Activités pédagogiques

Activités réalisables en cours d'anglais, français, histoire, économie, droit en BEP ou Baccalauréat professionnel, à partir de documents authentiques. christiankrock@yahoo.fr. Certaines activités peuvent être adaptées aux classes de 4e et 3e de collège.

14 janvier 2008

Histoire Bac Pro : "La dictature en Corée du Nord"

ENQUÊTE D’ACTION : « COREE DU NORD, CUBA : AU CŒUR DES DERNIERES DICTATURES », diffusé en novembre et décembre 2007 sur W9 (extrait) - Durée :  41 mn environ

OBJECTIF : en classe de Terminale professionnelle, dans le cadre de l’étude des régimes totalitaires en Europe au XXe siècle, définir ce qu’est une dictature à travers un exemple très contemporain, celui de

la République

  populaire démocratique de Corée du Nord.

Déroulement :

1.      Sous forme de « brainstorming », les élèves proposent une définition de ce

qu’est une « dictature » grâce à leurs connaissances personnelles, des dictionnaires de langue, des manuels.

Les caractéristiques principales sont :

-un régime politique dans lequel le pouvoir est détenu par une personne (généralement chef d’un parti qui devient parti unique) ou un groupe de personnes (caste, armée, groupe religieux …)

-un exercice du pouvoir sans contrôle démocratique, sans limite légale ou constitutionnelle, de manière arbitraire et autoritaire, voire violente (répression des opposants)

-l’absence d’élections libres

-l’absence de séparation des pouvoirs (exécutif, législatif, juridique)

-le non-respect de la liberté de la presse

-l’application d’un système économique du type autarcique

2. Visionnage des premières minutes du documentaire. (La deuxième partie est  consacrée à Cuba.)

La Corée

du Nord est un pays où il n’y a rien à manger, mais où il y a 1 200 000 soldats. Un pays où il n’y a pas de voitures, mais des agents à chaque coin de rue pour régler la circulation. C’est aussi la nation la plus secrète du monde et il a fallu des mois pour obtenir l’autorisation d’emporter une caméra dans ce pays fermé comme une prison. Les habitants vivent dans une autre réalité, totalement manipulés par la propagande du dictateur Kim Jong-il.

Problématique : en quoi ce régime politique diffère-t-il d’une démocratie ? Les élèves répondent en empruntant des exemples au documentaire (images et commentaires). Grille à compléter.

 

UN SEUL CHEF, UN SEUL PARTI

-la concentration des pouvoirs entre les mains d’un seul homme : Comment le président à vie s’appelle-t-il ?

-le culte de la personnalité : Dans chaque rame, on voit les portraits de Kim-Il-sung (mort en 1994) et de son fils Kim Jong-il, des portraits que l’on retrouve aussi sur les murs de l’école et que l’on est prié de saluer. Chaque matin, les enfants sont obligés de se prosterner devant le père de la nation avant de rejoindre leurs classes. On diffuse des slogans à la gloire du régime à l’usine : « Les temps sont durs, on manque de tout, mais grâce au grand général Kim Jong-il et à notre foi inébranlable en la victoire, nos cœurs sont prêts au combat. Allons dans la joie au travail ce matin … » A la fin de la journée de travail, on est invité à chanter en chœur à la gloire du cher dirigeant Kim Jong-il : « On veut suivre l’infiniment bon Kim Jong-Il pour l’éternité/ C’est notre grande joie/ La flamme est sa création, avec laquelle il a créé le matin éternel/ Tous unis, faisons briller sa volonté vers un paradis plus beau/ On veut suivre l’infiniment bon Kim Jong-Il pour l’éternité ».

A l’école, on apprend d’abord à honorer le leader nord-coréen : « Chers enfants, comme une fleur fleurit grâce au soleil, l’enfant a besoin de l’amour du grand général Kim Jong-il pour grandir et grandir en apprenant à jouer de son instrument traditionnel. », dit l’institutrice. «  A l’heure de la récréation, ils ne doivent pas s’amuser dehors, ils s’entraînent à jouer du kayagum ou du choptaé afin de pouvoir ravir un jour notre grand général à l’occasion d’un beau concert. » Puis elle raconte aux enfants une histoire de bottes, visiblement romancée pour vanter les exploits et la grandeur d’âme de Kim Jong-il, le président à vie de

la Corée

du Nord. « Le grand chef, qui portait ces jolies bottes, a couru jouer vers ses camarades. Mais soudain, le grand chef s’est arrêté parce qu’il était triste : il venait de s’apercevoir que ses pauvres petits camarades portaient des tennis mouillées. Le général, généreux et attentionné, est rentré chez lui et il portait des tennis mouillées car il avait donné ses bottes. Répétez avec moi ! » Et pour apprendre l’histoire par cœur, les enfants sont ensuite priés de la réciter. Ici, la propagande commence dès le cours préparatoire. Dans la capitale, Pyongyang, l’imposante statue de Kim Il-sung ne s’éteint jamais. Un jour, Kim Il-sung s’est identifié à Tangun (roi légendaire, fondateur de

la Corée

antique il y a 5000 ans) et a ordonné la reconstruction de son temple (qu’il avait fait détruire), en prenant soin toutefois de faire inscrire dans la roche cette phrase qui exprime la pensée profonde du chef dirigeant : « Vive Kim Il-sung, soleil éternel » .

GOUVERNER EN EMBRIGADANT LES MASSES

-une idéologie dominante qui fédère la nation : Kim Jong-il a inauguré la première dynastie communiste de l’histoire.  Dans les années 50, Kim-Il-sung avait fait brûler tous les temples du pays. Seule la religion du parti (bouddhisme) était autorisée.

-une propagande omniprésente :  les enfants rendent hommage au père de la nation. Régulièrement, les petits Coréens du Nord viennent déposer des gerbes de fleurs au pied d’immenses fresques. C’est une sorte de pèlerinage obligatoire, imposé dès le plus jeune âge. Obligatoire et indispensable pour devenir, plus tard, un bon communiste. Des fresques guerrières et idéologiques, des monuments à la gloire des dirigeants, des affiches de propagande, il y en a partout. Ici, c’est l’environnement quotidien. Une maman et sa petite fille chantent ensemble, sur le chemin de l’école, un hymne à la gloire des dirigeants : « Notre grande armée populaire secoue le ciel et la terre ; les hideux Américains se prosternent devant elle. ». En Corée, on est élevé dès le plus jeune âge dans la haine du peuple américain. Dans le métro, comme ailleurs, il y a de la musique patriotique en fond sonore. Sur les murs de chaque station, des fresques célèbrent la révolution.            

A l’atelier de couture, on diffuse un petit air patriotique pour motiver les ouvrières qui doivent accélérer la cadence (elles doivent confectionner 150 manteaux aujourd’hui) : « L’amour est ma patrie/ Mon cœur brûle pour elle ».

Au cours d’un déjeuner familial, un vieil homme rappelle son passé glorieux de militaire et explique à ses enfants que l’Amérique est vraiment un mauvais pays. Chaque membre de la famille est convaincu qu’il faut « détruire ces monstres américains. »

Lorsque les journalistes filment une chambre de l’hôpital universitaire de la capitale, une mise en scène a été organisée : une charmante infirmière veille deux fausses malades, maquillées pour l’occasion. Une belle image pour magazines de propagande, destinée, peut-être, à masquer la réalité du système de santé, qui est à l’agonie. En province, les hôpitaux ne bénéficient pas du même confort que ceux de la capitale. Dans celui que visitent les journalistes, le toit est troué, il n’y a pas suffisamment de chauffage. Les conditions sanitaires sont particulièrement spartiates (instruments rouillés, bouteilles de bière contenant des solutions servant à perfuser des enfants malades). Dans les hôpitaux pourtant, on voit des affiches à la gloire du régime et d’autres qui présentent le système de santé nord-coréen comme un modèle de réussite.

«Korean TV » est l’unique chaîne officielle du pays. La présentatrice du journal récite toujours à peu près les mêmes histoires : les pèlerinages sur le berceau familial de la famille dirigeante et les grands défilés populaires comme celui qui commémore l’anniversaire de la naissance de la nation.

Les journalistes sont invités à un banquet officiel par un représentant du ministère des Affaires étrangères ; on leur sert un dîner de luxe alors que certaines denrées manquent dans le pays.

GOUVERNER PAR

LA FORCE

-un gouvernement par la force et la terreur : on voit des soldats, hommes et femmes, qui font d’interminables rondes dans les rues de la ville. Dans le métro, il y a des militaires partout, qui surveillent les allées et venues des camarades communistes. Des agents automates règlent le trafic. Il est interdit de quitter le pays. A l’atelier, à la fin de la journée, on fait le bilan : c’est le moment de distribuer les bons et les mauvais points à chacune des ouvrières textiles. Deux d’entre elles sont des exemples pour toutes.

Le « compound » est le quartier des rares étrangers autorisés à résider dans le pays : une centaine de personnes : des personnels d’ambassades, des représentants d’ONG vivent et travaillent dans ce ghetto interdit à la plupart des Coréens et d’où il est très difficile de sortir.

Par exemple, pour les membres de « Première Urgence », la seule ONG française présente en Corée du Nord, il est impossible d’aller d’un endroit à un autre sans avoir déposé à l’avance un plan de route et demandé une autorisation. Ils sont encadrés par deux guides détachés du ministère des Affaires étrangères nord-coréen.

Dans ce pays où les moindres faits et gestes sont surveillés, il est quasiment impossible de sortir à la nuit tombée.

Il y a des travaux d’intérêt général obligatoires. Réquisitionnés par le parti, tous les habitants de Pyongyang – même les enfants - remplissent leur devoir à tour de rôle : ils repeignent les ponts, les bâtiments, nettoient les rues.

Les coopérants sont libres de penser, mais ne sont pas libres de leurs mouvements. Les Coréens n’ont pas le droit de communiquer avec eux en dehors du travail. Les commissaires politiques empêchent les journalistes de filmer lorsqu’ils craignent que ces images ne montrent une image défavorable du pays ou qu’elles soient interprétées « de façon très mauvaise » en Occident.

La Corée

du Nord, d’après de très nombreux témoignages, abrite encore des camps de concentration. Dans un camp, filmé en caméra cachée, les prisonniers sont soumis aux travaux forcés par des températures de moins 20°, et se nourrissent de feuilles de choux.

   

-l’économie : sur quoi repose-t-elle ? sur l’autosuffisance. Caractérisez-le niveau de vie et la qualité de vie.

archaïque, en échec. Dans la capitale, il y a très peu de circulation ; les quelques voitures qui circulent sont réservées au cadre du parti ou aux étrangers. Il n’y a pas beaucoup de bus non plus. Alors, pour aller travailler, les gens marchent.

Les appartements sont prêtés par le régime, mais la télévision ne fonctionne pas bien, tout comme l’électricité, le chauffage, les sanitaires. Il n’y a pas d’éclairage public dans les villes en dehors de la capitale. Internet est peu accessible.

A la campagne, les travaux des champs se font à la main, on utilise encore les charrues à bœufs, et les enfants sont réquisitionnés pour les récoltes. L’agriculture est exsangue, archaïque, basée sur l’autosuffisance. On utilise les rares tracteurs pour transporter les gens des campagnes. Cette année, il y a eu de fortes inondations et les récoltes ont été mauvaises. A part pour la culture du pavot, forcément très protégée et très surveillée par les barons de la drogue, les paysans sont inquiets. Certains craignent une nouvelle famine, comparable à celle qui a ravagé le pays au milieu des années 90. Les rendements agricoles avaient été désastreux. En Corée du Nord aujourd’hui, on manque de savon et  tout le monde a des poux. Il y a des canons et beaucoup de militaires : une armée de 1 200 000 soldats pour une population de 22 000 000 d’habitants. Il y a aussi des centrales nucléaires et des bases secrètes où l’on fabrique l’arme atomique.

La Corée

du Nord est aujourd’hui l’une des plus grandes puissances militaires de la planète et c’est en même temps le pays le plus assisté au monde. Un pays qui ne peut survivre que grâce à l’aide humanitaire. Chaque année, le programme alimentaire mondial distribue un million de tonnes de nourriture, ce qui permet de nourrir six millions de personnes. Le réseau ferroviaire est en mauvais état. Les rares trains qui circulent sont systématiquement pris d’assaut.

3. Synthétiser cette prise de notes en choisissant trois exemples qui montrent les différences entre la dictature nord-coréenne et une démocratie :

Par exemple, les lieux de culte contraires à la religion prônée par le parti ont été détruits alors que, dans une démocratie, il y a la liberté de culte.

4. Grâce à des recherches sur Internet, complétez les informations contenues dans le reportage en vous renseignant sur :

-l’origine de cette dictature (dans quelles circonstances a-t-elle été instaurée ? partition de

la Corée

en 1948 ; préciser le rôle de Kim Il-sung dans la résistance à l’occupation  japonaise et dans la guerre de Corée, de 1950 à 53)

-l’importance du communisme dans le pays, notamment dans le domaine économique : développement autocentré, de type « socialiste soviétique », recherchant l'autosuffisance jusqu’en 2002, puis mesures de libéralisme …

-l’évolution des relations entre les deux Corées : le début du reportage montre une ligne de démarcation en béton et les

250 km

de barbelés qui séparent

la Corée

du Nord et

la Corée

du Sud depuis plus d’un demi-siècle, mais quel événement a montré un début de rapprochement entre les deux Etats en 2007 ? rétablissement des liaisons ferroviaires intercoréennes depuis mai 2007

[L‘intérêt de l’exercice n°4 est d’attirer l’attention des élèves sur l’insuffisance principale du reportage, à savoir le fait de décrire une situation sans en expliquer les causes.]

Au cours d’un entretien avec François Pécheux, le présentateur, Pierre Rigoulot, spécialiste de

la Corée

et de Cuba et directeur de l’institut d’histoire sociale, confirme l’authenticité du reportage :

-Nous savons qu’au quotidien la propagande est générale. Il y a ce que nous avons vu (le grand-père, l’école) et en dehors de l’école, vous avez une propagande quotidienne. Vous ne pouvez pas tourner votre visage vers autre chose que les grands leaders, Kim-Il-sung et Kim Jong-il, le père et le fils. Il y a 3000 statues d’eux dans le pays, des slogans partout, des portraits. Il y a quelque chose de plus en Corée du Nord qui distingue d’une dictature normale, c’est le fait qu’on veut changer l’homme, les individus. Ce n’est pas seulement, comme en Birmanie, « Taisez-vous ! », c’est « Manifestez votre enthousiasme pour le régime, pour le merveilleux avenir que notre leader génial vous propose. » Donc il y a un enthousiasme obligatoire, il y a un engagement individuel obligatoire, il y a la tentative par le régime de créer un homme nouveau. Naturellement, tout cela, c’est purement idéologique, ce n’est pas du tout un homme nouveau mais un homme qui a faim de nouvelles de l’extérieur et tout simplement de nourriture. Je pense que le changement peut venir de l’extérieur.

-Quand George Bush définit

la Corée

du Nord comme faisant partie de « l’Axe du Mal », que veut-il dire et qu’est-ce que nous avons à craindre ?

-Les Etats qui font partie de « l’Axe du Mal » sont les Etats qui répriment leur population, les oppriment ; il n’y  a pas de doute là-dessus. Ce sont les Etats qui peuvent avoir des contacts avec des organisations terroristes ; il n’y a pas de doute non plus, ils l’ont fait, eux-mêmes ont pratiqué d’ailleurs le terrorisme. Ils ont fait, par exemple, exploser un avion de ligne sud-coréen pour montrer que la sécurité ne pouvait pas être assurée aux jeux olympiques de Séoul en 1988. Et puis ce sont des Etats qui sont susceptibles de s’armer de façon nucléaire.

-Alors, quel est l’avenir d’un pays comme ça parce qu’on voit combien il est dinosaure ?

-Oui, on peut se le demander. D’abord sur le plan économique, c’est un désastre.

La Corée

du Nord est certainement un des pays du monde le plus aidé. Le tiennent à bout de bras les Chinois qui l’aident sous forme énergétique, sous forme alimentaire. Leur malheureux frère opprimé par le capitalisme et l’impérialisme américain du Sud les aide beaucoup, leur envoie des engrais, de la nourriture, donc il y a une véritable aide internationale. Il y a une aide également par le programme alimentaire mondial, c’est-à-dire par l’ONU, et cependant l’idéologie, c’est celle de l’autosuffisance : on se suffit à soi-même.

-De l’intérieur, on a compris que ça ne pouvait pas changer, ça c’est sûr, tout est muselé. Le seul changement viendrait de l’extérieur.

-Voilà.

5. Les élèves consultent Internet pour trouver d’autres exemples de dictatures au XXIe siècle (Cuba, Birmanie … ) et indiquer des points communs avec celle mise en place en Corée du Nord (ex : culte de la personnalité).

BIBLIOGRAPHIE :

GRANGEREAU, Pierre. Au pays du grand mensonge : voyage en Corée du Nord. Payot, « Petite Bibliothèque Voyageurs », 2003. ISBN 2228897426   7,95 €

RIGOULOT, Pierre. Corée du Nord, Etat voyou. Buchet-Chastel, « Au fait », 2003.

ISBN 2283019214   14,00 €

WHEELER, Tony. Dans les pays de l'axe du Mal. Lonely Planet, « Ecrivains-Voyageurs », 2007. ISBN : 2840706709    21,00 €

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29 juin 2007

Histoire Bac Pro : la laïcité : la loi de 1905

1905, TELEFILM REALISE PAR Henri HELMAN, DIFFUSE

SUR FRANCE 2 LE LUNDI 12 DECEMBRE 2005 - DUREE : 1 h 36

OBJECTIF : illustrer un aspect du programme d’histoire de Première professionnelle : « l’Etat et la religion en France depuis 1850 ». Ce téléfilm montre le climat de tension entre l’enseignement laïque et l’Eglise catholique avant le vote de la loi de 1905.

Préciser aux élèves le contexte de l’affaire Dreyfus, évoquée en filigrane : le procès est réouvert, le capitaine est condamné pour la deuxième fois avec circonstances atténuantes, puis il est gracié par le président de

la République.

L’action se passe-t-elle avant ou après le vote de la loi de séparation des églises et de l’Etat ?

I. Psychologie des personnages : remplissez ce tableau.

PERSONNAGES

CONVICTIONS

(laïques/républicaines ou catholiques)

TOLERANT(E) ?

(Justifiez en citant des paroles ou des actes.)

INTOLERANT (E)?

(Justifiez en citant des paroles ou des actes.)

Marie Dutilleul

Noter en particulier la définition que Marie donne de la laïcité.

Jean-Baptiste Dutilleul (grand-père de Marie)

Pierre Dutilleul (frère de Marie)

Julien Peyrac (époux de Marie)

la directrice de l’école laïque

l’abbé Courtois

II. Conflit entre Eglise et école laïque : répondez aux questions.

1.      Quel objet symbolisant la présence de la religion à l’école de

la République Marie

retire-t-elle de la salle de classe ?

un crucifix

2.      En quoi le poste de Julien à Limoges consiste-t-il ? Le ministère de l’Intérieur lui a

confié la « lourde » tâche de fermer les écoles religieuses non autorisées du département, avec éventuellement l’appui de la force armée. On en compte 2000 à travers

la France. Il

participe aussi à l’élaboration d’un fichier sur les opinions religieuses des officiers de l’armée car ils « doivent être acquis à

la République

».

3.      Pourquoi Pierre, devenu prêtre, vient-il se réfugier chez Marie ?

Il est recherché par la police car il a participé à un coup d’Etat monarchiste contre

la République.

 

III. Faites des recherches dans les encyclopédies du CDI et sur Internet à propos du Concordat (1801) et de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat (1905).

En vous référant au téléfilm et aux résultats de vos recherches, vous expliquerez comment les relations entre l’Eglise et l’Etat ont évolué en France au cours du XXe siècle. (Vous évoquerez notamment les droits garantis par la loi de 1905.)

                                            LAÏCITE : DEFINITIONS

Neutralité de l’Etat par rapport à toutes les religions, séparation de la société civile et de la société religieuse, l’Etat n’exerçant aucun pouvoir religieux et les églises aucun pouvoir politique. (Encyclopédie Bordas)

Le terme laïc, à partir duquel fut construit le substantif laïcité, nous vient du grec laos, mot qui désigne le peuple, considéré comme un tout, à la fois indivisible et indifférencié. (…) Il faut le comprendre comme l’ensemble des êtres humains vivant ensemble à un moment déterminé, quelles que soient leurs origines, leurs croyances, leurs aspirations. A cette première racine s’en est adjointe une autre, du latin ecclésiastique laicus. Est laïque toute personne soustraite à l’état de religieux, toute réalité placée hors de l’emprise institutionnelle d’une église. (Ducomte Jean-Michel, La laïcité, Milan, « Les Essentiels », 2001)

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27 juin 2007

Histoire Bac Pro : "Penn sardines", film TV : grève et syndicats au début du XXe siècle

PENN SARDINES, FILM TV DIFFUSE LE 12 NOVEMBRE 2006 SUR

FRANCE 3 - DUREE : 1 h 40 mn

OBJECTIF : en Première professionnelle, présenter un exemple de grève pour illustrer l'évolution des conditions de travail au XXe siècle et le rôle des syndicats.

                                                       Afficher l'image en taille réelle

Le contexte : "Penn sardines" signifie littéralement têtes de sardines. En 1924, les usines de Douarnenez emploient 2453 personnes, 1851 ouvrières et 602 ouvriers. La majorité des femmes travaillent dans les conserveries.

Elucidation d'allusions culturelles ou historiques : (recherches par les élèves avant visionnage ou le professeur fournit une fiche) : Théodore Botrel; "Saluez, riches heureux/Ces pauvres en haillons/Saluez, ce sont eux/Qui gagnent vos millions"; "Pemp real a vo"; la CGTU; Le Talon de Fer de Jack London; la grève de 1905; Le Temps des cerises.

Les élèves regardent le téléfilm et répondent aux questions :

1. Décrivez les conditions de travail des ouvrières sardinières en 1924 :

  • les contremaîtresses ont-elles le droit de les maltraiter ?

  • ont-elles le droit de leur infliger des amendes ?

  • les ouvrières ont-elles droit à des congés maladie ou maternité ?

  • leurs salaires correspondent-ils au coût de la vie ? Donnez un exemple.

  • le travail de nuit est-il payé ?

  • combien d'heures par jour doivent-elles travailler ?

  • l'âge des ouvrières est-il réglementé ?

2. Lors de la grève de 1905, quels résultats les ouvrières ont-elles obtenu ?

3. En 1924, quelles sont leurs revendications ?

4. Remettez dans l'ordre les étapes du conflit.

  • Les ouvrières décident de se mettre en grève.
  • Le conflit s'étend à toutes les industries de la région et aux marins pêcheurs de Douarnenez.
  • Une caisse de soutien aux grévistes est mise en place.
  • Des briseurs de grève tirent sur le maire communiste.
  • Les grévistes voient leurs revendications satisfaites.
  • Le patronat déclare qu'il ne négociera pas avec les grévistes.
  • L'inspecteur du travail ordonne la reprise du travail.
  • La grève est soutenue par tous les Français.
  • Comme la liberté de circulation des biens est entravée, les patrons assurent eux-mêmes l'expédition des marchandises; les ouvrières s'y opposent, ce qui déclenche une émeute.
  • Les marins pêcheurs reprennent le travail.
  • Paul Thirion, représentant de l'Union régionale des syndicats unitaires, propose d'élire un comité de grève.

5. Expliquez de quelle manière le conflit trouve une issue.

6. Expression écrite : effectuez des recherches au CDI (sur Internet et/ou dans les manuels et ouvrages documentaires) et dites quand les salariés ont obtenu en France le droit de grève, la liberté syndicale, le droit aux congés maladie et maternité, les congés payés, la journée de 10 heures puis de 8 heures, la réglementation du travail de nuit, du travail des enfants, quand les femmes ont eu le droit de vote.

A l'aide du téléfilm et des informations obtenues, vous écrirez ensuite une vingtaine de lignes sur les trois conquêtes sociales de la fin du XIXe siècle et du XXe siècle qui vous paraissent les plus importantes, et vous justifierez votre choix.

Le DVD du film est disponible à la vente.

Le DVD de ce téléfilm est disponible à la vente.

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20 juin 2007

Histoire Bac Pro : la dictature stalinienne

STALINE, LE TYRAN ROUGE, DIFFUSE LE 13 MARS 2007 SUR M6

(EXTRAIT) - DUREE : 50 mn ENVIRON 

OBJECTIF : dans le cadre de l’étude des régimes totalitaires en Europe au XXe siècle, définir ce qu’est une dictature à travers l’exemple de l’URSS.

                              Informations sur le documentaire :

A partir d’images d’archives tournées en noir et blanc puis colorisées ou de films d’actualité en couleur, le documentaire, construit de manière chronologique, retrace l’ascension politique de Staline mais aussi le quotidien des Soviétiques entre 1924 et 1953.  Plus d’un an de travail et de recherches a été nécessaire pour réaliser ce portrait.  Au départ, la tâche des réalisateurs s’annonçait délicate. « Notre principale difficulté était de lutter contre la propagande. », explique Mathieu Schwartz, qui a signé Le tyran rouge. « Au total, près de 95% des images ont été contrôlées par Staline et le pouvoir alors en place. Idem pour les photographies officielles qui ont été totalement « nettoyées ». Notre ambition était donc de mettre aussi la main sur des documents qui avaient échappé à la censure. » Tâche ardue car au Kremlin, sous le joug du « tyran rouge », pas de documents personnels, pas de télévisions étrangères. Que des sources officielles dûment corrigées. Il a donc fallu que les réalisateurs traquent les rares défaillances de la censure : par exemple, le film d’une touriste à qui on ne demande pas d’ouvrir ses bagages : c’est ainsi que lady Mountbatten immortalise clandestinement, avec une caméra portable, une longue file d’attente devant un magasin de Moscou presque vide, alors qu’en trente ans de règne de Staline, il n’en existe par ailleurs aucune image. D’abord censurées, ces images ont ensuite été ignorées car reflétant un passé gênant.

Les réalisateurs, qui ont obtenu le concours de l’historien du CNRS Nicolas Werth, ont visionné de multiples pellicules à Moscou, analysé des centaines d’archives provenant d’une quinzaine de sources d’information différentes. Cette enquête, menée avec l’accord des autorités russes,  a conduit les journalistes à rencontrer des associations de victimes du régime stalinien.

« Les textes lus dans le documentaire nous ont permis, dans bien des cas, de détacher l’image du carcan de la propagande. », déclare Mathieu Schwartz, évoquant ces séquences où Staline mettait en scène « l’ardeur » et « la joie » des travailleurs. Extraites de cahiers intimes ou de discours de témoins de l’époque, les citations se multiplient dans ce film qui ne propose aucune interview mais s’appuie sur des documents d’époque. Sur le plan technique, c’est une réussite indéniable. Afin de proposer un documentaire réaliste, accessible à tous, les auteurs ont opté pour la colorisation des archives. Le seul moyen, selon l’un des réalisateurs de « restituer l’atmosphère de l’époque » et de créer « un film vivant » qui s’appuie « sur un mode de narration moderne ».

A signaler que ce documentaire a été encensé par certains médias (Le Figaro, L’Histoire, Le Monde, Le Nouvel Observateur) et tourné en ridicule par d’autres (Libération, Télérama).

Il a reçu l’aval du Ministère de l’Education nationale. Le DVD est disponible à la vente. 

1.Sous forme de « brainstorming », les élèves proposent une définition de ce qu’est une « dictature » grâce à leurs connaissances personnelles, des dictionnaires de langue, des manuels.

2. Visionnage des 50 premières minutes du documentaire. (La deuxième partie, consacrée à la victoire de l’Armée rouge sur l’Allemagne nazie, ne concerne pas directement notre sujet.)

Problématique : comment un dictateur assure-t-il sa domination sur un peuple ? Les élèves répondent en empruntant des exemples au documentaire (images et commentaires). Grille à compléter.

UN SEUL CHEF, UN SEUL PARTI

-la concentration des pouvoirs entre les mains d’un seul homme : Staline élimine tous ceux qui contrecarrent ses projets ou simplement le contredisent. Un seul parti : le parti communiste. En 35, il décide de liquider toute la génération qui lui fait encore de l’ombre : Kamenev, Zinoviev, Tomski, Rykov, Radek et Boukharine sont exécutés. C’est la période des « purges ». 

-le culte de la personnalité : affiches, sculptures représentant Staline, défilés de foules en son honneur. Un poète écrit : « Staline, tu es plus haut que les hauts espaces célestes et seules tes pensées sont plus hautes que toi. Ton esprit est plus lumineux que le soleil. » Il est l’idole de centaines de millions de personnes. Au cours d’un défilé, les soldats du parti, toujours prêts, « remercient Staline pour le bonheur qu’il procure à leur pays. »

Son portrait est partout : dans les usines, sur les trains, dans toutes les salles de classe et même dans les salles-à-manger. Il a lui-même corrigé sa biographie officielle, vendue à des millions d’exemplaires, en ajoutant : « Staline est le plus grand capitaine de tous les temps et de tous les peuples. »

En 38, Staline crée un nouvel héros soviétique en la personne de Chkalov, un pilote qui a relié la Russie à l’Amérique en passant par le pôle Nord.

GOUVERNER EN EMBRIGADANT LES MASSES

-une idéologie dominante qui fédère la nation : Staline veut faire table rase du passé et supprimer les traces de la vieille Russie que la révolution avait épargnées. Il décrète que la religion est contraire aux intérêts du peuple. Dans tout le pays, il fait décrocher et brûler les vieilles icônes. A la place de l’ordre ancien, il veut réaliser le communisme, une société idéale heureuse et saine, sans aucun riche ni pauvre. Chacun aura les mêmes chances à la naissance, santé et éducation seront accessibles à tous. Collectivisation forcée de l’agriculture. 

-une propagande omniprésente : lorsqu’en 1932 son épouse Nadia se suicide, on raconte aux Russes qu’elle est morte de l’appendicite. 

En septembre 33, le député français Edouard Herriot débarque en Ukraine à l’invitation du gouvernement soviétique. Lorsqu’il visite l’Ukraine, il voit non pas la famine mais « un jardin en plein rendement » car avant sa venue de la nourriture a été apportée, des figurants ont été embauchés pour jouer le rôle de travailleurs, bref il s’est fait duper par la propagande.

Staline a confié une mission aux journalistes et aux cinéastes : ils ne doivent plus décrire le monde comme il est mais comme il devrait être. La récolte est mauvaise : on filme des gens radieux dans des paysages magnifiques ; les résultats industriels sont décevants : on publie des communiqués avec des chiffres truqués. On fabrique des héros comme le mineur Stakhanov qui aurait battu un record de productivité en extrayant quatorze fois plus de charbon que les autres, une histoire inventée par le parti.

Intoxiquées par la propagande, chaque année des délégations communistes viennent du monde entier saluer Staline à Moscou. Louis Aragon approuve le goulag et en fait publiquement l’éloge : « la rééducation de l’homme par l’homme ».

En 1935, Maurice Thorez, secrétaire général du P.C.F., déclare dans un discours que Staline « a rendu leur fierté aux ouvriers ».

Pour se débarrasser de Boukharine, un compagnon de lutte de quinze ans qui a osé le contredire plusieurs fois, Staline lance contre lui le rouleau compresseur de la propagande. Dans tout le pays, on conditionne l’opinion : Boukharine complote contre la patrie et le peuple. A l’issue de son procès – une simple formalité – il est fusillé et sa famille déportée.

GOUVERNER PAR LA FORCE

-un gouvernement par la force et la terreur : Staline martyrise son peuple avec une brutalité sans limites. Un million d’exécutions. « Nous anéantirons sans pitié quiconque menace par les faits ou même par la pensée l’unité de l’Etat. […] La mort résout tous les problèmes : plus d’homme, plus de problème. » Il crée le goulag et réduit en esclavage 18 millions de personnes. Il provoque avec cynisme des famines qui font 7 millions de morts. 

A partir de 1930, il invente le procès politique pour désigner officiellement les coupables de l’échec de sa politique économique. Les accusés sont des scientifiques, des ingénieurs, des hauts fonctionnaires, qui auraient saboté l’économie soviétique. Pour juge, il choisit un de ses fidèles et fixe la peine à prononcer : la mort, une peine commuée en dix ans de prison. Les accusés ont été préalablement torturés pendant des semaines pour qu’ils avouent leurs fautes.

Les paysans qui refusent de céder leurs terres à l’Etat et de rejoindre les kolkhozes (coopératives où tout est mis en commun sous contrôle du parti) voient les policiers réquisitionner leurs récoltes, sont victimes de tortures, viols, assassinats. En 1933, Staline interdit aux paysans ukrainiens affamés de quitter leurs villages pour rejoindre les grandes villes. Il condamne ainsi 5 millions de personnes dont la moitié d’enfants. C’est le plus grand massacre du siècle. 

L’URSS devient un gigantesque état policier : les agents de Staline sont partout et contrôlent toute la société. Il donne l’ordre d’arrêter les suspects et de les déporter vers les goulags, camps de travail soviétiques qui sont en réalité de véritables camps de concentration. Ceux présentés officiellement comme des ennemis de la Révolution sont en réalité de simples citoyens, notables ou religieux qui n’ont rien à se reprocher. C’est la rééducation par le travail. Les prisonniers politiques sont des intellectuels, des scientifiques. Un exemple de la stupidité du système : le 2 avril 33 voit l’inauguration du canal Staline, 200 km de voies navigables qui relient la mer Blanche à la mer Baltique. Un dixième des prisonniers, soit 30 000, meurent d’épuisement pendant le chantier. Mais comme le canal n’a pas été creusé assez profond pour tenir les délais fixés par Staline, les bateaux ne pourront jamais l’utiliser. Ces prisonniers sont donc morts pour rien … 

Contre ceux qu’il soupçonne de menacer son pouvoir, il encourage la délation : on doit dénoncer ses voisins et ses propres parents d’agir de manière contre-révolutionnaire. Il fixe à son homme de main, Iejov, le chef du NKVD (police secrète), des quotas d’exécutions et de déportations, charge aux membres du parti de trouver des victimes pour remplir les quotas. Toute personne « mal intentionnée envers le pouvoir soviétique » est fusillée et tous ses biens lui sont confisqués. C’est la grande terreur. A partir de 37, Iejov fait fusiller 1000 personnes par jour, mais la terreur va se retourner contre lui car il sera torturé, exécuté et même effacé des photos officielles.

En 38, Staline a liquidé tous ses ennemis, réels ou imaginaires. Il les a remplacés par une nouvelle génération de militants qui lui doivent tout : c’est la « nomenklatura ». Ils se sont répartis les biens des victimes de la terreur et profitent des appartements libérés. 

-le dirigisme économique : il lance de gigantesques travaux : gratte-ciel, métros, chemins de fer, barrages, centrales électriques … Il veut moderniser la Russie à marche forcée pour qu’elle devienne le paradis des travailleurs et en faire un monde où le chômage n’existe pas et où chaque ouvrier peut offrir une existence décente à sa famille. 

Regard critique : une réflexion peut être proposée sur la façon de fabriquer un tel documentaire, sur l’origine des images et des commentaires en voix off, sur les difficultés qu’ont pu rencontrer les réalisateurs pour se les procurer, sur cette impression de proximité que nous éprouvons avec ces événements en tant que téléspectateurs plus de cinquante ans après. (voir « Informations sur le film »).

Cette impression de proximité est également due à des anecdotes, à la présentation de la vie privée de Staline, à des scènes qui font appel à l’émotion.

Possibilité de lire une biographie de Staline concernant la période présentée ici et de vérifier si le documentaire y est fidèle (aspects omis ? aspects accentués ?).

3. Les élèves consultent Internet pour trouver d’autres exemples de dictatures au XXIe siècle (Cuba, Birmanie … ) et indiquer des points communs avec celle mise en place par Staline (ex : culte de la personnalité).

A LIRE :

" La vérité sur la Grande Terreur" in L'Histoire 324, 10/2007, p. 56-65

"Le vrai visage de Staline" in L'Express 2933, 20/09/2007, p. 38-60.

"Les derniers secrets de Staline" in Le Nouvel Observateur 2177, 27/07/2006, p. 8-19

"La mort de Staline" in L'Histoire 273, 02/2003, p. 31-59.

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13 juin 2007

Histoire Bac Pro : "Jaurès, naissance d'un géant" : syndicalisme, argumentation

JAURES, NAISSANCE D’UN GEANT, TELEFILM DE Jean-Daniel VERHAEGHE   DIFFUSE SUR France 2  LE 25 AVRIL 2005 – DUREE : 1 H 31

OBJECTIFS : en cours d’histoire, visionner ce téléfilm pour illustrer la naissance du syndicalisme, comparer les droits des syndicats au XIXe siècle et au XXIe siècle ou en cours d’ECJS, en prélude à un débat.   

Ce téléfilm raconte une année de la vie de Jaurès (1892) à Carmaux (chef-lieu de canton du Tarn).

                                              

                           Philippe Torreton dans le rôle de Jean Jaurès

Séance n°1 (1 heure) : afin d’élucider certains points historiques, les élèves effectuent des recherches au CDI sur les personnages (qu’ont-ils fait jusqu’alors, que font-ils en 1892 ?), et événements suivants :

grève d’ouvriers à Fourmies en 1891 : le 1er mai, cette grève est réprimée dans le sang par l’armée.

Le Temps des cerises : chanson d'amour qui fut d'abord un chant révolutionnaire écrit par Jean-Baptiste Clément en 1866.

Jules Ferry : avocat et homme politique français (1832-1893). Député républicain à la fin de l’Empire (1869), membre du gouvernement de la Défense nationale et maire de Paris (1870), ministre de l'Instruction publique (1879-1883), président du Conseil (1880-81, 83-85), il attacha son nom à une législation scolaire : obligation, gratuité et laïcité de l’enseignement primaire.

Pierre Waldeck-Rousseau : homme politique français (1846-1904). Ministre de l’Intérieur, il attacha son nom à la loi sur les associations professionnelles en 1884.

Alexandre Millerand : homme politique français (1859-1943). Député socialiste.

affaire de Panama : ce canal interocéanique traversant l’isthme de Panama a été construit à partir de 1881. Les travaux ont été arrêtés en 1888 et la mise en liquidation de la Compagnie universelle du canal interocéanique a été suivie, en France, par un grave scandale financier et politique (1891-93) qui a écarté momentanément du pouvoir certains hommes politiques (Clemenceau) mais n’a pas ébranlé le régime républicain.

Emile Loubet : homme politique français (1838-1929), président du Conseil (= Premier ministre) en 1892.

Georges Clemenceau : homme politique français (1841-1929). Député à partir de 1876, chef de la gauche radicale.

L’Internationale : chant révolutionnaire de 1871.

Jules Guesde : homme politique français (1845-1922). Il introduisit les thèses marxistes au sein du mouvement ouvrier français et fit accepter en 1879 la création d’un parti ouvrier.

la S.F.I.O : (section française de l’Internationale ouvrière, qui a désigné le parti socialiste français de 1905 à 1971)

Séance n° 2 (2 heures) : projection du téléfilm. Les élèves répondent au questionnaire suivant.

1.      En quoi le conflit qui oppose le marquis de Solages à ses ouvriers consiste-t-il ?

Jean-Baptiste Calvignac, mineur, est élu maire de  Carmaux. Le marquis de Solages, propriétaire de la mine, député monarchiste, n’accepte pas cette élection et, prenant prétexte des absences de Calvignac pour remplir ses fonctions de maire, il le licencie. Ses collègues se mettent en grève pour obtenir sa réintégration.

2.      Qu’apprend-on sur Jean Jaurès (vie familiale, professionnelle et politique) ?

Il est marié et père de famille. Il a écrit deux thèses et enseigne la philosophie, il collabore en tant que chroniqueur à La Dépêche du Midi. Il a été élu député républicain mais n'a pas été réélu car les paysansn’ont pas voté pour lui.

3.      Quel rôle joue-t-il dans ce conflit ? Il joue un rôle de conciliateur, de médiateur. Il essaie de

structurer le mouvement des grévistes. Il intervient pour éviter un affrontement entre les mineurs et

l’armée, il demande l’arbitrage du président du conseil Emile Loubet.

4. Qu’apprend-on sur le mouvement syndical en France en 1892 ?

Est-il autorisé depuis longtemps ? loi du 21 mars 1884

A quoi sert-il ? Ici à lutter contre le licenciement abusif d’un salarié.

De quels moyens d’action un syndicat dispose-t-il ? l’organisation de réunions, les mots d’ordre de grève ou de manifestation (les manifestations sont réglementées par la loi de 1935. Cette date marque-t-elle le début du droit à manifester ?)

Quelles sont les conséquences de la grève pour les ouvriers (leurs contrats de travail sont suspendus : aucun salaire n’est versé) et pour l’entreprise ? (la production cesse)

Comment le conflit est-il réglé ? Des négociations puis une conciliation ont lieu ; les grévistes sont réintégrés et Calvignac peut désormais exercer ses fonctions de maire.

5.  L’argumentation de Jean Jaurès. Jaurès, qui réussira en 1905 à unifier les différents courants socialistes, doit faire preuve d’éloquence pour imposer sa candidature aux élections législatives de 1893. (Comme il n’existe pas d’enregistrements ou de retranscriptions des discours de Jaurès, Jean-Michel Gaillard, rédacteur de discours de François Mitterrand et Jacques Kissler, co-scénariste et co-dialoguiste du film se sont inspirés d’éléments disparates : écrits et déclarations de l’homme politique pour le « faire parler ».)

Que reprochent à Jaurès les syndicalistes qui s’opposent à lui ?

Que répond Jaurès ?

1.Jaurès n’est pas un socialiste de

naissance mais un bourgeois qui vient au

socialisme.

Il cite d’autres exemples d’évolution : autrefois, la majorité des ouvriers ne votaient pas socialiste mais élisaient le candidat du patronat. Calvignac a été le premier socialiste élu maire. Ils sont donc devenus socialistes.

Au début, il y avait fort peu de syndiqués. Il n’y a donc pas de socialistes de naissance.

2. Jaurès est un idéaliste.

Il ne sépare pas l’idée de sa mise en œuvre. La journée de huit heures, le droit syndical, l’instruction scolaire gratuite pour tous les enfants sont des étapes vers le socialisme.

3. Jaurès n’est pas membre du parti

socialiste.

Cette expression n’a pas de sens car il existe une multitude de courants socialistes qui s’opposent entre eux. Jaurès promet, s’il est élu candidat à la candidature, d’être « l’homme de l’unité socialiste contre les partis bourgeois ».

Possibilité d’un débat sur le thème : « Le droit de grève, une liberté à encadrer ? » (voir la pochette ECJS Seconde : De la vie en société à la citoyenneté, Bordas, 2004).

PETITE HISTOIRE DU DROIT DE GREVE

Interdite et sanctionnée. Tel était le statut de la grève jusqu’au XIXe siècle. En 1803, la loi du 22 Germinal an XI réaffirme l’interdiction des rassemblements d’ouvriers et donc l’illégalité des syndicats. Elle fait aussi de la grève un délit. Puis, le 25 mai 1864, une loi met fin à la pénalisation de la grève sans pour autant protéger pleinement les grévistes. En effet, selon la nouvelle loi mise en place, la grève constituait toujours une rupture du contrat de travail et pouvait justifier un licenciement du salarié gréviste ou une intervention de la force armée.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la loi du 4 octobre 1941, dite « charte du travail », est votée par le gouvernement de Vichy. Elle interdit la grève et pose le principe des syndicats uniques et obligatoires.

Ce ne sera qu’après la Libération que le droit de grève sera pleinement reconnu. Il est d’ailleurs inscrit dans le préambule de la Constitutiondu 27 octobre 1946 : « Le droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent. » Le législateur interdit cependant ce droit à toute une catégorie de personnels : c’est le cas des Compagnies républicaines de sécurité (CRS) par une loi de 1947, des personnels de police (loi de 1948) et des magistrats en vertu d’une ordonnance de 1958.

L’attachement à ce préambule et à la déclaration universelle des droits de l’homme sera réaffirmé dans la Constitution de 1958.

En 1963, nouvelle intervention du législateur pour encadrer les grèves tournantes, visant à paralyser le fonctionnement d’une entreprise. Par ailleurs, dans la fonction publique, un syndicat souhaitant organiser une grève est contraint de déposer un préavis cinq jours au moins avant la cessation du travail.

(Anne JOUAN, L’Express Réussir n° 2944, 6-12 décembre 2007, p. 9)

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