28 juillet 2007
Histoire BEP : film documentaire "Paris couleurs : un siècle d'immigration en images" : les stéréotypes racistes
PARIS COULEURS : « UN SIECLE D’IMMIGRATION EN IMAGES », FILM DOCUMENTAIRE DE Pascal BLANCHARD ET Eric DEROO (Production Image & Compagnie, 2005) REDIFFUSE LE 23 JUILLET 2007 SUR FRANCE 3 –
DUREE : 1 h 00 -
PROPOSITION D’EXPLOITATION DES 28 PREMIERES MINUTES.
OBJECTIF : en relation avec le cours sur la colonisation et la décolonisation, étudier l’origine des stéréotypes sur les Africains, les Asiatiques, les Maghrébins.
Ce film documentaire, entièrement construit à partir d’images d’archives, est disponible au CDDP de la Loire-Atlantique.
Première, deuxième, troisième générations. Français issus de, immigrés, enfants et petits-enfants venus des anciennes colonies françaises ou des DOM-TOM, tous aujourd’hui se réclament d’une histoire et d’une mémoire. Ils sont désormais 9 millions en France et, contraints d’endosser d’incontournables stéréotypes, ils se retrouvent systématiquement enfermés dans des vieux clichés, ceux des trois couleurs des indigènes de l’Empire colonial français : le noir, le jaune et le brun. Des stéréotypes fabriqués de toutes pièces et fixés dès la fin du XIXe siècle par le cinématographe. […] Fantasmes collectifs, clichés paternalistes et racistes, exploitation politique ou médiatique, ces stéréotypes ont été fabriqués et largement nourris par notre imaginaire. C’est cette histoire qui va vous être racontée : l’histoire de la construction de ce regard et de ses contradictions qui se sont développées tout au long du siècle au cœur de Paris, à la fois ville des libertés et métropole du Second Empire colonial du monde. Du brave tirailleur venu combattre pour une improbable mère patrie aux dociles indigènes bientôt travailleurs immigrés, des artistes aux étudiants, des souverains triomphants aux exilés pourchassés, du péril asiatique au mythe Black Blanc Beur, ces centaines de milliers de migrants ont eux aussi fait Paris. Et l’Histoire continue de s’écrire … |
DEROULEMENT :
1. Visionner le début du film (jusque dans les années 30) en remplissant ce tableau qui permet de répertorier les stéréotypes associés aux immigrés en France dès la fin du XIXe siècle, et les événements qui les ont fait naître.
EVENEMENTS, INVENTIONS, ARTISTES PRODUCTEURS DE STEREOTYPES |
STEREOTYPES ASSOCIES AU NOIR (Africain, Antillais …) : qualités et personnages types |
STEREOTYPES ASSOCIES A L’ASIATIQUE : qualités et personnages types |
STEREOTYPES ASSOCIES A L’ARABE : qualités et personnages types |
Introduction du documentaire cinématographe · Baignade de Nègres, film des frères Lumière tourné à Paris, au Jardin d’acclimatation en 1896) · films sur les fantasias · films d’actualités des années 20 · films d’actualités du milieu des années 30 : Les exotiques de la capitale |
corps noir, a le rythme dans la peau, est bon enfant un bon petit sauvage XXXXXXXXXXXXXX Les Africains jouent aux sauvages. On les inscrit dans un monde autre, lointain où ils ne sont ni tout à fait humains, ni tout à fait sauvages. Dans tous les cas, différents de nous. danseur, rythme dans la peau, aime exhiber son corps |
mystérieux et travailleur derrière sa couleur jaune, regard impénétrable XXXXXXXXXXXXXX XXXXXXXXXXXXXX mystérieux, trafiquant d’opium, introverti, vivant replié en communauté XXXXXXXXXXXXXX |
brun, fanatique et dangereux, en revendication permanente XXXXXXXXXXXXXX image de guerrier, ennemi redoutable Un soldat marocain travesti danse pour divertir ses camarades et surtout les spectateurs des actualités. rites religieux folkloriques (on ne dénonce pas encore son fanatisme) ; le commerçant arabe : on insiste sur son habitude de petit négoce et on fixe pour longtemps la caricature de l’Arabe marchand de tapis |
expositions : · exposition universelle de 1900 · exposition coloniale de 1931 |
Comment le continent est présenté : sauvage mais domestiqué cannibales, anthropophages kanaks ; fidèle tirailleur mis en scène comme un grand enfant sur les bancs d’une école : il apprend l’alphabet de la République. |
Comment le continent est présenté : étrange XXXXXXXXXXXXXXXX |
Comment le continent est présenté : le Maghreb est excluXXXXXXXXXXXXXXXX |
cabarets, théâtres cinématographiques |
le Nègre est associé au ridicule à cause du célèbre clown Chocolat ou le Nègre aux yeux en boules de loto aux côtés de son comparse le Blanc noirci au cirage De la grosse farce, on passe vite au cauchemar nègre : Dranem, grande vedette du cinéma muet, l’expérimente dans le premier film de fiction où apparaît un Noir : on frissonne de terreur à la pensée du métissage. |
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danseuse langoureuse (interprétée par une Européenne grimée), magicien sorti des Mille et Une Nuits |
Palais des féeries chinoises |
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magiciens japonais, serviteurs indochinois dociles, fumeurs d’opium : l’Asiatique est associé au vice et au mystère |
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Première Guerre mondiale : mythologie de la force indigène. Chacun est utilisé selon les qualités présumées de sa race, selon le rôle qu’on lui a attribué : |
Les Africains, jugés forts, obéissants et très résistants, sont engagés dès les premiers jours. On compte aussi des Malgaches, Antillais et Canaques. |
Les Indochinois, jugés trop fragiles pour la guerre, sont utilisés comme infirmiers, conducteurs, mécaniciens, dockers ou jardiniers au château de Versailles. On recrute des Chinois pour compenser le manque de bras dans l’industrie de guerre. Chinois et Indochinois se fondent rapidement dans le même imaginaire : ils sont mystérieux et travailleurs. |
Les Maghrébins, dont on se méfie, parce qu’on les juge fanatiques et guerriers, sont 170 000 à être acheminés au front sur les 300 000 mobilisés et se révèlent d’extraordinaires combattants, à condition d’être toujours solidement encadrés. |
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« Y’a bon Banania » : tirailleur Noir aux yeux en boule de loto, grand enfant, parlant mal le français |
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jazz au « Bal Nègre » et à la « Cabane Bambou » chanteuse et danseuse Noire américaine Joséphine Baker (années 1920) boxeur, danseur et chanteur Al Brown |
sauvagerie noire, image d’un corps noir qui s’agite mais jamais celle d’un cerveau qui pense, bêtes de scène mais qui restent sauvages |
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Oralement :
2. La mise en scène de l’autre : récapituler les différentes manières dont l’étranger est mis en scène :
-dans le film Baignade de Nègres, des enfants plongent sans relâche pour repêcher des pièces
-l’Exposition universelle de 1900 propose un spectacle fabriqué dans un décor de carton pâte avec des tranches de vie reconstituées d’où émerge la vision d’un continent africain sauvage mais domestiqué, un Orient étrange dont l’Arabe est physiquement exclu. Des familles françaises entières se pressent pour découvrir, derrière des grillages, les mystères de la vie cinghalaise. Mais si les regards sont empreints d’une vraie fascination pour l’exotisme, une barrière s’établit durablement entre spectateurs et exhibés : les indigènes sont face à nous, mais loin.
-Des danses sont filmées selon des chorégraphies inventées par des opérateurs européens, et les rôles féminins sont traditionnellement interprétés par des hommes ou ce sont des Européens qui jouent le rôle d’étrangers.
-Des figurants costumés sont exhibés lors de l’exposition coloniale de 1931. Les prétendus anthropophages kanaks présentés sont en réalité des instituteurs, des fonctionnaires, des artisans, des paysans, des anciens combattants.
Dans quel but ? il faut convaincre les Français de la mission civilisatrice de leur généreux pays, de sa supériorité sur ces peuples colonisés ; flatter le goût de la population française pour l’exotisme. On préfère assigner à ces indigènes un rôle d’ « étranges étrangers » plutôt que de se poser la question de leur place dans la société française. La présence des travailleurs étrangers (clandestins ou ayant un permis de travail) au quotidien dans la société est une réalité qui ne semble pas assez distrayante ou colorée aux yeux du cinématographe pour en colorer sa pellicule, et demeure donc à peine visible. Il s’agit, lors de l’exposition coloniale de 1931, d’idéaliser l’œuvre de la France dans les colonies.
Dans quelle mesure cette mise en scène est-elle complètement contraire à la réalité ? Citer trois exemples.
- On compte à Paris près de 4000 travailleurs : artistes, étudiants et commerçants. Le métro est en partie creusé par une main-d’œuvre kabyle, qui n’a rien à voir avec les guerriers des fantasias.
-Les prétendus anthropophages sont d’honnêtes citoyens.
-L’exposition de 1931 permet aux badauds un paisible tour du monde colonial tandis que l’Empire colonial français connaît guerres et révoltes au Liban, au Maroc et, depuis peu, en Indochine.
3. Conclusion : quel regard est porté par les Français sur les autres populations ? Est-il toujours le même ou change-t-il selon les peuples considérés ? C’est un regard supérieur, condescendant, paternaliste, raciste … On sourit de l’Africain ou on a peur de lui ; on se méfie du Maghrébin, on trouve l’Asiatique bizarre.
Montrer que ces stéréotypes sont nés de la volonté des Français, à cette époque, de mettre en scène, de travestir la réalité alors qu’aujourd’hui les films documentaires ethnographiques, sans prétendre à l’objectivité, présentent les peuples dans leur milieu naturel et informent sur leurs coutumes avec un plus grand souci de réalisme.
4. En quoi le film documentaire Paris couleurs illustre-t-il (ou pas) cette définition du stéréotype ?
« Les stéréotypes sont des images que l’on a de son propre groupe national (autostéréotypes) ou des autres groupes nationaux (hétérostéréotypes). Ils peuvent se présenter sous forme de jugement indifférencié (favorable ou non) suggérant qu’à l’intérieur d’une catégorie comme la nation, tous les individus sont semblables sous un certain aspect. La plupart des hétérostéréotypes ne s’intéressent qu’à une civilisation réduite à son folklore ou ne font ressortir que les aspects sensationnels attribués à la nation étrangère. Quant aux stéréotypes, ils concernent un vécu, une mémoire propres à une nation donnée, et par la même sont chargés d’innombrables connotations culturelles et nationales. […] L’hétérostéréotype tend à faire apparaître la nation étrangère comme un bloc, une unité absolue. » « De l’utilisation des stéréotypes » in PORCHER, Louis et alii. La civilisation, Clé International, coll. « Didactique des langues étrangères », 1986, p. 60-66 |
5. Débat : quels stéréotypes ou préjugés subsistent encore aujourd’hui à l’encontre des populations d’origine immigrée ? Comment peut-on y mettre fin ?
En milieu scolaire : projets pédagogiques autour du respect de l’autre, échanges interculturels, voyages pour la mémoire (ex : à Auschwitz-Birkenau) …
dans la société : certains organismes et associations comme la Cimade (qui diffuse le Petit guide pour lutter contre les préjugés sur les migrants, téléchargeable sur www.assezdhumiliation.org) ou la Halde (www.halde.org), qui lance des campagnes de communication, s’efforcent de faire évoluer les mentalités.
Depuis octobre 2007, la Cité nationale de l'histoire de l'immigration (musée) a pour but de rappeler l'importance des apports étrangers en France. Adresse : Palais de la Porte Dorée 293 avenue Dausmesnil, 75012 Paris
A CONSULTER
Dans Cannibale (Folio 3290, Gallimard, 2006, 107 p. 978-2-07040883-2), Didier Daeninckx aborde la situation des Canaques (Kanaks : peuple de Nouvelle-Calédonie) présentés lors de l’exposition coloniale qui s’est tenue à Paris, dans le bois de Vincennes, en 1931.
21 juin 2007
Histoire BEP : "Harkis", téléfilm : la décolonisation
HARKIS, TELEFILM D’Alain TASMA, DIFFUSE LE 10 OCTOBRE SUR France 2 – DUREE : 1 H 38 mn
(scénario co-écrit par Dalila Kerchouche, fille de harkis, née dans un camp en 1973)
Le DVD de ce téléfilm est disponible à la vente.
OBJECTIF : en prolongement à l’étude de la guerre d’Algérie (ex de décolonisation) en cours d’histoire de Seconde professionnelle, proposer une réflexion sur le cas concret des harkis en s’attachant à l’évolution psychologique de deux personnages.
1. Les élèves effectuent des recherches au CDI sur les harkis : le téléfilm est
en effet ancré dans un contexte historique.
Quelle est l’origine du mot harki ?
Le mot "harki" ['aYki] n. m. désigne un individu servant dans une "harka" et vient du mot arabe harka signifiant mouvement.
Qui étaient les harkis et quel rôle ont-ils joué dans la guerre d’Algérie ?
De 1957 jusqu'en 1962, les harkis sont des soldats autochtones engagés aux côtés des Français dans des unités appelées harkas tandis que l'Algérie était constituée en un ensemble de départements français. Au sein même de l’armée française, ils totalisaient 66 000 hommes en décembre 1961, dont près des deux tiers étaient des appelés. Le ministère des Armées évalue à 4 500 le nombre des soldats musulmans
morts pour la France
Quelle a été leur situation après la guerre d’Algérie, en 1962 ?
À la suite de l'infléchissement de la politique française vers l'indépendance algérienne à partir de 1962, commencèrent la démobilisation et le désarmement des supplétifs. Les accords d'Évian signés le 18 mars 1962 ne prévoyaient aucune disposition particulière quant à la protection ou l'avenir des pro-français en général ni des harkis et de leur familles en particulier, mais incluait une amnistie pour les actes
effectués et les opinions émises avant l'indépendance. Les harkis furent désarmés par l'armée Française (repliée dans ses garnisons) qui laissa le territoire au FLN Le nouveau pouvoir se lança rapidement dans une politique de répression vis-à-vis des pro-Français, avec pour slogan « la valise ou le cercueil ». A Paris, le gouvernement, dirigé par Charles de Gaulle, limita fortement le nombre de ceux qui purent se replier sur la France.
En fait, il n'existait aucun plan d'évacuation ni de protection des harkis et de leurs familles, et le gouvernement fut pris de court par l'arrivée des rapatriés. On estime (Philippe Denoix) à 15 000 ou 20 000 le nombre de familles de harkis, soit environ
90 000 personnes, qui purent s'établir en France de 1962 à 1968. La grande majorité resta en Algérie et des dizaines de milliers d'entre eux furent assassinés.
Ces massacres perpétrés parfois par familles entières s'accompagnèrent souvent de tortures, de viols, etc. se déroulèrent dans le climat d'instabilité, de luttes internes (y compris armées) du FLN et de l'ALN pour la prise de pouvoir qui précéda et suivit l'indépendance. […]
Fin 1962, 20 000 supplétifs avaient été accueillis dans les camps d’hébergement militaires en France et 3 200 se sont engagés dans l’armée française. Fin novembre 1963, le ministère des Rapatriés chiffre à 42 000 le nombre de musulmans ayant transité dans les centres d’accueil. Au final, seulement 91 000 harkis et membres de leurs familles purent s'établir en France de 1962 à 1968.
Comment les harkis sont-ils considérés aujourd’hui en Algérie ?
Le GPRA prend la directive 442 du 10 avril 1962, relative aux "harkis, goumiers et ralliés servant dans les rangs ennemis", directive en violation flagrante des accords d'Évian : "Si la révolution les a condamnés, il n'en reste pas moins que le peuple les frappe de son mépris et continuera à les haïr et les nier… Nous devons user de tact et agir avec souplesse afin de les gagner provisoirement… Leur jugement final aura lieu dans une Algérie libre et indépendante devant Dieu et devant le Peuple qui sera seul responsable de leur sort… Les égarés abandonnés doivent être surveillés dans leurs moindres gestes et inscrits sur une liste noire qu'il faudra conserver minutieusement."
En 1965, la Croix rouge estimait à 13 500 le nombre de harkis incarcérés dans les prisons civiles ou militaires algériennes.
A ce jour, certains harkis figurant sur des listes tenues secrètes par les services de sécurité, (police, armée, service de renseignements, gendarmerie) sont interdits de séjour et n'ont pas droit à un passeport Algérien.
Des familles n'ont pas eu droit d'enterrer en Algérie des harkis qui vivaient et décédèrent en France.
Comment sont-ils considérés en France ?
Leurs hauts faits sont oubliés et il faut attendre la loi du 23 février 2005 (controversée dans son article 4) qui reconnaît et protège les harkis en France. Elle fixe également des conditions de versement d'indemnités de la France
(Réponses extraites de l’encyclopédie Internet Wikipédia.)
Lexique à expliciter : pieds noirs, fellaghas, FLN.
2.Visionnage du téléfilm.
Les élèves doivent relever les indices spatio-temporels (1972, camp de réfugiés du Var, dans le sud de la France
- le fait d’être parqués dans un camp, alors qu’ils se sont battus pour préserver les intérêts de la France
- leurs conditions de vie misérables : ils découvrent un rat mort en entrant dans leur baraquement, qui est sombre ; le chef de camp, Robert, prélève indûment une partie des allocations familiales qui leur sont versées, soit 200 F 300 F
- le règlement strict du camp : « Salut au drapeau français tous les dimanches matins, courrier distribué à la criée, interdiction d’installer des antennes de télé sur les toits, douches collectives une fois par semaine, dimanche pour les hommes, jeudi pour les femmes et les enfants. N’oubliez pas le plus important : tout ce que fait le chef de camp, c’est bon pour les harkis. »
- l’attitude paternaliste, humiliante, méprisante, injuste, voire raciste du chef de camp :
Quelques exemples : le capitaine Robert traite Saïd de « bourricot » ; discours de
« bienvenue » : « Vous avez été fidèles à la France. La la République.
- le racisme ambiant : un marchand traite Saïd de « bicot » ; la monitrice change le prénom maghrébin de la petite sœur de Leïla en Marianne « pour éviter le racisme » ; le cafetier déclare : « On sert pas les bougnoules, ici ! »
- Leïla se révolte par ailleurs contre le poids des traditions. L’autorité qui règne au sein de la famille Benamar peut être vue comme reproduisant sous forme de micro-société l’autorité qui règne dans le camp.
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Saïd |
Ahmed |
Leïla |
Aïcha |
Petits frères de Leïla |
Le personnage se révolte-t-il ? De quelle manière ? Quelles en sont les conséquences ? |
Il est d’abord résigné, passif. Lorsque le capitaine Robert le traite de « bourricot », il ne réagit pas. Ensuite, il déclare à son frère Ahmed, révolté : « J’te comprends pas, Ahmed. T’es jamais content. Vous avez un toit, un travail, de quoi manger. Sans la France Lorsqu’Ahmed est arrêté, il n’ose pas demander d’explications au chef du camp. Il évoque avec nostalgie des souvenirs de sa vie passée : les helvas (bonbons turcs), le ramadan … ou fait des projets : « Un jour, je vous emmènerai dans votre village. », dit-il à ses enfants. Il ne conteste pas lorsqu’il perçoit un demi-salaire parce qu’il ne travaille que d’un bras. IL trouve un travail d’appoint (vente de pommes sur les marchés grâce à Lucien) et veut faire payer une pomme 50 centimes lorsque l’aide de camp pense pouvoir la prendre gratuitement. Il dit à ses enfants qu’il est important de lire. Mais il continue à dire, face à Leïla révoltée, : « la France 100 F Il rappelle à sa fille que c’est lui qui dirige la famille. Lorsqu’il apprend qu’elle fréquente un Français, il la traite de « salope », la frappe à coups de ceinturon et l’oblige à épouser un cousin. Sa révolte éclate lors de la confrontation verbale avec le capitaine : « Je suis plus français que toi, mon capitaine. » Et c’est pour l’avenir de ses enfants qu’il décide de quitter le camp. Conséquences : ses enfants sont victimes de brimades : le capitaine Robert ne donne pas de cadeau à l’un de ses fils pour Noël et le gifle parce que « son père sait se débrouiller si bien ».. Le capitaine Robert interdit à Saïd de travailler pendant un mois. |
Oui, très rapidement. En paroles : « C’est pas un village ici. C’est comme la prison. Quel crime on a commis ? Moi, j’ai fait deux guerres pour la France. Qu Ensuite, il écrit une lettre au ministère pour que cela change au camp et que le chef change aussi. Conséquence : il est arrêté par les gendarmes et conduit à l’hôpital psychiatrique. Lorsqu’il en ressort, il semble avoir subi un lavage de cerveau. |
Elle refuse très tôt cette situation et feint de croire qu’elle se trouve dans un palais merveilleux où son père porte un joli turban. Elle manifeste sa révolte verbalement : « T’as vu comment ils nous traitent, les Français ? » Très vite, son unique objectif est de quitter le camp. Elle incite toutes les femmes à exiger que l’argent des allocations familiales leur soit versé directement. Leïla trouve une maison en location. Par ailleurs, elle se révolte contre les traditions en lisant « Salut les copains », ce que sa mère désapprouve et elle fréquente en cachette un Français, Jérôme. Elle s’enfuit pour échapper au mariage forcé et manque de se suicider. Elle décide de suivre des études d’aide-soignante. Son père, qui est fier d’elle, décide de porter un costume tous les jours. Conséquences : la famille est privée de charbon. Cette relation avec Jérôme est un échec. La rupture est provoquée par les insultes racistes de Jérôme envers Moktar. |
Elle est très résignée : « Qu’est-ce que tu connais de l’Algérie ? Là-bas, c’est la misère. », dit-elle à sa fille. Elle la gifle lorsque celle-ci déclare que les harkis sont des traîtres. Elle ne proteste pas lorsque la monitrice remplace le prénom de son bébé par un prénom français. Lorsque Leïla trouve une maison à louer, elle lui dit : « Qu’est-ce que tu veux qu’on fasse dehors tout seuls ? On ne connaît rien à la France. On |
Oui Ils tentent de voler une mobylette pour s’enfuir en Belgique. |
Conclusion : quel personnage évolue le plus ?
L’épilogue est-elle optimiste ou pessimiste ? optimiste car la famille réussit à quitter le camp et Leïla, malgré toutes les injustices qu’elle a subies en France et en Algérie, continue de croire en un avenir meilleur en France.
