Justifiez.

Productions écrites intermédiaires :

séance 1 : rédiger un portrait humoristique d’un(e) camarade de votre choix

séance 3 : les registres de langue : réécrire les dialogues de la p. 61 en langage soutenu.

A l’issue de la rencontre, rédiger un article de presse destiné à la revue municipale.

Production écrite évaluée : Jess envoie un courriel à son père pour lui raconter qu’elle a rencontré le grand amour en la personne de Fred. Elle lui fait des confidences sur l’évolution de leur relation depuis qu’ils se connaissent (déterminez le point de vue, sélectionnez, dans ce que vous savez d’elle, ce qu’elle choisit de raconter et de ne pas évoquer …)

RENCONTRE ENTRE Sue LIMB ET DES ELEVES DE BEP AU SALON DU LIVRE ET DE

LA PRESSE JEUNESSE

DE MONTREUIL (93) LE 29 NOVEMBRE 2007

BIOGRAPHIE : Sue Limb, née en Angleterre en

1946, a

d’abord été enseignante. Aujourd’hui, elle est écrivain et journaliste radio, spécialisée dans la comédie. Elle écrit pour la radio et la télévision aussi bien que pour la presse et l’édition. Elle est l’auteur de comédies sociales contemporaines et a tenu pendant treize ans dans The Guardian une chronique sur la vie de famille avec des adolescents.

BIBLIOGRAPHIE :

Seize ans, franchement irrésistible, Gallimard Jeunesse, 2007

Seize ans ou presque, torture absolue, Gallimard Jeunesse, 2007

Ruby Rogers, mon plan secret, Gallimard Jeunesse, 2007

Reviens, grand-mère, Mijade, 1991

-Pourquoi avez-vous écrit Quinze ans, charmante mais cinglée ?

-J’écrivais pour des adultes et cela m’ennuyait car j’écrivais sur les adultes alors que je suis moi-même adulte. J’ai eu envie de revisiter ma jeunesse et de me rappeler ce que c’est qu’être adolescent.

-Quand avez-vous commencé à écrire ?

-Avant, j’étais enseignante. J’ai beaucoup aimé enseigner car je trouve les

adolescents très intéressants. Actuellement, j’ai 61 ans et atteindre cet âge-là, c’est un peu comme être adolescente. L’adolescence, c’est une transition entre l’enfance et l’âge adulte. On est toujours obsédé par ses tenues vestimentaires. A 61 ans, on est dans une période de transition entre la maturité et la vieillesse. Je suis tout le temps en train de me demander ce que je dois porter, mais, au lieu de compter mes boutons, je compte mes rides.

-Vous avez enseigné en 1982 dans une prison de Londres. Qu’est-ce que cela vous a apporté ?

-Cela m’a donné l’occasion d’enseigner l’anglais, à des groupes de sept à huit élèves et je ne travaillais que le matin. C’étaient presque des cours particuliers. Le niveau de mes élèves était très hétérogène puisque certains préparaient un diplôme alors que d’autres apprenaient à lire. Je me suis rendu compte à quel point l’apprentissage peut motiver dans une situation aussi difficile. D’une manière générale, je crois que je n’avais pas assez de charisme pour passer toute une vie à enseigner. J’ai commencé à écrire à l’âge de 30 ans.

-Pourquoi pas avant ?

-Parfois on veut être écrivain mais on n’arrive pas à commencer. Il faut avoir l’expérience de la vie et avoir confiance en soi. Certains auteurs, qui ont un grand succès, ont commencé à 40 ou 60 ans. Cela vient petit à petit. Pour écrire, il faut de l’imagination et une discipline. Quand on a des difficultés pour avancer dans l’écriture, il faut s’adonner à des tâches ménagères et l’inspiration revient. Donc, lorsque vous allez chez un écrivain et que sa maison est mal rangée, vous pouvez lui dire : « Votre livre avance bien ! » En effet, écrire occupe tout votre temps.

-Quelle est la part de fiction et de réalité dans Quinze ans, charmante mais cinglée ?

-C’est un mélange des deux. L’histoire est complètement fictive, mais elle est basée sur des personnages et des sentiments vrais.

-Comment vous est venue l’idée du personnage de Jess ?

-Jess, c’est moi quand j’avais quinze ans. Je voulais être comédienne et j’étais

très embarrassée par mon corps. A l’adolescence, j’avais l’impression que mon visage était trop grand, mes cheveux trop courts, que j’avais peu de poitrine, ce qui n’a pas changé d’ailleurs. A onze ans, j’ai trouvé un soutien-gorge de ma mère, je l’ai essayé dans la salle de bains, mais je n’avais rien à mettre dedans. Je l’ai rembourré avec une paire de chaussettes de mon père et j’ai eu beaucoup de succès. Jess déteste son corps, mais cela ne l’empêche pas de faire des blagues.

Pour l’écriture, je suis influencée par Jane Austen, comme d’autres écrivains sont influencés par d’autres auteurs. Dans ses romans, le bonheur est très difficile à atteindre par ses personnages. J’aime cette idée que l’héroïne pense être amoureuse de quelqu’un et découvre ensuite qu’elle est amoureuse de quelqu’un d’autre. Dans Quinze ans, charmante mais cinglée, Jess est d’abord amoureuse de Ben Jones, qui ressemble à Brad Pitt, puis elle comprend que ce n’est pas un garçon pour elle. Elle a un ami très amusant, Fred, qui est son meilleur copain, mais quand sa meilleure amie, Flora, se rapproche de Fred, Jess s’aperçoit qu’elle est en réalité amoureuse de lui. Elle découvre des choses sur elle-même.

-Pourquoi utilisez-vous de l’argot ? 

-Ma fille a 22 ans. Elle avait 17 ans quand elle a commencé à lire le manuscrit et elle m’a dit : « Mais les jeunes ne parlent pas comme ça ! » J’ai alors lu des magazines qui parlent des célébrités, regardé des émissions TV pour les jeunes et … j’avoue que j’y suis devenue accro. Cela m’a appris comment parlent les adolescents. Ma fille m’a suggéré de modifier les dialogues que j’avais écrits. Vous remarquerez d’ailleurs la dédicace adressée à ma fille Betsy (p. 4) car elle m’a beaucoup aidée. Mon éditeur anglais est très prude et retire les gros mots du livre. Désolée s’il en reste suffisamment pour que vous soyez choqués !

-Jess semble avoir des relations difficiles avec sa mère. Pourquoi ?

-J’ai moi-même entretenu des relations difficiles avec ma mère. Lorsque je suis née, elle était déjà assez âgée, presque de l’époque victorienne. Elle était pudibonde et n’abordait pas certains sujets. C’est ainsi que je n’ai pas eu d’éducation sexuelle. Elle ne parlait jamais ni d’amour, ni de mariage. Avec l’âge, elle est devenue plus ouverte. Nos rapports se sont tendus lorsque je suis devenue adolescente. Finalement, Jess est beaucoup plus proche de sa mère que moi, de la mienne. En effet, sa mère est plus moderne que la mienne, elle s’inquiète pour elle. Dans mon cas, lorsque j’ai connu mon premier petit ami, à 17 ans, ma mère m’a dit : « C’est ridicule de courir après les garçons comme ça ! » (voir p. 158 du roman). A 23 ans, quand j’ai rencontré un homme que je voulais épouser, je lui en ai parlé une première fois, mais, quelques jours plus tard, quand je lui en ai reparlé, elle m’a dit qu’elle n’était pas au courant ! Une autre différence avec Jess est que son père est divorcé et vit loin d’elle alors que j’ai grandi avec mes deux parents.

-Quinze ans est-il votre livre préféré ?

-Trois de mes livres ont été publiés en France. Mon préféré est le troisième : Seize ans, franchement irrésistible car c’est celui que j’ai trouvé le plus facile à écrire. Le deuxième, au contraire, Seize ans ou presque, torture absolue, m’a demandé des réécritures constantes. Jess va rendre visite à son père à Saint-Ives et fait des découvertes sur lui, sur le monde adulte et sur la vie de ses parents. Le troisième tome met en scène les amis de Jess et leur vie à l’école. J’ai eu l’impression que quelqu’un chuchotait l’histoire à mon oreille, comme si on me la dictait. Il n’y a pas beaucoup d’adultes dans ce livre et j’ai trouvé cela libérateur, amusant. J’ai plaisir à le relire. Le quatrième tome, qui n’a pas encore été publié en France, se passe en France, à l’occasion d’un échange linguistique. Jess a un correspondant français bien différent de ce qu’elle avait imaginé.

-Le livre a été publié dans combien de pays ?

-Il a été traduit en plusieurs langues : en français, italien, espagnol, russe, estonien, suédois, finlandais et hollandais. Il a même été publié en Israël et en Indonésie.

-Croyez-vous aux fantômes et au paranormal ?

-Cela m’arrive. J’habite dans une vieille maison de campagne (cottage) et des phénomènes étranges s’y produisent quelquefois. Je faisais une sieste un après-midi, j’étais allongée sur mon lit et je ne trouvais pas le sommeil. J’ai fini par m’endormir et j’ai été réveillée par une présence. Il m’a semblé que quelqu’un était assis sur le lit, amis je n’ai vu personne. Deux ans plus tard, j’ai rencontré la femme qui m’avait vendu le cottage et je lui ai demandé : « Au fait, quand vous y habitiez, n’avez-vous rien constaté d’étrange ? » Elle m’a alors raconté la même histoire. malgré ces événements curieux, l’ambiance est tout à fait agréable. J’ai donné un nom à ce fantôme, que je considère comme un animal familier. je l’ai appelé Doris et, lorsque j’entends des bruits bizarres, je m’écrie : « Ca suffit, Doris ! » Une autre anecdote : j’ai entendu mon père dire aux chiens de se taire dix-huit mois après sa mort, alors que je ne pensais pas du tout à lui. Tout cela me donne de la matière pour écrire. Je vis dans une ferme avec mon mari et je me sers de ce cottage pour écrire. Il m’arrive de passer la nuit à écrire, mais je n’ai pas peur. J’ai plus peur des gens.

-Aimez-vous l’humour de Mr Bean ?

-Enormément. Dans un avion, alors que je regardais une de ses émissions sur un moniteur, je suis devenue hystérique. Il y avait une femme très chic assise à côté de moi qui, visiblement, le détestait puisqu’elle m’a dit : « Qu’est-ce que c’est bête ! » Je lui ai répondu : « Moi, je trouve ça génial ! » Selon moi, la comédie ne repose pas, comme on le croit, sur des situations amusantes, amis sur des situations difficiles de la vie courante. L’embarras est une source très riche de comédie, surtout lorsqu’un incident arrive en public (ex : perdre une chaussure) et que l’on a le sentiment de ne plus être maître de la situation. L’inquiétude, la peur, le sérieux sont générateurs de comique. Pour faire rire, inventez un personnage et mettez-le face à un problème.

Posté par Christiann à 08:33 - Français BEP - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1