09 novembre 2007
"Le passage", roman de Louis Sachar : le racisme aux Etats-Unis
LE PASSAGE, ROMAN DE Louis SACHAR : LE RACISME AUX ETATS-UNIS (CHAPITRES 25 ET 26) Editions L’Ecole des Loisirs, coll. « Médium », 2000. (Traduit de l’américain)
2-211-05287-8 9,50 €
Cette œuvre de littérature de jeunesse porte aussi le titre La Morsure du lézard, depuis l‘adaptation filmique réalisée en 2003 par Andrew Davis.
OBJECTIF : en parallèle avec un cours d’anglais sur l’histoire de la condition des Noirs américains, réfléchir au racisme aux Etats-Unis.
L’extrait proposé peut, par sa brièveté (10 pages), être abordé comme une nouvelle.
Chapitre 25
p. 130-132 : relever les indicateurs de temps et de lieu : Cent dix ans auparavant (il s’agit donc d’un retour en arrière); le Lac vert ; les noms des personnages laissent supposer que l’action se situe dans un pays anglophone, répertorier les personnages (et signaler ceux qui sont réellement importants pour l’action) : le Dr Hawthorn, Sam, Mary Lou, les Walker, Mrs Collingwood, dresser le portrait physique et psychologique de Sam : marchand d’oignons, de grands bras robustes, pas beaucoup plus de vingt ans/ bonimenteur, beau parleur car le doute subsiste quant aux vertus thérapeutiques des oignons ; expliquer en quoi consiste la rivalité sympathique entre le docteur Hawthorn et Sam : comme les patients ne savent pas, des préparations à base d’oignon ou des médicaments normaux, lesquels sont les plus efficaces, ils ont pris l’habitude de consulter à la fois le docteur et Sam. Le docteur lui-même semble croire aux vertus thérapeutiques des oignons puisque sa tête dégageait souvent une odeur d’oignon.
p. 132 : quel indice introduit un événement perturbateur ? : demanda Sam un jour.
Etudier l’évolution des relations entre Katherine et Sam :
quel accord Sam et Katherine concluent-ils ? Sam, qui est bricoleur, accepte de réparer le toit de l’école en échange de six bocaux de pêches au sirop.
Quels indices révèlent qu’une complicité unit bientôt Sam et Katherine ? Elle prenait plaisir aux bribes de conversation qu’ils parvenaient à échanger en criant l’un vers l’autre […] Elle fut surprise de l’intérêt qu’il manifestait pour la poésie. [ …] Plus d’une fois, elle commença à lui lire un poème d’Edgar Poe ou de Longfellow et ce fut lui qui en récita la fin, de mémoire. Lorsque le toit fut réparé, elle était triste.
Quelles détails montrent que cette complicité intellectuelle devient progressivement un sentiment amoureux ? L’institutrice, amoureuse de Sam, s’évertue à prolonger la présence de Sam à l’école en lui demandant d’effectuer d’autres réparations : il répare les fenêtres, le bureau, la porte, et repeint l’école. Lorsqu’elle n’a plus de travail à lui confier, elle fond en larmes.
Cet amour est-il réciproque ? Oui, puisqu’il prit alors ses mains dans les siennes et l’embrassa. Cet amour semble naturel à Sam puisque lorsque Katherine lui confie qu’elle a le cœur brisé, il réagit comme lorsqu’elle lui a demandé de réparer des problèmes matériels : Je peux arranger ça, répond-il.
A la fin du chapitre 25, qu’est-ce qui annonce un drame ? La réaction menaçante d’Hattie Parker, invoquant une punition divine après avoir été témoin de leur baiser, laisse présager une tragédie.
Chapitre 26 : [Truite Walker, de son vrai nom Charles, apparaît au chapitre 23. Il est surnommé ainsi parce ses pieds dégageaient une odeur de poisson mort. Econduit par Katherine qu’il souhaitait épouser, il trouve l’occasion de se venger.]
Comment se manifeste la colère des habitants vis-à-vis de l’attitude de Katherine ? On peut parler ici de « vindicte populaire ».
-les parents disent à leurs enfants de ne pas aller à l’école
-ils envahissent l’école. La colère leur fait perdre tout sens commun puisqu’ils la brûlent alors qu’ils en étaient si fiers.
-ils poursuivent Sam et Katherine qui s’enfuient car Sam risque d’être pendu
-ils tuent Sam
-ils tuent Mary Lou, son ânesse.
Relever le champ lexical de la violence (p. 136-139) : firent irruption – renverser – arracher – empoigna – déchira – détruire – donna une gifle – se dégager – se dégagea d’un geste brusque – se précipita – pendre – rugissement – heurta de plein fouet – tué – jeté – tuée –
Synthèse : la violence des habitants s’exerce à la fois contre l’école, Katherine, Sam et l’ânesse. Violence entre Katherine et le shérif.
p. 133 : quelle particularité de la vie de Sam montre déjà que la société est raciste ? Sam n’avait pas le droit d’aller à l’école parce qu’il était noir. On suppose donc qu’il ne sait ni lire ni écrire. Si la loi est raciste, il ne subit cependant pas de manifestations de racisme au quotidien et semble très bien intégré parmi les habitants : p. 134, ils lui sont reconnaissants d’avoir remis l’école en état.
Etudier la confrontation entre Katherine et le shérif (p. 137-138) A quoi voit-on qu’il est raciste ? Il emploie le terme Nègre et considère que Sam mérite d’être pendu sans procès parce qu’il a embrassé une femme Blanche. Il tente d’abuser d’elle en partant du principe que parce qu’elle a embrassé un Noir (qui lui est, selon lui, inférieur), elle est prête à embrasser n’importe quel homme, en l’occurrence lui. Il revendique l’iniquité et l’absurdité de la loi selon laquelle une Blanche a le droit d’embrasser un Noir, mais pas l’inverse. Il l’incarne même : « … je ne pendrai pas votre petit ami. Je me contenterai … »
Etudier les arguments du shérif pour convaincre Katherine de l’embrasser :
-syllogisme fallacieux : Si les Noirs et les Blancs sont égaux, Katherine, qui est Blanche, a le droit d’embrasser Sam qui est Noir, donc elle doit embrasser le shérif qui est Blanc. (Et l’amour, dans tout cela ?)
-marché : si elle l’embrasse, Sam aura la vie sauve.
Le shérif et Katherine invoquent la loi de Dieu et celle des hommes. Laquelle triomphe finalement ? (p. 139) C’est la loi divine qui triomphe puisque les habitants sont privés d’eau.
Que est l’intérêt de la chute de cette histoire ? Le lecteur apprend dans quel pays et à quelle époque se situe exactement l’action. Elle contient une morale : lorsqu’une personne est victime d’une loi inique, elle prend ensuite le contre-pied de la loi en général.
Conclusion sur la structure narrative : la fonction de ces deux chapitres, qui constituent un retour en arrière, est d’expliquer la situation présente, en l’occurrence l’assèchement du lac (cf. chapitre 1 : Maintenant, ce n’est plus qu’une terre sèche, plate, désolée.), par des événements appartenant au passé.
Les élèves effectuent, en groupes, des recherches sur Internet et dans les ouvrages du CDI pour retracer dans un exposé oral les grandes étapes de la condition des Afro-américains :
-esclavage
-abolition de l’esclavage
-ségrégation raciale
-mouvements pour les droits civiques et personnages emblématiques : Martin Luther King, Malcolm X, Angela Davis et les Black Panthers.
21 juillet 2007
Français Bac Pro : la dictature dans la fiction
LA DICTATURE DANS LA FICTION
OBJECTIF : étudier les caractéristiques d’une dictature, en français, en liaison avec le cours d’histoire, à travers trois œuvres de fiction :
· Persepolis de Marjane Satrapi : volume 1, Editions L’Association, coll.
« Ciboulette », 2000, 978-2-84414-058-6, 14,00 €.
· Le Cantique de Meméia d’Heloneida Studart (extraits), Editions Les Allusifs,
2006, 2-922868-31-1, 176 pages, 14 €. (existe aussi en 10/18).
· La Rédaction d’Antonio Skarmeta in Le cycliste de San Cristobal, Editions du Seuil, coll. « Points
Virgule », 2002, 2-02-055085-7, 4,95 €.
Les élèves lisent l’un des trois ouvrages et orientent leurs observations selon les aspects suivants :
PERSEPOLIS (planches 16-37« La cellule d’eau » jusqu’à « La lettre ») |
LE CANTIQUE DE MEMEIA (chapitres 1 et 10) |
LA REDACTION(14 pages) | |
Pays où la dictature est en place |
Iran |
un pays d’Amérique du Sud, vraisemblablement le Brésil |
Chili |
Période de l’histoire du pays |
1978 |
pas d’indices temporels pour donner aux évènements une portée universelle, une valeur de parabole |
manifestement 1973, bien que la date ne soit pas précisée |
Nom du dictateur |
le chah Mohammad Reza Pahlavi |
chapitre 1 : Menina (qui a mis en place une dictature en miniature) chapitre 10 : « forces obscures » = police, organes de répression |
général Pinochet |
Type de dictature · militaire · religieuse · policière |
militaire et religieuse |
chapitre 1 : familiale chapitre 10 :policière |
militaire (« junte fasciste ») |
Dans quelles conditions est-elle instaurée ? |
coup d’Etat fomenté par le père du chah, avec l’aide des Britanniques |
chapitre 1 : tradition familiale : elle est centenaire |
|
Caractéristiques de cette dictature (port du voile, tortures, journalistes emprisonnés …) |
-l’armée réprime les manifestations dans le sang; interdiction de les photographier - confiscation de biens -emprisonnements arbitraires pour raisons politiques -tortures en prison -fêtes somptuaires organisées par le régime -manuels scolaires revus et corrigés (propagande) -censure (séance de dédicaces clandestines) |
chapitre 1 : -Menina procède à des punitions (enfermement au couvent, châtiments corporels …) et décide du sort des membres de sa famille. chapitre 10 : -emprisonnements arbitraires, tortures -absence de liberté de parole : Joao et Pablo sont torturés pour avoir dit que « les moineaux (étaient) des oiseaux bleus » |
-les militaires sont omniprésents à Santiago -arrestations des citoyens « de gauche », antifascistes |
Comment la résistance s’organise-t-elle ? |
- révolution, manifestations dans les rues : « A bas le roi ! » |
-les habitants écoutent la radio clandestinement -on a écrit « Résistance » en rouge sur le mur blanc de l’école | |
Qui raconte les évènements ? |
l’auteur, alors âgée de huit ans |
une servante, Meméia |
Antonio Skarmeta |
Regard porté par le narrateur/la narratrice sur les événements ? |
regard subjectif : naïf, parfois humoristique, plein de curiosité (cherche à s’informer) |
regard ironique, joue un rôle de modérateur |
regard subjectif, à la manière d’un enfant : cf. portrait du capitaine Romo |
Prolongements possibles :
-à partir de ces observations, donner une définition de la littérature engagée.
-lire (ou feuilleter)des ouvrages documentaires traitant de la dictature dans les pays évoqués dans les fictions et confronter le traitement des informations fournies dans les deux types d’ouvrages sur :
· les personnages (FICTION : créés par l’auteur, personnages historiques évoqués/DOCUMENTAIRE : personnages historiques, groupes, peu de cas individuels)
· le point de vue (subjectif/objectif)
· informations sur la dictature (fournies par le contexte de l’histoire/nombreuses avec évolution dans le temps
· types d’écrits (narration avec dialogues/récit de l’historien, illustré de documents qui sont des traces des évènements)
· Que peut-on attendre d’une œuvre de fiction ? Et d’un ouvrage documentaire ?
INFORMATIONS SUR LES AUTEURS ET LES ŒUVRES1. Persepolis Née en 1969, Marjane Satrapi a grandi à Téhéran où elle a étudié au lycée français. Compte tenu de la situation en Iran, ses parents l’ont envoyée à Vienne alors qu’elle avait 14 ans : une expérience malheureuse suivie d’un retour au pays et d’une installation définitive en France, en 1994. A Paris, elle décide de raconter son histoire en bande dessinée. Les quatre volumes de Persepolis remportent un vif succès en France, aux Etats-Unis – 160 lycées et universités, dont Yale, Harvard et Ucla, l’ont inscrit à leur programme – et au Moyen-Orient, où il a été édité au Liban, en arabe. Dans cette autofiction, Marjane Satrapi raconte son enfance choyée par des parents modernes et cultivés et une grand-mère tout aussi moderne. Cette vie paisible s’effondre avec la chute du Shah en 1978, alors qu’elle a huit ans, et l’instauration du régime islamique. Avec beaucoup d’humour, elle narre les contrôles des commissaires de la Révolution, les cours de dessin anatomique où le modèle est recouvert d’un tchador, ceux d’histoire de l’art où le professeur a masqué la nudité de la Vénus de Botticelli. Elle évoque la douloureuse séparation d’avec ses parents et sa vie de galère. Ayant reçu de nombreuses propositions d’adaptation au cinéma, elle écrit le scénario d’un film d’animation et le coréalise avec Vincent Paronnaud, issu lui aussi du monde de la BD. Les deux partenaires se livrent à un travail de réécriture durant trois ans pour aboutir à un film en noir et blanc d’1h 35 qui obtient le prix du Jury à Cannes en 2007 mais est censuré en Iran. Persepolis parvient à dire, dans un même élan, la censure politique, les désirs d’une jeune fille, la mémoire d’un pays, le besoin de racines. D’après Vincent Paronnaud, « certaines références sont claires : on a fait un travail minutieux à partir de photographies de Vienne, de Téhéran, et Les Affranchis de Martin Scorsese nous ont aidés pour le rythme du montage et l’utilisation de la voix off. Parfois, l’inconscient est également remonté : lorsqu’on nous présentait les décors, on nous citait toujours Le Cabinet du docteur Caligari de Robert Wiene (1924) ou Nosferatu de F.W. Murnau (1922). » Condensé de L’Est Républicain, 27 juin 2007 et de L’Express n° 2921, 28 juin 2007. 2. Le Cantique de Meméia
Heloneida Studart est née en 1932 dans une famille aisée de Fortaleza, ville du Nordeste brésilien. Elle est devenue députée de l’Etat de Rio de Janeiro sous la bannière du parti des Travailleurs (PT) en 1978, un siège qu’elle occupe encore à ce jour, chef de file des élus du PT dans une assemblée où elle préside aussi la commission permanente de défense des droits de l’homme. Militante féministe et syndicaliste très active avant de devenir députée, fondatrice du Centre de la femme brésilienne en pleine dictature militaire, elle a été aussi brièvement emprisonnée, en 1969, pour activité littéraire et syndicale « subversive ». Elle a quitté sa famille à 19 ans, son premier roman sous le bras, et a reçu quatre ans plus tard un prix de l’Académie brésilienne des lettres pour son deuxième texte, Diz-me o teu nome, soit Dis-moi ton nom, publié en 55. En 69, est paru Deus nao paga em dolar (Dieu ne paie pas en dollars). Très longtemps journaliste, H. Studart a aussi écrit des textes pour la télévision, des pièces de théâtre et des essais féministes, notamment le petit Muhler, objeto de cama e mesa (La Femme : objet de lit et de table), qui fut un best-seller au Brésil. Il s’agit d’un très court ouvrage fondé sur sa propre expérience, où elle dénonce, entre autres, « le monde gélatineux et peuplé d’enfantillages dans lequel vivent la majeure partie des femmes qui ne travaillent pas », au Brésil. Elle est l’auteur de neuf romans. Dans Le Cantique de Meméia, roman paru en 1975 au Brésil, puis traduit en français, elle explore, sous des traits empruntés à sa propre biographie, la faille sociale qui traverse le Brésil, celle-là même qui l’a poussée vers l’action politique. Ce roman n’est pas seulement une œuvre de combat, plutôt le tableau plein de sortilèges d’un monde à l’écart du temps, immobile à force de rites et de superstitions. Un monde où l’horreur le dispute au merveilleux. 3. La Rédaction Né à Antofagasta en 1940, Antonio Skarmeta a dû quitter en 1973 le Chili, où il était professeur à l’université de Santiago. Scénariste et cinéaste, il a vécu en Europe et aux Etats-Unis. Il est actuellement ambassadeur du Chili en Allemagne. Ses recueils de nouvelles et ses romans ont été publiés dans plus de 20 langues. Il est l’auteur en 87 d’Une ardente patience, dont a été tiré Le Facteur, avec Philippe Noiret dans le rôle de Pablo Neruda. On lui doit aussi T’es pas mort ! en 82, Le Cycliste de San Cristobal en 84 et La Noce du poète en 2001. |
Contexte politico-historique de Persepolis (extrait du Petit Larousse):
1979 : Mohammad Reza, chah (souverain) de la dynastie Pahlavi, au pouvoir en Iran depuis 1941, est renversé par l’opposition et obligé de quitter le pays. Une république islamique est instaurée, dirigée par l’ayatollah (chef religieux chiite) Khomeini, défendue par la milice des gardiens de la révolution (pasdaran). Il s’ensuit une crise avec les Etats-Unis (prise d’otages à l’ambassade américaine de Téhéran).
1980 : Bani Sadr est élu président laïc de la République ; l’Iraq attaque l’Iran.
1981 : Bani Sadr est destitué. Le pays connaît des vagues de terrorisme. L’Iran s’érige en « guide de la révolution islamique » à travers le monde, notamment au Liban.
1988 : un cessez-le-feu intervient entre l’Iran et l’Iraq.
Contexte politico-historique du Cantique de Meméia (extrait du Dictionnaire encyclopédique Larousse en 15 volumes, article « Brésil »)
L’ère de Vargas : la fermeture des marchés européens, l’effondrement des cours du caoutchouc et surtout du café, en 1929, entraînent la fin de la république des coronels (le pouvoir appartient alors aux oligarchies qui tiennent les terres et les hommes ; la culture du café est prépondérante, assurant la prospérité, avec le blé et le caoutchouc). Le chef des libéraux, Getulio Vargas, homme du Sud, constitue un gouvernement provisoire et dictatorial, suspend la Constitution de 1891, réprime un mouvement insurrectionnel à Sao Paulo, qui réclame son autonomie (1932), se fait élire président pour quatre ans et impose le vote d’une nouvelle Constitution (1934) prévoyant la désignation d’un Parlement en partie représentatif, en partie corporatif. Le caractère dictatorial du régime s’accentue encore quand, en 1937, le président Vargas licencie le Congrès, dissout les anciens partis et devient, en vertu d’un plébiscite, dictateur du Brésil pour six ans. C’est le début de l’Estado Nôvo, qui s’appuie sur le peuple et la bourgeoisie des villes contre les grands propriétaires fonciers. Le 30 octobre 45, le général Vargas est déposé par un groupe de généraux et, en 46, une nouvelle Constitution démocratique et fédéraliste est adoptée. En 51, Vargas redevient président, mais l’opposition déchaîne contre lui une violente campagne qui le conduit au suicide en 54. Plusieurs présidents se succèdent, dont Janio Quadros, déposé par les militaires en 64.
Les présidences militaires : un régime militaire strict se met alors en place. Des actes institutionnels amendent dans un sens autoritaire la Constitution libérale et une épuration sévère frappe les milieux oppositionnels. Les partis politiques traditionnels sont interdits et remplacés par l’officielle Arena (Aliança Renovadora Nacional) et le président reçoit des pouvoirs exceptionnels au détriment du Congrès et des Etats (Constitution du 30 octobre 1969). Les présidents sont tous des militaires jusqu’en 85 : les maréchaux Castelo Branco (64-67) et Costa e Silva (67-69) et les généraux Garrastazu Médici (69-74), Geisel (74-79) et Figueiredo (79-85).
Leur politique est axée sur la lutte contre la subversion, sur le développement industriel et, tout en maintenant de bons rapports avec les Etats-Unis, la recherche d’une certaine indépendance nationale.
Le retour à la démocratie : l’élection à la présidence de la République, le 15 janvier 85, de Tancredo Neves consacre le retour à la démocratie.
Contexte politico-historique de La Rédaction (extrait du Petit Larousse) :
1973 : le candidat de la gauche Salvador Allende remporte les élections présidentielles, mais il est éliminé par une junte militaire. Le général Augusto Pinochet, « chef suprême de la nation », instaure un régime d’exception : état de siège, tortures, emprisonnements politiques, disparitions …
1980 : une nouvelle Constitution confirme le caractère autoritaire du régime, confronté à une contestation grandissante.
1988 : Pinochet organise un plébiscite visant à assurer la reconduction du régime en place. Le « non » l’emporte, mais Pinochet décide de rester à la tête de l’Etat jusqu’en 1990, terme légal de son mandat.
Le retour à la démocratie : le 11 mars 1990, à la suite à d’élections démocratiques, Pinochet cède son poste de président de la République au démocrate chrétien Patricio Aylwin, élu à la tête d’une coalition, la Concertación, englobant les héritiers du socialisme d’Allende. Pinochet demeure encore sept ans chef des armées. Aylwin doit remettre en place la démocratie, établir une nouvelle politique nationale, maintenir la bonne santé économique du pays (sans mettre en cause le néolibéralisme instauré sous Pinochet), réduire de façon importante la pauvreté. Enfin, fait le plus important pour les Chiliens, l’armée doit reconnaître les violations des Droits de l’Homme commis pendant la dictature.
Pinochet meurt en 2006, alors que les procédures judiciaires engagées contre lui n’ont pas encore abouti.
Français Bac Pro : "Même les Chinoises n'ont plus les pieds bandés" de Jeanne Benameur : l'argumentation, la condition féminine
« MÊME LES CHINOISES N’ONT PLUS LES PIEDS BANDES » in LE RAMADAN DE LA PAROLE de Jeanne BENAMEUR, p. 7-23
OBJECTIF : étudier l’argumentation (en liaison avec une séquence sur la condition de la femme) et, plus particulièrement, l’expression du refus, comment faire partager une révolte.
BENAMEUR, Jeanne. Le Ramadan de la parole, Actes Sud Junior, coll. « D’une seule voix », 2007. 978-2-7427-6689-5. 7,80 €.
Née en 1952 en Algérie d'une mère italienne et d'un père tunisien, Jeanne Benameur quitte l'Algérie à l'âge de cinq ans pour s'installer avec sa famille à La Rochelle. Professeur de lettres, elle exerce ce métier avec passion. Auteur jeunesse, Jeanne Benameur publie de nombreux livres, notamment chez Thierry Magnier et aux Editions du Seuil. Sa triple origine est l'une de ses sources d'inspiration même si elle n'écrit qu'en français. Avec son roman Les Demeurées (Denoël, 1999) elle fait une entrée remarquée sur la scène littéraire.
1. Etude du texte.
Relever les indices spatio-temporels : en 1920 (donc après la Première Guerre mondiale), une jeune fille, dont le lecteur ignore l’âge exact, mais qui est sans doute mineure (moins de 21 ans) a été enfermée dans sa chambre par sa mère car elle refuse les contraintes imposées à son sexe. Elle s’est révoltée en particulier parce que sa mère voulait lui confisquer ou lui détruire ses livres. Elle a hurlé : « Même les Chinoises n’ont plus les pieds bandés ! » et lui a jeté son corset à la figure. Ce texte est un cri de révolte argumenté.
Possibilité de dissimuler les deux premières phrases et de faire deviner à quelle époque se situe le récit.
Relever les sujets de discorde entre les deux femmes (la jeune fille veut être libre alors que sa mère veut qu’elle soit « une jeune fille de bonne famille ».)
L’EDUCATION PRODIGUEE PAR LA MERE |
CE QUE VEUT LA JEUNE FILLE | |
Mode |
Sa fille doit porter un corset, des bas de soie et un chapeau. |
Elle refuse le port du corset et aime les cheveux libres. |
Manières |
Les jeunes filles doivent parler avec mesure et ne pas regarder droit dans les yeux. |
Elle souhaite vivre libre. |
Activités |
Une jeune fille de bonne famille fait de la broderie, apprend à surveiller la cuisinière et la femme de chambre, joue du piano et rêve du mariage. |
Elle veut lire et s’instruire, apprendre et voyager. Elle veut devenir médecin et aller soigner ceux qui en ont besoin dans le monde entier. |
Lectures |
Une jeune fille ne doit pas lire d’histoires d’amour ni de livres documentaires; elle doit lire la Bible. |
Elle doit lire tout ce qu’elle a envie de lire. |
Conception de la société |
Les classes sociales ne doivent pas se mélanger. La société doit rester figée. |
Il doit y avoir une mixité sociale, une évolution de la société. |
Relever au passage le champ lexical de la religion : malédiction, une bonne chrétienne, dieu, offensée, la sainte croix, les Evangiles, prier, églises, la sainte Bible, bénédiction… qui montre l’influence du catholicisme dans l’éducation et la vie de tous les jours.
Comment la ponctuation et la typographie reflètent-elles la révolte de la jeune fille ? points d’exclamation et d’interrogation, MON temps (p. 12) écrit en lettres majuscules.
Par quels faits la jeune fille exprime-t-elle sa révolte concrètement ? Elle arrache les feuilles de la Bible, elle a appris à lire à la fille de la cuisinière, elle va écrire sur les murs.
Conclusions : synthèse sur l’expression de la révolte ((procédés utilisés); quel portrait moral nous est donné de la femme bourgeoise au début du XXe siècle ? une femme soumise au mari qu’on lui a choisi par intérêt, destinée à procréer et à gouverner les domestiques.
A expliquer :
La coutume consistant à bander les pieds des Chinoises : tout d'abord pratiquée dans certaines parties de la Chine médiévale sur des jeunes femmes, elle s'étendit progressivement et persista jusqu'au début du XXe siècle où elle fut interdite.
Certains, comme Sigmund Freud, considérèrent cette pratique comme du fétichisme, car elle avait lieu pour des raisons esthétiques, de la même manière que les femmes modernes portent des talons hauts malgré l’inconfort qu'ils leur font subir.
Les pieds des petites filles, en général à l’âge de six ans, mais souvent plus tôt, étaient enveloppés de bandages serrés de telle manière qu’ils ne pouvaient pas se développer normalement et se déformaient au fur et à mesure qu'elles grandissaient.
Même à l'âge adulte, le pied restait petit et dysfonctionnel, enclin à des surinfections, des paralysies, et des atrophies musculaires. C'était à l’origine une pratique courante dans les milieux aisés de Chine, en particulier dans le Nord du pays.
Cependant, à la fin de la dynastie Qing, on pouvait voir des femmes aux pieds bandés dans toutes les classes sociales, à l'exception des plus misérables et du groupe des Hakka, chez qui les femmes assumaient une partie des travaux dévolus aux hommes dans les autres ethnies.
La condition des femmes pendant les Années folles (1919-1929 environ) : « après l'Age d'or du féminisme, ces années de la Belle Époque marquées par un formidable désir d'émancipation un peu partout en Europe, la Grande Guerre avait, comme toutes les guerres, opéré une implacable remise en ordre des sexes. Pendant quatre ans, elle avait mis les femmes au travail, elles avaient remplacé les hommes aux champs, dans les bureaux, à l'usine, elles avaient rendu possible l'effort de guerre et la victoire ; mais, la paix venue, on les renvoyait au foyer, leur refusant toute émancipation, toute autonomie et jusqu'au droit de vote pour lequel elles devront attendre vingt-cinq ans encore et une autre guerre !
Les Années folles virent alors le déclin du féminisme et le retour à une stricte hiérarchie des sexes. La crainte de la masculinisation des femmes au travail qui va devenir une obsession en France, la méfiance des ouvriers et des syndicats, l'image tout à fait négative des femmes émancipées, symbolisées par La Garçonne (roman qui valut à son auteur, Victor Margueritte, d'être radié de la Légion d'honneur en 1922), toutes ces peurs sécrétées par une société qui voulait retrouver ses repères, vont contribuer à étouffer toute revendication. L'Éternel Féminin est de retour et les femmes sont fermement invitées à obéir à la Nature, c'est-à-dire à se soumettre à leur vocation d'épouse et de mère. Pour mieux les y contraindre, cette politique nataliste va s'inscrire dans une loi, qui bloquera pour elles toute chance d'échapper à la fatalité biologique et tout espoir de pouvoir prendre en main leur vie. Car non seulement la loi de 1920 aggrave la répression des pratiques abortives, mais elle interdit toute espèce d'information sur la contraception. Elle restera en vigueur pendant plus de cinquante ans et sera responsable de centaines de milliers d'avortements clandestins chaque année et de milliers de mortes. » (Extrait de Ainsi soit-elle de Benoîte Groult, Grasset, 1975)
le Cantique des Cantiques (p. 16): livre biblique (v. 450 av. J.-C.), recueil de chants d’amour symbolisant l’union de Dieu et de son peuple. La jeune fille entend choquer sa mère en posant le livre sur sa poitrine nue (attitude sacrilège) et en « proférant » des paroles d’amour.
2. Etude de l’argumentation.
(arguments, exemples …) D’une manière générale, dans une argumentation, un émetteur appelé argumentateur développe un point de vue, une opinion, que l’on appelle la thèse (ex : « La ville aux vélos ! » « Votez pour moi ! » « Cet homme est innocent. », « Aidez cette association ! ») L’argumentateur a pour but de convaincre ou de faire agir un destinataire, appelé également cible. Pour ce faire, il utilise des arguments pour prouver ce qu’il avance. Voici quelques types d’arguments : -l’argument par le recours aux faits : celui qui argumente cite un événement reconnu et admis par tous (un fait historique, une situation dont les conséquences sont évidentes …) -l’argument d’autorité : celui qui argumente cite le titre ou le contenu d’un ouvrage réputé, le nom d’un spécialiste ou d’une personne connue. -l’argument par les valeurs : celui qui argumente utilise des valeurs qui correspondent par exemple au bien ou au beau, à la vérité, à la justice … -le recours au bon sens : celui qui argumente fait appel au bon sens. il cite une explication que tout le monde accepte comme allant de soi. L’argumentateur peut aussi se servir d’exemples ou d’anecdotes pour illustrer. Voici quelques types d’exemples : - le cas concret : il expose une situation précise, réelle, irréfutable. Il peut s’agir d’un fait historique, donc vérifiable. - l’expérience vécue : elle se réfère à une expérience personnelle, à une anecdote vécue ou encore à un fait divers dont on a été témoin. - les données chiffrées : elles concernent des statistiques, des chiffres, des pourcentages accompagnés d’un commentaire. -la fable, le mythe : ils rappellent une histoire, une légende ou une morale connues du plus grand nombre et dont on peut tirer un enseignement. Pour donner de la force à son argumentation, celui qui s’exprime peut s’adresser directement à son destinataire. Voici quelques procédés d’interpellation : -les indices personnels :l’emploi des pronoms de la première personne, le « je » et le « nous », souligne l’origine du point de vue dans l’énoncé et insiste sur la présence et l’implication du locuteur. -les tournures impersonnelles : « il y a « , « c’est », « il s’agit de » effacent la présence du locuteur. -l’implication du destinataire : la référence à des valeurs partagées par le plus grand nombre, les fausses questions, les exclamations, les adresses directes, les effets de typographie et la mise en page sont autant de moyens pour emporter l’adhésion du lecteur. Le destinataire peut opposer à l’argumentateur des contre-arguments, appelés aussi objections. Celui-ci peut les rejeter, les refuser en présentant de nouveaux arguments : c’est la réfutation. LE SCHEMA DE LA COMMUNICATION
EMETTEUR MESSAGE RECEPTEUR ARGUMENTATEUR THESE CIBLE
Activités :
-identifier dans le texte l’argumentateur, la cible et une thèse (il y en a plusieurs, en rapport avec le féminisme : ex : je ne veux pas porter de corset ; la femme doit avoir une éducation plus moderne ; la femme est l’égale de l’homme ; elle doit pouvoir se marier librement …)
-relever un argument et, éventuellement, un exemple en rapport avec la thèse choisie. Dire de quel type d’argument il s’agit. (Parmi les exemples, on peut relever : Même les Chinoises n’ont plus les pieds bandés ; pendant l’horrible guerre que nous avons vécue, ce sont bien les femmes qui ont mené les maisons …)
-relever un argument et un contre-argument page 9 : Vous me reprochez d’avoir un cerveau et de m’en servir ! […] Pourtant je suis comme votre dieu m’a faite et qu’y puis-je s’il a placé sous mes cheveux […] un esprit […] ? = Mère : « Vous êtes une femme, vous ne devez pas penser ! » Fille : « C’est ce dieu que vous vénérez m’a douée de pensée. »
-relever trois exemples d’interpellation page 10 et dites à quel type ils appartiennent. C’est trop ?(exclamation) ; Je vous ai offensée (indices personnels) ; Mais vous n’avez pas le droit (adresse directe).
Expression écrite : à propos d’un sujet qui les révolte (sans-abris, guerre au Darfour, racisme …), les élèves écrivent une lettre argumentée en choisissant une cible et une thèse, et en réutilisant les procédés vus précédemment (au moins deux types d’arguments ; au moins deux exemples pour illustrer ; au moins deux interpellations).
3. Prolongements possibles :
Comparer l’éducation des filles en 1920 avec celle qui leur était prodiguée au XVIIIe siècle en lisant un texte de Mme de Lambert : Avis d’une mère à sa fille (1728). (Plusieurs philosophes et écrivains des Lumières ont en effet plaidé pour la dignité de la femme : Condorcet dans son Essai sur les femmes (1787), Diderot dans Sur les femmes (1772), Marivaux dans La Colonie ou la Ligue des femmes (1729) …)
Constatez-vous une évolution de la situation entre le XVIIIe siècle et le début du XXe siècle ? Quels reproches communs Mme de Lambert et la jeune fille créée par J. Benameur adressent-elles à l’éducation que l’on donne aux filles ? J. BENAMEUR : port d’un corset, d’un chapeau, bonnes manières/Mme DE LAMBERT : on les destine à plaire, on ne leur donne des leçons que pour les agréments.
J. BENAMEUR : Vous me reprochez d’avoir un cerveau et de m’en servir !/Mme DE LAMBERT : [Les hommes] veulent que nous ne fassions aucun usage de notre esprit ni de nos sentiments.
C’est le couturier Paul Poiret qui a libéré les femmes du corset dans les années 1920. Citez d’autres exemples d’émancipation des femmes au XXIe siècle.
Subsiste-t-il au XXIe siècle certaines des contraintes dénoncées par la jeune fille dans le texte de J. Benameur ? Dans quelles sociétés ? Effectuez des recherches sur Internet et dans les ouvrages documentaires du CDI.
06 juillet 2007
Français Bac Pro : "Liberté zéro", chanson de Pierre Perret : la liberté de la presse
ETUDE DE LA CHANSON LIBERTE
COMPOSEE ET INTERPRETEE PAR Pierre PERRET
OBJECTIF: dans le cadre d’une séquence pédagogique sur la presse, réfléchir aux droits et devoirs des journalistes.
1. Audition de la chanson : quel est le style musical ? Quels sont les instruments
utilisés ? (contrebasse, flûte, violon ...) Le refrain est interprété par un choeur. Faire
remarquer les coups d’archet qui accompagnent le dernier refrain et créent une ambiance dramatique. Quel est le thème abordé ?
2. Structure de la chanson : la chanson est composée de 9 couplets (quatrains) et d’un refrain. Le nombre de syllabes de chaque vers est irrégulier (de 9 à 12 syllabes) pour évoquer la situation cahotique de la liberté de la presse dans le monde (menacée à des degrés divers). Les rimes, généralement masculines, sont croisées ou plates.
3. Interprétation du sens :
- élucider les références culturelles ou allusions à l’actualité :
La Fondation Hirondelle
Par ailleurs, L’Hirondelle est aussi le nom d’une publication de République centrafricaine dont le directeur a été, en mars 2004, condamné à six mois de prison ferme et à une amende de 200 000 CFA (300 euros) pour « offense au chef de l’Etat ». Un article incriminé accusait le président de détourner une grande partie des fonds publics à des fins personnelles. Selon Reporters sans frontières, « sa condamnation est excessive et constitue une grave atteinte à la liberté de la presse. »
Dans cette chanson, l’hirondelle symbolise la liberté comme la colombe de Picasso est symbole de paix.
Ecrit ton nom Liberté : allusion au poème Liberté de Paul Eluard (1942)
Place Tian An Men : le 4 juin 1989, sur cette place (« porte de la paix céleste »), des jeunes et des étudiants manifestent pacifiquement pour demander des réformes démocratiques. Les dirigeants de la Chine
Liberté, égalité, fraternité : devise de la République
stylos acérés : référence à une campagne d’affichage d’Amnesty International et à un slogan de cette organisation : « scier des barreaux avec des stylos »
Shéhérazade : personnage de fiction, conteuse des Mille et Une Nuits
-relever les images qui font appel à l’émotion : le sang n’a pas séché ; croupissent
en prison ; lapidation, lynchage et mains coupées
-relever l’ironie contenue dans certaines expressions : ces maladroits ; dangereux médias ; armés jusqu’aux dents de caméras et de stylos acérés
-remarquer l’élargissement du thème, de la liberté de la presse à la liberté d’expression en général.
Cf. Entretien avec Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières (Vivement dimanche prochain, émission diffusée le 23 avril 2006 sur France 2) : « Quand on arrête les journalistes, c’est qu’on arrête tous les gens qui pensent différemment du pouvoir. {...} La liberté de la presse ne va pas de soi dans un tiers des pays du monde. {...} Quand on ne tolère pas la liberté de la presse, on ne tolère pas la liberté des femmes, on ne tolère pas la liberté religieuse ; toutes ces libertés vont ensemble. La liberté de la presse, c’est un baromètre des autres libertés et quand on ne respecte pas la liberté de la presse, ça veut dire qu’on ne respecte pas les femmes, qu’on ne respecte pas les croyances des uns et des autres, qu’on ne respecte pas le droit d’avoir un parti politique, de se syndiquer, de descendre dans la rue. »
-conclure sur les procédés d’écriture utilisés par l’auteur pour sensibiliser le public à la nécessité de la liberté d’expression dans le monde.
Questions annexes :imaginez des questions mal choisies ou qui dérangent. Cette chanson est-elle optimiste ou pessimiste ? Qu’est-ce qu’une chanson engagée ? C’est une chanson qui prend parti, qui défend une cause en dénonçant des problèmes, des injustices, éventuellement en en révélant les causes et en proposant des solutions alternatives.
Citez des exemples : les chansons caritatives comme Les Restos du coeur (J.-J. Goldman, 1986)
4. Recherches documentaires sur la liberté de la presse dans le monde :
-les textes fondateurs de la liberté de la presse en France : site www.2presse.ac-versailles.fr/Textes/Liberte.htm
-présentation de Reporters sans frontières : site www.rsf.org
-citer 5 pays où la liberté de la presse n’est pas respectée. Quelles sanctions les journalistes encourent-ils ? D’autres libertés ne sont-elles pas respectées dans ces pays ?
5. Production écrite : en vous référant à la chanson Liberté Zéro et en faisant une synthèse des recherches documentaires, vous expliquerez en une quarantaine de lignes pourquoi la liberté d’expression est importante dans un pays et quelles formes elle peut prendre.
PETITE BIBLIOGRAPHIE SUR LA LIBERTE DE
LA PRESSE
LA LIBERTE DE
LA PRESSE
« Tunis : intimidation au sommet » : Le Nouvel Observateur 2141, 17 novembre 2005, p. 72.
« Journalistes en prison » in Clés de l’actualité 640, 10 novembre 2005, p. 3.
« La liberté de la presse » in L’Ecole des lettres des collèges 7, mars 2005, p. 3-34.
« Quels sont les risques d’informer ? » in Clés de l’actualité 609, 24 février 2005,
p. 6.
« Répression contre la dissidence à Cuba » in Clés de l’actualité 528, 24 avril 2004, p. 3.
« Presse : état des lieux » : TDC 868, 15 janvier 2004.
« Presse : quelle liberté ? » in Clés de l’actualité 552, 20 novembre 2003 (dossier).
« Liberté de la presse » in Clés de l’actualité 529, 1er mai 2003 (dossier).
12 juin 2007
Français Bac Pro : "Cabu politiquement incorrect"
CABU POLITIQUEMENT INCORRECT, DOCUMENTAIRE DIFFUSE
LE 21 SEPTEMBRE 2006 SUR FRANCE 5 – DUREE : 53 mn
OBJECTIF : dans le cadre d’une séquence sur la presse, étudier le dessin satirique et les méthodes de travail d’un caricaturiste.
1. Présentation aux élèves d’une courte biographie de Cabu et élucidation d’informations contenues dans le documentaire pouvant leur poser un problème de compréhension.
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Cabu Cabut, Jean 3439 Né à Châlons-en-Champagne (Marne) le 13 janvier 1938, Jean Cabut, mieux connu sous le pseudonyme de Cabu, suit des études artistiques à Paris et publie ses premières illustrations en 1954, dans L'Union. C'est dans les rangs de l'armée française qu'il vit la guerre d'Algérie, durant laquelle il dessine dans Bled, une publication militaire. En février 1961, il entre à Hara-Kiri (« l’hebdo bête et méchant ») qui sera interdit par la censure en 1970 et reparaîtra sous le titre Charlie Hebdo. En 63, il rejoint un autre journal, Pilote, dans lequel il développe le personnage de Duduche, inspiré de ses souvenirs de collégien. Caricaturiste accompli et dessinateur politique, Cabu a disséminé son oeuvre dans d'innombrables publications. Depuis 1982, il est un collaborateur régulier du Canard Enchaîné. |
Définir également les mots critique, dérision, humour, ironie, satire …
2. Les élèves visionnent le documentaire en répondant aux questions suivantes :
1. Donnez votre propre définition de caricature puis cherchez dans un dictionnaire la définition de ce mot. Relevez les définitions de caricature et caricaturiste données par les dessinateurs dans le documentaire.
Selon Jean-Claude Guillebaud (journaliste et éditeur), le caricaturiste est quelqu’un qui nous empêche de dormir d’être paresseux, d’être frileux. Selon Cabu, le caricaturiste dessine à partir d’une indignation, petite ou grosse, il se défoule, c’est un exutoire. La caricature, c’est chercher la grimace qu’il y a en chacun de nous et la développer. C’est quelqu’un qui est engagé. Il y a des gens qui n’ont pas de grimace, mais on s’en aperçoit si on fait un instantané, on voit une grimace que l’œil ne voit pas. On peut exagérer dans un sens ou dans un autre une caricature : on peut exagérer dans un sens ou dans un autre une caricature : on peut faire les femmes trop belles ou pas assez.
2. Comment Cabu s’y prend-il pour « croquer » ses personnages ?
Il se rend souvent sur les lieux d’un événement, par exemple : le déjeuner des parlementaires UMP à l’Elysée avec J. Chirac, le voyage à Lourdes de Jean-Paul II en 83. On le voit également s’inspirer d’une statue du général de Gaulle pour un dessin. On suppose qu’il lit aussi beaucoup la presse et regarde la télévision.
3. Quelles institutions combat-il dans ses dessins ? Que leur reproche-t-il ? Citez un exemple de dessin dans lequel il ridiculise une institution.
-l’armée : il déplore la bêtise des gradés et du contingent : « Toutes les tares, tu peux les apprendre à l’armée. » Il considère que la guerre d’Algérie a été une guerre pour rien. Il déplore aussi les pouvoirs exorbitants d’un adjudant qui peut envoyer des soldats se faire tuer. Il est donc antimilitariste.
-l’Eglise : selon Cavanna, la religion empêche les hommes de s’affranchir, de penser, d’être libres. Il conteste ce besoin d’un grand-père qui soit là-haut, dominateur, quelle que soit la religion. Selon Cabu, si l’on croit en Dieu, il n’y a plus besoin de se battre, de faire la révolution ; il faut attendre son heure car tout est commandé de là-haut, il n’y a plus qu’a attendre la mort puisque là-haut ça sera mieux. Il est anticlérical.
-la société de consommation (avec ses conséquences : automobiles, centrales nucléaires, bétonnage …)
-la politique et les hommes politiques, sauf les parlementaires qu’il respecte.
Il distingue dessin de société et dessin politique.
4. D’après Cabu, est-il plus facile ou plus difficile de faire des dessins satiriques dans les années 1970 ou aujourd’hui ?
Il y a des arguments pour et des arguments contre. Dans les années 70, c’était plus risqué car la censure pouvait décider d’interdire une publication. Il était inconcevable de poser des questions dérangeantes à un ministre ou un président. Depuis 1974, aucun chef d’Etat n’a eu recours à la censure, ce qui laisse plus de liberté aux caricaturistes mais il est également tentant de braver la censure. Aujourd’hui, les personnalités politiques sont moins drôles qu’hier car elles attachent beaucoup d’importance à leur image.
5. Quelles sont les caractéristiques du « beauf’ », personnage créé par Cabu ? Il invente le premier monstre ordinaire en la personne du beauf’. Celui-ci est bête, sentencieux, prétentieux, dominateur, automobiliste, inculte, téléspectateur, gros, con, fermé sur lui-même, content de lui, lâche, renfermé dans la forteresse de sa suffisance et de sa connerie. Ce côté autiste du beauf’ est terrifiant. Il est le prototype de l’ivrogne. Il a une gueule de taré, de débile mental, il est le symbole de la connerie de Monsieur Toutlemonde.
Guerre d'Algérie (1954-62) : conflit qui opposa, en Algérie, les nationalistes algériens au pouvoir d'Etat français.
Guerre d'Indochine (1946-54) : conflit qui opposa la France aux nationalistes vietnamiens.
Alors tu seras un homme mon fils : titre d'un poème de l'écrivain britannique Rudyard Kipling
(1865-1936)
gégène : méthode de torture à l'électricité, utilisée pendant la guerre d'Algérie.
tabou : sujet qu'il n'est pas convenable d'évoquer, pour des raisons sociales ou morales.
Les Onze mille verges de Guillaume Apollinaire : roman de 1907 comportant des passages pornographiques.
Mai 1968 : vaste mouvement de contestation politique, sociale et culturelle qui se développa en France.
Charles de Gaulle (1890-1970) : général et homme politique français. Chef de la France libre pendant la Deuxième Guerre mondiale, fondateur de la Ve République, président de la République de 1959 à 1969, décédé en 70, il repose à Colombey-Les-Deux-Eglises, commune de la Haute-Marne.
Valéry Giscard d'Estaing (1926) : homme politique, président de la République de 1974 à 81.
François Mitterrand (1916-1996) : homme politique, président de la République de 1981 à 1995.
militant : qui lutte, combat pour une opinion, un parti.
Larzac : plateau calcaire du Massif central, dans le sud de la France. En 1971, le gouvernement français décida d'y agrandir un camp militaire. Les agriculteurs s'opposèrent à ce projet, qui fut finalement annulé en 1981 par François Mitterrand.
Malville (Creys-Malville) : commune de l'Isère où eurent lieu, à partir de 1976, des manifestations antinucléaires.
Art. 26 de la loi du 29 juillet relative à la liberté de la presse : L'offense au Président de la République par l'un des moyens énoncés dans l'article 23 (discours, écrits, communication audiovisuelle) est punie d'une amende de 300 000 F. Les peines prévues à l'alinéa précédent sont applicables à l'offense de la personne qui exerce tout ou partie des prérogatives du Président de la République.
Renaud : Renaud Séchan est né à Paris le 11 mai 1952, d'une mère ouvrière et d'un père professeur d'allemand et auteur de romans policiers à ses heures. Plutôt mauvais élève, Renaud s'engage, très jeune, dans le militantisme, faisant partie de ceux qui occupent la Sorbonne lors des événements de Mai 1968. En 77, il se fait connaître du jeune public avec son album Renaud (Laisse béton). Auteur engagé, il bouscule la société, avec ses textes incisifs. Les tubes s'enchaînent au cours des années 80 : Dans mon HLM, Mon Beauf, Morgane de toi ... Début 90, Renaud devient acteur, notamment dans Germinal et rend hommage à Brassens, avec Renaud chante Brassens, en 1995. Il participe régulièrement aux combats caritatifs, avec "Les Enfoirés", mais aussi avec l'association "Germinal", pour la création d'entreprises en milieu défavorisé.
dissident : qui se place en situation de rupture au sein d'une communauté.
croquer : dessiner rapidement, peindre sur le vif.
