28 juillet 2007
Histoire BEP : film documentaire "Paris couleurs : un siècle d'immigration en images" : les stéréotypes racistes
PARIS COULEURS : « UN SIECLE D’IMMIGRATION EN IMAGES », FILM DOCUMENTAIRE DE Pascal BLANCHARD ET Eric DEROO (Production Image & Compagnie, 2005) REDIFFUSE LE 23 JUILLET 2007 SUR FRANCE 3 –
DUREE : 1 h 00 -
PROPOSITION D’EXPLOITATION DES 28 PREMIERES MINUTES.
OBJECTIF : en relation avec le cours sur la colonisation et la décolonisation, étudier l’origine des stéréotypes sur les Africains, les Asiatiques, les Maghrébins.
Ce film documentaire, entièrement construit à partir d’images d’archives, est disponible au CDDP de la Loire-Atlantique.
Première, deuxième, troisième générations. Français issus de, immigrés, enfants et petits-enfants venus des anciennes colonies françaises ou des DOM-TOM, tous aujourd’hui se réclament d’une histoire et d’une mémoire. Ils sont désormais 9 millions en France et, contraints d’endosser d’incontournables stéréotypes, ils se retrouvent systématiquement enfermés dans des vieux clichés, ceux des trois couleurs des indigènes de l’Empire colonial français : le noir, le jaune et le brun. Des stéréotypes fabriqués de toutes pièces et fixés dès la fin du XIXe siècle par le cinématographe. […] Fantasmes collectifs, clichés paternalistes et racistes, exploitation politique ou médiatique, ces stéréotypes ont été fabriqués et largement nourris par notre imaginaire. C’est cette histoire qui va vous être racontée : l’histoire de la construction de ce regard et de ses contradictions qui se sont développées tout au long du siècle au cœur de Paris, à la fois ville des libertés et métropole du Second Empire colonial du monde. Du brave tirailleur venu combattre pour une improbable mère patrie aux dociles indigènes bientôt travailleurs immigrés, des artistes aux étudiants, des souverains triomphants aux exilés pourchassés, du péril asiatique au mythe Black Blanc Beur, ces centaines de milliers de migrants ont eux aussi fait Paris. Et l’Histoire continue de s’écrire … |
DEROULEMENT :
1. Visionner le début du film (jusque dans les années 30) en remplissant ce tableau qui permet de répertorier les stéréotypes associés aux immigrés en France dès la fin du XIXe siècle, et les événements qui les ont fait naître.
EVENEMENTS, INVENTIONS, ARTISTES PRODUCTEURS DE STEREOTYPES |
STEREOTYPES ASSOCIES AU NOIR (Africain, Antillais …) : qualités et personnages types |
STEREOTYPES ASSOCIES A L’ASIATIQUE : qualités et personnages types |
STEREOTYPES ASSOCIES A L’ARABE : qualités et personnages types |
Introduction du documentaire cinématographe · Baignade de Nègres, film des frères Lumière tourné à Paris, au Jardin d’acclimatation en 1896) · films sur les fantasias · films d’actualités des années 20 · films d’actualités du milieu des années 30 : Les exotiques de la capitale |
corps noir, a le rythme dans la peau, est bon enfant un bon petit sauvage XXXXXXXXXXXXXX Les Africains jouent aux sauvages. On les inscrit dans un monde autre, lointain où ils ne sont ni tout à fait humains, ni tout à fait sauvages. Dans tous les cas, différents de nous. danseur, rythme dans la peau, aime exhiber son corps |
mystérieux et travailleur derrière sa couleur jaune, regard impénétrable XXXXXXXXXXXXXX XXXXXXXXXXXXXX mystérieux, trafiquant d’opium, introverti, vivant replié en communauté XXXXXXXXXXXXXX |
brun, fanatique et dangereux, en revendication permanente XXXXXXXXXXXXXX image de guerrier, ennemi redoutable Un soldat marocain travesti danse pour divertir ses camarades et surtout les spectateurs des actualités. rites religieux folkloriques (on ne dénonce pas encore son fanatisme) ; le commerçant arabe : on insiste sur son habitude de petit négoce et on fixe pour longtemps la caricature de l’Arabe marchand de tapis |
expositions : · exposition universelle de 1900 · exposition coloniale de 1931 |
Comment le continent est présenté : sauvage mais domestiqué cannibales, anthropophages kanaks ; fidèle tirailleur mis en scène comme un grand enfant sur les bancs d’une école : il apprend l’alphabet de la République. |
Comment le continent est présenté : étrange XXXXXXXXXXXXXXXX |
Comment le continent est présenté : le Maghreb est excluXXXXXXXXXXXXXXXX |
cabarets, théâtres cinématographiques |
le Nègre est associé au ridicule à cause du célèbre clown Chocolat ou le Nègre aux yeux en boules de loto aux côtés de son comparse le Blanc noirci au cirage De la grosse farce, on passe vite au cauchemar nègre : Dranem, grande vedette du cinéma muet, l’expérimente dans le premier film de fiction où apparaît un Noir : on frissonne de terreur à la pensée du métissage. |
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danseuse langoureuse (interprétée par une Européenne grimée), magicien sorti des Mille et Une Nuits |
Palais des féeries chinoises |
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magiciens japonais, serviteurs indochinois dociles, fumeurs d’opium : l’Asiatique est associé au vice et au mystère |
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Première Guerre mondiale : mythologie de la force indigène. Chacun est utilisé selon les qualités présumées de sa race, selon le rôle qu’on lui a attribué : |
Les Africains, jugés forts, obéissants et très résistants, sont engagés dès les premiers jours. On compte aussi des Malgaches, Antillais et Canaques. |
Les Indochinois, jugés trop fragiles pour la guerre, sont utilisés comme infirmiers, conducteurs, mécaniciens, dockers ou jardiniers au château de Versailles. On recrute des Chinois pour compenser le manque de bras dans l’industrie de guerre. Chinois et Indochinois se fondent rapidement dans le même imaginaire : ils sont mystérieux et travailleurs. |
Les Maghrébins, dont on se méfie, parce qu’on les juge fanatiques et guerriers, sont 170 000 à être acheminés au front sur les 300 000 mobilisés et se révèlent d’extraordinaires combattants, à condition d’être toujours solidement encadrés. |
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« Y’a bon Banania » : tirailleur Noir aux yeux en boule de loto, grand enfant, parlant mal le français |
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jazz au « Bal Nègre » et à la « Cabane Bambou » chanteuse et danseuse Noire américaine Joséphine Baker (années 1920) boxeur, danseur et chanteur Al Brown |
sauvagerie noire, image d’un corps noir qui s’agite mais jamais celle d’un cerveau qui pense, bêtes de scène mais qui restent sauvages |
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Oralement :
2. La mise en scène de l’autre : récapituler les différentes manières dont l’étranger est mis en scène :
-dans le film Baignade de Nègres, des enfants plongent sans relâche pour repêcher des pièces
-l’Exposition universelle de 1900 propose un spectacle fabriqué dans un décor de carton pâte avec des tranches de vie reconstituées d’où émerge la vision d’un continent africain sauvage mais domestiqué, un Orient étrange dont l’Arabe est physiquement exclu. Des familles françaises entières se pressent pour découvrir, derrière des grillages, les mystères de la vie cinghalaise. Mais si les regards sont empreints d’une vraie fascination pour l’exotisme, une barrière s’établit durablement entre spectateurs et exhibés : les indigènes sont face à nous, mais loin.
-Des danses sont filmées selon des chorégraphies inventées par des opérateurs européens, et les rôles féminins sont traditionnellement interprétés par des hommes ou ce sont des Européens qui jouent le rôle d’étrangers.
-Des figurants costumés sont exhibés lors de l’exposition coloniale de 1931. Les prétendus anthropophages kanaks présentés sont en réalité des instituteurs, des fonctionnaires, des artisans, des paysans, des anciens combattants.
Dans quel but ? il faut convaincre les Français de la mission civilisatrice de leur généreux pays, de sa supériorité sur ces peuples colonisés ; flatter le goût de la population française pour l’exotisme. On préfère assigner à ces indigènes un rôle d’ « étranges étrangers » plutôt que de se poser la question de leur place dans la société française. La présence des travailleurs étrangers (clandestins ou ayant un permis de travail) au quotidien dans la société est une réalité qui ne semble pas assez distrayante ou colorée aux yeux du cinématographe pour en colorer sa pellicule, et demeure donc à peine visible. Il s’agit, lors de l’exposition coloniale de 1931, d’idéaliser l’œuvre de la France dans les colonies.
Dans quelle mesure cette mise en scène est-elle complètement contraire à la réalité ? Citer trois exemples.
- On compte à Paris près de 4000 travailleurs : artistes, étudiants et commerçants. Le métro est en partie creusé par une main-d’œuvre kabyle, qui n’a rien à voir avec les guerriers des fantasias.
-Les prétendus anthropophages sont d’honnêtes citoyens.
-L’exposition de 1931 permet aux badauds un paisible tour du monde colonial tandis que l’Empire colonial français connaît guerres et révoltes au Liban, au Maroc et, depuis peu, en Indochine.
3. Conclusion : quel regard est porté par les Français sur les autres populations ? Est-il toujours le même ou change-t-il selon les peuples considérés ? C’est un regard supérieur, condescendant, paternaliste, raciste … On sourit de l’Africain ou on a peur de lui ; on se méfie du Maghrébin, on trouve l’Asiatique bizarre.
Montrer que ces stéréotypes sont nés de la volonté des Français, à cette époque, de mettre en scène, de travestir la réalité alors qu’aujourd’hui les films documentaires ethnographiques, sans prétendre à l’objectivité, présentent les peuples dans leur milieu naturel et informent sur leurs coutumes avec un plus grand souci de réalisme.
4. En quoi le film documentaire Paris couleurs illustre-t-il (ou pas) cette définition du stéréotype ?
« Les stéréotypes sont des images que l’on a de son propre groupe national (autostéréotypes) ou des autres groupes nationaux (hétérostéréotypes). Ils peuvent se présenter sous forme de jugement indifférencié (favorable ou non) suggérant qu’à l’intérieur d’une catégorie comme la nation, tous les individus sont semblables sous un certain aspect. La plupart des hétérostéréotypes ne s’intéressent qu’à une civilisation réduite à son folklore ou ne font ressortir que les aspects sensationnels attribués à la nation étrangère. Quant aux stéréotypes, ils concernent un vécu, une mémoire propres à une nation donnée, et par la même sont chargés d’innombrables connotations culturelles et nationales. […] L’hétérostéréotype tend à faire apparaître la nation étrangère comme un bloc, une unité absolue. » « De l’utilisation des stéréotypes » in PORCHER, Louis et alii. La civilisation, Clé International, coll. « Didactique des langues étrangères », 1986, p. 60-66 |
5. Débat : quels stéréotypes ou préjugés subsistent encore aujourd’hui à l’encontre des populations d’origine immigrée ? Comment peut-on y mettre fin ?
En milieu scolaire : projets pédagogiques autour du respect de l’autre, échanges interculturels, voyages pour la mémoire (ex : à Auschwitz-Birkenau) …
dans la société : certains organismes et associations comme la Cimade (qui diffuse le Petit guide pour lutter contre les préjugés sur les migrants, téléchargeable sur www.assezdhumiliation.org) ou la Halde (www.halde.org), qui lance des campagnes de communication, s’efforcent de faire évoluer les mentalités.
Depuis octobre 2007, la Cité nationale de l'histoire de l'immigration (musée) a pour but de rappeler l'importance des apports étrangers en France. Adresse : Palais de la Porte Dorée 293 avenue Dausmesnil, 75012 Paris
A CONSULTER
Dans Cannibale (Folio 3290, Gallimard, 2006, 107 p. 978-2-07040883-2), Didier Daeninckx aborde la situation des Canaques (Kanaks : peuple de Nouvelle-Calédonie) présentés lors de l’exposition coloniale qui s’est tenue à Paris, dans le bois de Vincennes, en 1931.
Français BEP : "La lettre", sketch de Muriel Robin : le ton du discours
LA LETTRE : SKETCH DE Muriel ROBIN – DUREE : 9 mn
OBJECTIF : identifier le ton d’un discours.
Ce sketch figure sur le DVD Muriel Robin se plie en quatre – Coffret intégral (éditeur Mercury).
On vient de me remettre une lettre, je crois que c’est mon fiancé. Je vous demande deux petites minutes, hein ? Je voudrais être fixée … Je vérifie quand même. Ma chérie. C’est moi. Ma chérie, je t’écris d’Amsterdam où je me sens si seul sans toi. Je ne sais pas vivre sans toi. Je t’en supplie, ne me quitte pas. Il faut oublier, tout peut s’oublier. Il faut oublier ? Y a des trucs que j’ai bien en travers, moi, mais enfin, bon .. Qui s’enfuit déjà. Quoi, qui s’enfuit déjà ? J’comprends pas ce que ça veut dire. Excusez-moi, je suis un peu troublée, j’m’attendais pas à une lettre … Il faut oublier, tout peut s’oublier, qui s’enfuit déjà. Pour moi, ça ne veut rien dire ! Ah, d’accord. Il faut oublier, tout peut s’oublier. Qui s’enfuit déjà ? Qui s’enfuit déjà, on l’saura pas. Oublier le temps des malentendus et le temps perdu à savoir comment, oublier ces heures qui tuaient parfois à coups de « pourquoi » le cœur du bonheur. Des heures, des après-midi, des week-ends entiers, le jour, la nuit. Lui, c’est un garçon, ça ne le dérangeait pas de me réveiller à quatre heures du matin pour savoir si je l’aimais. Moi, à quatre heures du matin, je n’aime personne : je dors ! ça me donnait des palpitations … Alors, après. Ne me quitte pas, ne me quitte pas, ne me quitte pas, ne me quitte pas … ça me rappelle une chanson, moi, ça. Je sais : Serge Lama, Je suis malade. C’est ça, c’est toujours ces garçons qui vous font du chantage affectif, en fin de compte et c’est quand on s’en va qu’ils se rendent compte … Moi, je t’offrirai des perles. J’en veux pas de tes perles ! Il pense que c’est avec des cadeaux qu’il va rattraper le coup, lui. Il sait très bien que je vais aimer ça parce qu’une fois déjà on s’était disputés et il m’a eue comme ça. Avec une grenouille. Parce que je fais la collection de grenouilles. La semaine dernière, j’étais dans les Pyrénées, j’en ai trouvé une sur un petit marché. Elle est grande comme ça, elle est en faïence. D’accord … de pluie. C’est pas clair son truc, hein ? Moi, je t’offrirai des perles de pluie venues de pays où il ne pleut pas. Très fort ! Toujours plus malin que les autres ! Je creuserai la terre jusqu’après ma mort pour couvrir ton corps d’or et de lumière. Il faut quand même que je vous dise une chose importante : il se droguait déjà avant de me connaître. Je ferai un domaine où … Quand je lis ça, ça me fait un petit pincement au cœur parce qu’il voulait faire plein de choses et j’aimais bien ça. Justement, en lisant ça, j’ai une image très précise : un jour, il a déboulé dans la chambre, il me dit : « Oui, si j’avais un marteau, je cognerais le jour, je cognerais la nuit. » Je le connais, il y aurait mis tout son cœur, hein. Il voulait faire une ferme, une grange et puis une histoire de barrière. Il voulait mettre du monde là-dedans : son père, sa mère, ses frères et ses sœurs. Le bonheur ! Pour les projets, y avait du monde. Je l’attends encore, le domaine. Je ferai un domaine où l’amour sera roi, où l’amour sera loi, où tu seras … J’lis pas ce qu’il a mis … Où l’amour sera roi, où l’amour sera loi, où tu seras ruine. Ne me quitte pas, ne me quitte pas, ne me quitte pas, ne me quitte pas, ne me quitte pas. C’est pas que je les compte, hein ? Y en a quand même dix depuis le début. Je pense que c’est l’idée maîtresse de la lettre. Je t’inventerai des mots insensés que tu comprendras. C’est très gentil. Je te parlerai de ces amants-là qui ont vu deux fois leurs cœurs s’embraser. J’sais pas du tout pourquoi il me met ça, mais enfin … Ah si ! C’est des amis à nous, Madeleine et Emile. Bien sûr. Ils étaient ensemble, ils ont cassé, ils se sont plus vus et le jour où ils se sont revus, ploup !, c’est reparti. Belote et rebelote. Deux fois leurs cœurs s’embraser. C’est joli, d’ailleurs, comme histoire. Emile, je le vois peu, mais avec Madeleine on est carrément amies. D’ailleurs hier, je l’ai attendue, Madeleine. On devait aller au cinéma. Elle aime bien ça, Madeleine, alors .. La prochaine fois, je lui apporterai des … Je te raconterai l’histoire de ce roi mort de n’avoir pas pu te rencontrer. Eh ben, c’est pas ma faute ! Ce roi mort de n’avoir pas pu te rencontrer, en même temps, c’est très joli. Je le vois bien mais faut pas marcher à ça. Ne me quitte pas … On a vu souvent rejaillir le feu de l’ancien volcan qu’on croyait trop vieux. … Il est, paraît-il, des terres brûlées donnant plus de blé qu’un meilleur avril. Comment je dois le prendre, ça, à votre avis ? Il a l’air de dire que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. Donc le vieux pot, c’est moi. Franchement, c’est pas le passage que je préfère. Il a quand même le chic pour m’en servir une juste avant la fin. Et quand vient le soir quand un ciel flamboie … Tu sais ce qu’il te dit, le vieux pot ? Excusez-moi, ça m’a échappé, je suis un petit peu contrariée. Et quand vient le soir donc pour que … Mais enfin, j’suis un vieux pot ? Et quand vient le soir pour qu’un ciel flamboie le rouge et le noir ne s’épousent-ils pas ? Ne me quitte pas, ne me quitte pas, ne me quitte pas, ne me quitte pas … T’avais qu’à y penser avant. Je ne vais plus pleurer … M’étonnerait ça. Je ne vais plus prendre, je ne vais plus vendre ? « er », c’est bon. Je ne vais plus pleurer, je ne vais plus parler, je me cacherai là à te regarder danser et sourire et à t’écouter chanter et puis rire. Moi, je pense que … (Elle mime quelqu’un qui fume.) J’vois qu’ça. ça me fait beaucoup de peine mais j’vois qu’ça. Laisse-moi devenir l’ombre de ton ombre, bien sûr, l’ombre de ta main … Oui, eh bien on va faire comme ça, y a pas de raison. l’ombre de ton chien. En plus, ça va faire plaisir à tout le monde. Ne me quitte pas, ne me quitte pas, ne me quitte pas, ne me quitte pas … Si, justement, je te quitte, je te quitte, je te quitte, je le quitte … C’est pas un garçon comme ça qu’il me faut. C’est trop compliqué. Je ne sais même pas comment ça marche, j’suis pas équipé pour. A côté de ça, je reconnais que c’est très très joliment écrit. Je le sais, je le sais parce que c’est un petit peu comme ça qu’il m’a eue. C’est joli, c’est un joli poème. Moi, je marche à ça, c’est magique. C’est magique. Il y en a un que j’aimais beaucoup. Je suis sûre que vous le connaissez tous : il s’appelait Jacques … (introduction de Ne me quitte pas) Prévert.
DEROULEMENT :
1. Audition et visionnage de Ne me quitte pas, chantée par J. Brel (1959).
En quoi la chanson et son interprétation sont-elles émouvantes, pathétiques, dramatiques, suppliantes ? On suppose en effet que la femme aimée, qui reste indifférente malgré les supplications du chanteur, va le quitter quels que soient ses arguments; c'est pour lui une bataille perdue d'avance. Quelles sont ici les caractéristiques de l’amour ? Il transfigure les amants (je te ferai reine) ; il est éternel (jusqu’après ma mort).
Relever les images poétiques, les métaphores : le rouge et le noir ne s’épousent-ils pas ? ….
2. Visionnage du sketch La lettre. Quel est le point commun entre les deux
textes ? L’auteur argumente pour reconquérir la femme aimée. Cependant, La Lettre présente le point de vue de celle-ci. Pourquoi le texte de la chanson devient-il comique ?
-supériorité du spectateur qui connaît cette chanson alors que la destinataire de la lettre l’ignore, se trompe sur son auteur et interprète
-situation d’énonciation : une énonciation est une parole située, considérée à l’intérieur d’une communication. Le message réalisé ici est « il est inutile de chercher à poursuivre cette relation ». En ce qui concerne l’étude de l’expression grammaticale, le niveau de langue du locuteur est familier (Y a des trucs que j’ai bien en travers ; c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes …), les déictiques indiquant le destinataire visent à le déprécier : un garçon, du monde, ça (comment ça marche). [Le destinataire réel n’est pas le fiancé, mais le public, que Muriel Robin rend témoin de cette rupture par lettre.] Les déictiques indiquant le lieu et le temps de la communication réfèrent à l’ « ici » et « maintenant ». L’adverbe « hier » et quelques expressions « un jour » font référence à des anecdotes de leur histoire commune.
En ce qui concerne l’étude de la relation de communication, la fonction du locuteur est expressive (ses réactions à la lecture de la lettre). Ici, l’acte de parole ne peut influer sur le destinataire (fiancé) puisqu’il n’est pas présent, mais il influe sur le destinataire réel, le public, en suscitant le rire.
-commentaires de la destinataire qui touchent au burlesque : les « perles de pluie » deviennent une grenouille (en plâtre) ; « ces amants-là » deviennent Madeleine et Emile ; le fait de n’attribuer aucun talent poétique à l’auteur de la lettre mais de n’y voir que les élucubrations d’un toxicomane.
-décalage entre le ton suppliant de la chanson et le ton indifférent (Eh ben, c’est pas ma faute !), froid (je ne vais plus vendre ? « er », c’est bon), perplexe (Quoi, qui s’enfuit déjà ?) critique (C’est trop compliqué.), ironique (Toujours plus malin que les autres ! ), agacé (J’en veux pas de tes perles !)… de la destinataire
Faire remarquer que le sketch est un « collage » de chansons :
-Ne me quitte pas, composée et interprétée par Jacques Brel
-La ferme du bonheur, interprétée par Claude François (1964)
-Madeleine, composée et interprétée par Jacques Brel (1962)
-Les bonbons, composée et interprétée par Jacques Brel (1967)
Qu’est-ce qu’une parodie ? C’est l’imitation burlesque d’une œuvre littéraire ou artistique. En l’occurrence, si on prend au pied de la lettre (!) le texte de cette chanson devenue classique, on la fait basculer dans le ridicule.
3. Expression écrite : les élèves choisissent un texte sérieux (chanson, poème, discours politique …) et le transforment pour le rendre comique ou vice-versa.
Français CAP/BEP : chanson "On veut des légendes" : le stéréotype au cinéma
CLICHES ET STEREOTYPES AU CINEMA : ETUDE DU CLIP DE LA CHANSON ON VEUT DES LEGENDES, INTERPRETEE PAR Johnny HALLYDAY ET Eddy MITCHELL – (2006) Durée : 4 mn environ
OBJECTIF : définir ce qu’est un stéréotype.
Ce clip est notamment disponible sur le site www.musicbrigade.com/templates/VideoPage.
Qu’est-ce qu’une légende ? 1. Récit à caractère merveilleux, où les faits historiques sont transformés par l’imagination populaire ou par l’invention poétique. 2. Histoire déformée et embellie par l’imagination. (Extrait du Petit Larousse)
Pour les élèves qui connaissent la chanson, quelle définition semble le mieux convenir ? Quels personnages de l’Ouest américain sont devenus légendaires ? (Billy the Kid, Buffalo Bill, Calamity Jane, les Dalton, Jesse James …)
Qu’est-ce qu’un cliché, un stéréotype ? (Recherche dans un dictionnaire ou sur Internet)
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DEFINITIONS Le cliché est une image usée, qu'il s'agisse d'une formule lexicalisée ("son sang ne fit qu'un tour") ou d'une métaphore reproduite à plaisir (Roger Caillois rappelle la proposition attribuée à Nerval : « Le premier qui compara la femme à une rose était un poète; le second était un imbécile »). Les clichés révèlent une incapacité à créer des formes originales et une véritable aliénation de soi dans le discours de l'autre. C'est à ce titre que Gustave Flaubert les a recensés, avec les lieux communs, dans son Dictionnaire des idées reçues. (Extrait du site www.cliche.mht) Un cliché est une idée trop souvent répétée, un lieu commun, une banalité. (Dictionnaire Petit Larousse) Un stéréotype est une formule banale, une opinion dépourvue d’originalité. (Dictionnaire Petit Larousse) |
1. Visionnage n° 1 du clip. Quelle est la situation ? Nous sommes en 1956. Les
deux chanteurs, alors âgés de 14 ans, errent dans Belleville, puis entrent au cinéma « Le Champollion » pour regarder un western. (Créé en 1938, ce cinéma, situé à Paris, dans le Quartier Latin, a été inscrit en 2000 au titre des monuments historiques.)
2. Visionnage n° 2 (ne diffuser qu’à partir du début du film Légendes de l’Ouest) :
les élèves repèrent les clichés qui leur paraissent relever typiquement du western :
· les personnages (les bons : les deux cow-boys, le jeune Mexicain/le méchant :
le balafré)
· les vêtements (Stetson, bretelles, bottes, vêtements très poussiéreux …)
· les lieux (désert, Monument Valley, saloon)
· les situations (cow-boy assis dans un rocking-chair, attendant d’entrer en action ; cow-boys virils buvant de l’alcool cul sec ; femme se douchant dans une baignoire rustique, puis en grand péril, sauvée in extremis par deux valeureux cow-boys à la suite d’un duel au revolver)
Quelques images rappellent une aventure de Lucky Luke.
Faire remarquer certains éléments parodiques : la façon de grimper à cheval sur une colline de Monument Valley.
3. Répertorier des situations stéréotypées dans d’autres types de films (voir Wikipédia, article "Cliché")
- dans un film d’action, une bombe à retardement est désamorcée précisément une seconde avant sa détonation. Si le héros est ligoté, il trouvera un objet tranchant avec lequel il parviendra à couper ses liens.
- dans un film policier, deux policiers très différents (souvent l'un Noir et l'autre Blanc), s'entendant mal seront forcés de faire équipe, bien que leur mésentente puisse compromettre leurs enquêtes. Mais ils finiront tout de même par devenir amis.
-dans un film d’horreur, quand le héros est poursuivi par un monstre, sa voiture ne démarrera pas du premier coup.
-dans un film d’amour, si un homme et une femme montrent une aversion l'un pour l'autre, ils finiront par tomber amoureux.
-dans un film comique, si un des personnages principaux dit une phrase embarrassante au milieu d'une foule bruyante, la foule se taira immédiatement et le regardera.
4.Dans quels autres domaines des stéréotypes sont-ils véhiculés ? la langue (« la neige étend son blanc manteau », « l’événement tant attendu », « les soldats du feu » …) , les sexes (stéréotypes sur les femmes, les hommes), la publicité (image de la femme, souvent occupée à des tâches ménagères ; exemple de situation stéréotypée: deux femmes comparent leur linge; celui de l'une est évidemment assez sale, celui de l'autre est très propre et brillant grâce à la lessive qu'elle utilise), image des étrangers (comment les Espagnols, par exemple, sont-ils vus par les Français ? Comment les Français sont-ils considérés par les habitants d’autres pays ?)
5. Production écrite : choisir un type de film et rédiger en une vingtaine de lignes un scénario
comportant des stéréotypes.
Si le professeur est bivalent, possibilité pendant le cours d’anglais de lire quelques planches de BD (ou vignettes sélectionnées) de westerns (ex : Les aventures de Lucky Luke en anglais, éditions Cinebook ou Lucky Comics) et de relever quelques stéréotypes pour rebrasser le présent simple et les adverbes de fréquence :
In westerns, brave cow-boys generally/often shoot at baddies. They never die at the end.
A CONSULTER
« Recette pour dramatique-télé » (film d’amour) in GOTLIB, Rubrique-à-brac, Dargaud, 1970, 2-205-00454-9, p. 60-61.
« On se paie une toile ?» (clichés dans les films policiers et les westerns) in GOTLIB, Rubrique-à-brac tome 3, Dargaud, 2007, 9-782-20505574-0, p. 10-13.
21 juillet 2007
Français Bac Pro : la dictature dans la fiction
LA DICTATURE DANS LA FICTION
OBJECTIF : étudier les caractéristiques d’une dictature, en français, en liaison avec le cours d’histoire, à travers trois œuvres de fiction :
· Persepolis de Marjane Satrapi : volume 1, Editions L’Association, coll.
« Ciboulette », 2000, 978-2-84414-058-6, 14,00 €.
· Le Cantique de Meméia d’Heloneida Studart (extraits), Editions Les Allusifs,
2006, 2-922868-31-1, 176 pages, 14 €. (existe aussi en 10/18).
· La Rédaction d’Antonio Skarmeta in Le cycliste de San Cristobal, Editions du Seuil, coll. « Points
Virgule », 2002, 2-02-055085-7, 4,95 €.
Les élèves lisent l’un des trois ouvrages et orientent leurs observations selon les aspects suivants :
PERSEPOLIS (planches 16-37« La cellule d’eau » jusqu’à « La lettre ») |
LE CANTIQUE DE MEMEIA (chapitres 1 et 10) |
LA REDACTION(14 pages) | |
Pays où la dictature est en place |
Iran |
un pays d’Amérique du Sud, vraisemblablement le Brésil |
Chili |
Période de l’histoire du pays |
1978 |
pas d’indices temporels pour donner aux évènements une portée universelle, une valeur de parabole |
manifestement 1973, bien que la date ne soit pas précisée |
Nom du dictateur |
le chah Mohammad Reza Pahlavi |
chapitre 1 : Menina (qui a mis en place une dictature en miniature) chapitre 10 : « forces obscures » = police, organes de répression |
général Pinochet |
Type de dictature · militaire · religieuse · policière |
militaire et religieuse |
chapitre 1 : familiale chapitre 10 :policière |
militaire (« junte fasciste ») |
Dans quelles conditions est-elle instaurée ? |
coup d’Etat fomenté par le père du chah, avec l’aide des Britanniques |
chapitre 1 : tradition familiale : elle est centenaire |
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Caractéristiques de cette dictature (port du voile, tortures, journalistes emprisonnés …) |
-l’armée réprime les manifestations dans le sang; interdiction de les photographier - confiscation de biens -emprisonnements arbitraires pour raisons politiques -tortures en prison -fêtes somptuaires organisées par le régime -manuels scolaires revus et corrigés (propagande) -censure (séance de dédicaces clandestines) |
chapitre 1 : -Menina procède à des punitions (enfermement au couvent, châtiments corporels …) et décide du sort des membres de sa famille. chapitre 10 : -emprisonnements arbitraires, tortures -absence de liberté de parole : Joao et Pablo sont torturés pour avoir dit que « les moineaux (étaient) des oiseaux bleus » |
-les militaires sont omniprésents à Santiago -arrestations des citoyens « de gauche », antifascistes |
Comment la résistance s’organise-t-elle ? |
- révolution, manifestations dans les rues : « A bas le roi ! » |
-les habitants écoutent la radio clandestinement -on a écrit « Résistance » en rouge sur le mur blanc de l’école | |
Qui raconte les évènements ? |
l’auteur, alors âgée de huit ans |
une servante, Meméia |
Antonio Skarmeta |
Regard porté par le narrateur/la narratrice sur les événements ? |
regard subjectif : naïf, parfois humoristique, plein de curiosité (cherche à s’informer) |
regard ironique, joue un rôle de modérateur |
regard subjectif, à la manière d’un enfant : cf. portrait du capitaine Romo |
Prolongements possibles :
-à partir de ces observations, donner une définition de la littérature engagée.
-lire (ou feuilleter)des ouvrages documentaires traitant de la dictature dans les pays évoqués dans les fictions et confronter le traitement des informations fournies dans les deux types d’ouvrages sur :
· les personnages (FICTION : créés par l’auteur, personnages historiques évoqués/DOCUMENTAIRE : personnages historiques, groupes, peu de cas individuels)
· le point de vue (subjectif/objectif)
· informations sur la dictature (fournies par le contexte de l’histoire/nombreuses avec évolution dans le temps
· types d’écrits (narration avec dialogues/récit de l’historien, illustré de documents qui sont des traces des évènements)
· Que peut-on attendre d’une œuvre de fiction ? Et d’un ouvrage documentaire ?
INFORMATIONS SUR LES AUTEURS ET LES ŒUVRES1. Persepolis Née en 1969, Marjane Satrapi a grandi à Téhéran où elle a étudié au lycée français. Compte tenu de la situation en Iran, ses parents l’ont envoyée à Vienne alors qu’elle avait 14 ans : une expérience malheureuse suivie d’un retour au pays et d’une installation définitive en France, en 1994. A Paris, elle décide de raconter son histoire en bande dessinée. Les quatre volumes de Persepolis remportent un vif succès en France, aux Etats-Unis – 160 lycées et universités, dont Yale, Harvard et Ucla, l’ont inscrit à leur programme – et au Moyen-Orient, où il a été édité au Liban, en arabe. Dans cette autofiction, Marjane Satrapi raconte son enfance choyée par des parents modernes et cultivés et une grand-mère tout aussi moderne. Cette vie paisible s’effondre avec la chute du Shah en 1978, alors qu’elle a huit ans, et l’instauration du régime islamique. Avec beaucoup d’humour, elle narre les contrôles des commissaires de la Révolution, les cours de dessin anatomique où le modèle est recouvert d’un tchador, ceux d’histoire de l’art où le professeur a masqué la nudité de la Vénus de Botticelli. Elle évoque la douloureuse séparation d’avec ses parents et sa vie de galère. Ayant reçu de nombreuses propositions d’adaptation au cinéma, elle écrit le scénario d’un film d’animation et le coréalise avec Vincent Paronnaud, issu lui aussi du monde de la BD. Les deux partenaires se livrent à un travail de réécriture durant trois ans pour aboutir à un film en noir et blanc d’1h 35 qui obtient le prix du Jury à Cannes en 2007 mais est censuré en Iran. Persepolis parvient à dire, dans un même élan, la censure politique, les désirs d’une jeune fille, la mémoire d’un pays, le besoin de racines. D’après Vincent Paronnaud, « certaines références sont claires : on a fait un travail minutieux à partir de photographies de Vienne, de Téhéran, et Les Affranchis de Martin Scorsese nous ont aidés pour le rythme du montage et l’utilisation de la voix off. Parfois, l’inconscient est également remonté : lorsqu’on nous présentait les décors, on nous citait toujours Le Cabinet du docteur Caligari de Robert Wiene (1924) ou Nosferatu de F.W. Murnau (1922). » Condensé de L’Est Républicain, 27 juin 2007 et de L’Express n° 2921, 28 juin 2007. 2. Le Cantique de Meméia
Heloneida Studart est née en 1932 dans une famille aisée de Fortaleza, ville du Nordeste brésilien. Elle est devenue députée de l’Etat de Rio de Janeiro sous la bannière du parti des Travailleurs (PT) en 1978, un siège qu’elle occupe encore à ce jour, chef de file des élus du PT dans une assemblée où elle préside aussi la commission permanente de défense des droits de l’homme. Militante féministe et syndicaliste très active avant de devenir députée, fondatrice du Centre de la femme brésilienne en pleine dictature militaire, elle a été aussi brièvement emprisonnée, en 1969, pour activité littéraire et syndicale « subversive ». Elle a quitté sa famille à 19 ans, son premier roman sous le bras, et a reçu quatre ans plus tard un prix de l’Académie brésilienne des lettres pour son deuxième texte, Diz-me o teu nome, soit Dis-moi ton nom, publié en 55. En 69, est paru Deus nao paga em dolar (Dieu ne paie pas en dollars). Très longtemps journaliste, H. Studart a aussi écrit des textes pour la télévision, des pièces de théâtre et des essais féministes, notamment le petit Muhler, objeto de cama e mesa (La Femme : objet de lit et de table), qui fut un best-seller au Brésil. Il s’agit d’un très court ouvrage fondé sur sa propre expérience, où elle dénonce, entre autres, « le monde gélatineux et peuplé d’enfantillages dans lequel vivent la majeure partie des femmes qui ne travaillent pas », au Brésil. Elle est l’auteur de neuf romans. Dans Le Cantique de Meméia, roman paru en 1975 au Brésil, puis traduit en français, elle explore, sous des traits empruntés à sa propre biographie, la faille sociale qui traverse le Brésil, celle-là même qui l’a poussée vers l’action politique. Ce roman n’est pas seulement une œuvre de combat, plutôt le tableau plein de sortilèges d’un monde à l’écart du temps, immobile à force de rites et de superstitions. Un monde où l’horreur le dispute au merveilleux. 3. La Rédaction Né à Antofagasta en 1940, Antonio Skarmeta a dû quitter en 1973 le Chili, où il était professeur à l’université de Santiago. Scénariste et cinéaste, il a vécu en Europe et aux Etats-Unis. Il est actuellement ambassadeur du Chili en Allemagne. Ses recueils de nouvelles et ses romans ont été publiés dans plus de 20 langues. Il est l’auteur en 87 d’Une ardente patience, dont a été tiré Le Facteur, avec Philippe Noiret dans le rôle de Pablo Neruda. On lui doit aussi T’es pas mort ! en 82, Le Cycliste de San Cristobal en 84 et La Noce du poète en 2001. |
Contexte politico-historique de Persepolis (extrait du Petit Larousse):
1979 : Mohammad Reza, chah (souverain) de la dynastie Pahlavi, au pouvoir en Iran depuis 1941, est renversé par l’opposition et obligé de quitter le pays. Une république islamique est instaurée, dirigée par l’ayatollah (chef religieux chiite) Khomeini, défendue par la milice des gardiens de la révolution (pasdaran). Il s’ensuit une crise avec les Etats-Unis (prise d’otages à l’ambassade américaine de Téhéran).
1980 : Bani Sadr est élu président laïc de la République ; l’Iraq attaque l’Iran.
1981 : Bani Sadr est destitué. Le pays connaît des vagues de terrorisme. L’Iran s’érige en « guide de la révolution islamique » à travers le monde, notamment au Liban.
1988 : un cessez-le-feu intervient entre l’Iran et l’Iraq.
Contexte politico-historique du Cantique de Meméia (extrait du Dictionnaire encyclopédique Larousse en 15 volumes, article « Brésil »)
L’ère de Vargas : la fermeture des marchés européens, l’effondrement des cours du caoutchouc et surtout du café, en 1929, entraînent la fin de la république des coronels (le pouvoir appartient alors aux oligarchies qui tiennent les terres et les hommes ; la culture du café est prépondérante, assurant la prospérité, avec le blé et le caoutchouc). Le chef des libéraux, Getulio Vargas, homme du Sud, constitue un gouvernement provisoire et dictatorial, suspend la Constitution de 1891, réprime un mouvement insurrectionnel à Sao Paulo, qui réclame son autonomie (1932), se fait élire président pour quatre ans et impose le vote d’une nouvelle Constitution (1934) prévoyant la désignation d’un Parlement en partie représentatif, en partie corporatif. Le caractère dictatorial du régime s’accentue encore quand, en 1937, le président Vargas licencie le Congrès, dissout les anciens partis et devient, en vertu d’un plébiscite, dictateur du Brésil pour six ans. C’est le début de l’Estado Nôvo, qui s’appuie sur le peuple et la bourgeoisie des villes contre les grands propriétaires fonciers. Le 30 octobre 45, le général Vargas est déposé par un groupe de généraux et, en 46, une nouvelle Constitution démocratique et fédéraliste est adoptée. En 51, Vargas redevient président, mais l’opposition déchaîne contre lui une violente campagne qui le conduit au suicide en 54. Plusieurs présidents se succèdent, dont Janio Quadros, déposé par les militaires en 64.
Les présidences militaires : un régime militaire strict se met alors en place. Des actes institutionnels amendent dans un sens autoritaire la Constitution libérale et une épuration sévère frappe les milieux oppositionnels. Les partis politiques traditionnels sont interdits et remplacés par l’officielle Arena (Aliança Renovadora Nacional) et le président reçoit des pouvoirs exceptionnels au détriment du Congrès et des Etats (Constitution du 30 octobre 1969). Les présidents sont tous des militaires jusqu’en 85 : les maréchaux Castelo Branco (64-67) et Costa e Silva (67-69) et les généraux Garrastazu Médici (69-74), Geisel (74-79) et Figueiredo (79-85).
Leur politique est axée sur la lutte contre la subversion, sur le développement industriel et, tout en maintenant de bons rapports avec les Etats-Unis, la recherche d’une certaine indépendance nationale.
Le retour à la démocratie : l’élection à la présidence de la République, le 15 janvier 85, de Tancredo Neves consacre le retour à la démocratie.
Contexte politico-historique de La Rédaction (extrait du Petit Larousse) :
1973 : le candidat de la gauche Salvador Allende remporte les élections présidentielles, mais il est éliminé par une junte militaire. Le général Augusto Pinochet, « chef suprême de la nation », instaure un régime d’exception : état de siège, tortures, emprisonnements politiques, disparitions …
1980 : une nouvelle Constitution confirme le caractère autoritaire du régime, confronté à une contestation grandissante.
1988 : Pinochet organise un plébiscite visant à assurer la reconduction du régime en place. Le « non » l’emporte, mais Pinochet décide de rester à la tête de l’Etat jusqu’en 1990, terme légal de son mandat.
Le retour à la démocratie : le 11 mars 1990, à la suite à d’élections démocratiques, Pinochet cède son poste de président de la République au démocrate chrétien Patricio Aylwin, élu à la tête d’une coalition, la Concertación, englobant les héritiers du socialisme d’Allende. Pinochet demeure encore sept ans chef des armées. Aylwin doit remettre en place la démocratie, établir une nouvelle politique nationale, maintenir la bonne santé économique du pays (sans mettre en cause le néolibéralisme instauré sous Pinochet), réduire de façon importante la pauvreté. Enfin, fait le plus important pour les Chiliens, l’armée doit reconnaître les violations des Droits de l’Homme commis pendant la dictature.
Pinochet meurt en 2006, alors que les procédures judiciaires engagées contre lui n’ont pas encore abouti.
Français Bac Pro : "Même les Chinoises n'ont plus les pieds bandés" de Jeanne Benameur : l'argumentation, la condition féminine
« MÊME LES CHINOISES N’ONT PLUS LES PIEDS BANDES » in LE RAMADAN DE LA PAROLE de Jeanne BENAMEUR, p. 7-23
OBJECTIF : étudier l’argumentation (en liaison avec une séquence sur la condition de la femme) et, plus particulièrement, l’expression du refus, comment faire partager une révolte.
BENAMEUR, Jeanne. Le Ramadan de la parole, Actes Sud Junior, coll. « D’une seule voix », 2007. 978-2-7427-6689-5. 7,80 €.
Née en 1952 en Algérie d'une mère italienne et d'un père tunisien, Jeanne Benameur quitte l'Algérie à l'âge de cinq ans pour s'installer avec sa famille à La Rochelle. Professeur de lettres, elle exerce ce métier avec passion. Auteur jeunesse, Jeanne Benameur publie de nombreux livres, notamment chez Thierry Magnier et aux Editions du Seuil. Sa triple origine est l'une de ses sources d'inspiration même si elle n'écrit qu'en français. Avec son roman Les Demeurées (Denoël, 1999) elle fait une entrée remarquée sur la scène littéraire.
1. Etude du texte.
Relever les indices spatio-temporels : en 1920 (donc après la Première Guerre mondiale), une jeune fille, dont le lecteur ignore l’âge exact, mais qui est sans doute mineure (moins de 21 ans) a été enfermée dans sa chambre par sa mère car elle refuse les contraintes imposées à son sexe. Elle s’est révoltée en particulier parce que sa mère voulait lui confisquer ou lui détruire ses livres. Elle a hurlé : « Même les Chinoises n’ont plus les pieds bandés ! » et lui a jeté son corset à la figure. Ce texte est un cri de révolte argumenté.
Possibilité de dissimuler les deux premières phrases et de faire deviner à quelle époque se situe le récit.
Relever les sujets de discorde entre les deux femmes (la jeune fille veut être libre alors que sa mère veut qu’elle soit « une jeune fille de bonne famille ».)
L’EDUCATION PRODIGUEE PAR LA MERE |
CE QUE VEUT LA JEUNE FILLE | |
Mode |
Sa fille doit porter un corset, des bas de soie et un chapeau. |
Elle refuse le port du corset et aime les cheveux libres. |
Manières |
Les jeunes filles doivent parler avec mesure et ne pas regarder droit dans les yeux. |
Elle souhaite vivre libre. |
Activités |
Une jeune fille de bonne famille fait de la broderie, apprend à surveiller la cuisinière et la femme de chambre, joue du piano et rêve du mariage. |
Elle veut lire et s’instruire, apprendre et voyager. Elle veut devenir médecin et aller soigner ceux qui en ont besoin dans le monde entier. |
Lectures |
Une jeune fille ne doit pas lire d’histoires d’amour ni de livres documentaires; elle doit lire la Bible. |
Elle doit lire tout ce qu’elle a envie de lire. |
Conception de la société |
Les classes sociales ne doivent pas se mélanger. La société doit rester figée. |
Il doit y avoir une mixité sociale, une évolution de la société. |
Relever au passage le champ lexical de la religion : malédiction, une bonne chrétienne, dieu, offensée, la sainte croix, les Evangiles, prier, églises, la sainte Bible, bénédiction… qui montre l’influence du catholicisme dans l’éducation et la vie de tous les jours.
Comment la ponctuation et la typographie reflètent-elles la révolte de la jeune fille ? points d’exclamation et d’interrogation, MON temps (p. 12) écrit en lettres majuscules.
Par quels faits la jeune fille exprime-t-elle sa révolte concrètement ? Elle arrache les feuilles de la Bible, elle a appris à lire à la fille de la cuisinière, elle va écrire sur les murs.
Conclusions : synthèse sur l’expression de la révolte ((procédés utilisés); quel portrait moral nous est donné de la femme bourgeoise au début du XXe siècle ? une femme soumise au mari qu’on lui a choisi par intérêt, destinée à procréer et à gouverner les domestiques.
A expliquer :
La coutume consistant à bander les pieds des Chinoises : tout d'abord pratiquée dans certaines parties de la Chine médiévale sur des jeunes femmes, elle s'étendit progressivement et persista jusqu'au début du XXe siècle où elle fut interdite.
Certains, comme Sigmund Freud, considérèrent cette pratique comme du fétichisme, car elle avait lieu pour des raisons esthétiques, de la même manière que les femmes modernes portent des talons hauts malgré l’inconfort qu'ils leur font subir.
Les pieds des petites filles, en général à l’âge de six ans, mais souvent plus tôt, étaient enveloppés de bandages serrés de telle manière qu’ils ne pouvaient pas se développer normalement et se déformaient au fur et à mesure qu'elles grandissaient.
Même à l'âge adulte, le pied restait petit et dysfonctionnel, enclin à des surinfections, des paralysies, et des atrophies musculaires. C'était à l’origine une pratique courante dans les milieux aisés de Chine, en particulier dans le Nord du pays.
Cependant, à la fin de la dynastie Qing, on pouvait voir des femmes aux pieds bandés dans toutes les classes sociales, à l'exception des plus misérables et du groupe des Hakka, chez qui les femmes assumaient une partie des travaux dévolus aux hommes dans les autres ethnies.
La condition des femmes pendant les Années folles (1919-1929 environ) : « après l'Age d'or du féminisme, ces années de la Belle Époque marquées par un formidable désir d'émancipation un peu partout en Europe, la Grande Guerre avait, comme toutes les guerres, opéré une implacable remise en ordre des sexes. Pendant quatre ans, elle avait mis les femmes au travail, elles avaient remplacé les hommes aux champs, dans les bureaux, à l'usine, elles avaient rendu possible l'effort de guerre et la victoire ; mais, la paix venue, on les renvoyait au foyer, leur refusant toute émancipation, toute autonomie et jusqu'au droit de vote pour lequel elles devront attendre vingt-cinq ans encore et une autre guerre !
Les Années folles virent alors le déclin du féminisme et le retour à une stricte hiérarchie des sexes. La crainte de la masculinisation des femmes au travail qui va devenir une obsession en France, la méfiance des ouvriers et des syndicats, l'image tout à fait négative des femmes émancipées, symbolisées par La Garçonne (roman qui valut à son auteur, Victor Margueritte, d'être radié de la Légion d'honneur en 1922), toutes ces peurs sécrétées par une société qui voulait retrouver ses repères, vont contribuer à étouffer toute revendication. L'Éternel Féminin est de retour et les femmes sont fermement invitées à obéir à la Nature, c'est-à-dire à se soumettre à leur vocation d'épouse et de mère. Pour mieux les y contraindre, cette politique nataliste va s'inscrire dans une loi, qui bloquera pour elles toute chance d'échapper à la fatalité biologique et tout espoir de pouvoir prendre en main leur vie. Car non seulement la loi de 1920 aggrave la répression des pratiques abortives, mais elle interdit toute espèce d'information sur la contraception. Elle restera en vigueur pendant plus de cinquante ans et sera responsable de centaines de milliers d'avortements clandestins chaque année et de milliers de mortes. » (Extrait de Ainsi soit-elle de Benoîte Groult, Grasset, 1975)
le Cantique des Cantiques (p. 16): livre biblique (v. 450 av. J.-C.), recueil de chants d’amour symbolisant l’union de Dieu et de son peuple. La jeune fille entend choquer sa mère en posant le livre sur sa poitrine nue (attitude sacrilège) et en « proférant » des paroles d’amour.
2. Etude de l’argumentation.
(arguments, exemples …) D’une manière générale, dans une argumentation, un émetteur appelé argumentateur développe un point de vue, une opinion, que l’on appelle la thèse (ex : « La ville aux vélos ! » « Votez pour moi ! » « Cet homme est innocent. », « Aidez cette association ! ») L’argumentateur a pour but de convaincre ou de faire agir un destinataire, appelé également cible. Pour ce faire, il utilise des arguments pour prouver ce qu’il avance. Voici quelques types d’arguments : -l’argument par le recours aux faits : celui qui argumente cite un événement reconnu et admis par tous (un fait historique, une situation dont les conséquences sont évidentes …) -l’argument d’autorité : celui qui argumente cite le titre ou le contenu d’un ouvrage réputé, le nom d’un spécialiste ou d’une personne connue. -l’argument par les valeurs : celui qui argumente utilise des valeurs qui correspondent par exemple au bien ou au beau, à la vérité, à la justice … -le recours au bon sens : celui qui argumente fait appel au bon sens. il cite une explication que tout le monde accepte comme allant de soi. L’argumentateur peut aussi se servir d’exemples ou d’anecdotes pour illustrer. Voici quelques types d’exemples : - le cas concret : il expose une situation précise, réelle, irréfutable. Il peut s’agir d’un fait historique, donc vérifiable. - l’expérience vécue : elle se réfère à une expérience personnelle, à une anecdote vécue ou encore à un fait divers dont on a été témoin. - les données chiffrées : elles concernent des statistiques, des chiffres, des pourcentages accompagnés d’un commentaire. -la fable, le mythe : ils rappellent une histoire, une légende ou une morale connues du plus grand nombre et dont on peut tirer un enseignement. Pour donner de la force à son argumentation, celui qui s’exprime peut s’adresser directement à son destinataire. Voici quelques procédés d’interpellation : -les indices personnels :l’emploi des pronoms de la première personne, le « je » et le « nous », souligne l’origine du point de vue dans l’énoncé et insiste sur la présence et l’implication du locuteur. -les tournures impersonnelles : « il y a « , « c’est », « il s’agit de » effacent la présence du locuteur. -l’implication du destinataire : la référence à des valeurs partagées par le plus grand nombre, les fausses questions, les exclamations, les adresses directes, les effets de typographie et la mise en page sont autant de moyens pour emporter l’adhésion du lecteur. Le destinataire peut opposer à l’argumentateur des contre-arguments, appelés aussi objections. Celui-ci peut les rejeter, les refuser en présentant de nouveaux arguments : c’est la réfutation. LE SCHEMA DE LA COMMUNICATION
EMETTEUR MESSAGE RECEPTEUR ARGUMENTATEUR THESE CIBLE
Activités :
-identifier dans le texte l’argumentateur, la cible et une thèse (il y en a plusieurs, en rapport avec le féminisme : ex : je ne veux pas porter de corset ; la femme doit avoir une éducation plus moderne ; la femme est l’égale de l’homme ; elle doit pouvoir se marier librement …)
-relever un argument et, éventuellement, un exemple en rapport avec la thèse choisie. Dire de quel type d’argument il s’agit. (Parmi les exemples, on peut relever : Même les Chinoises n’ont plus les pieds bandés ; pendant l’horrible guerre que nous avons vécue, ce sont bien les femmes qui ont mené les maisons …)
-relever un argument et un contre-argument page 9 : Vous me reprochez d’avoir un cerveau et de m’en servir ! […] Pourtant je suis comme votre dieu m’a faite et qu’y puis-je s’il a placé sous mes cheveux […] un esprit […] ? = Mère : « Vous êtes une femme, vous ne devez pas penser ! » Fille : « C’est ce dieu que vous vénérez m’a douée de pensée. »
-relever trois exemples d’interpellation page 10 et dites à quel type ils appartiennent. C’est trop ?(exclamation) ; Je vous ai offensée (indices personnels) ; Mais vous n’avez pas le droit (adresse directe).
Expression écrite : à propos d’un sujet qui les révolte (sans-abris, guerre au Darfour, racisme …), les élèves écrivent une lettre argumentée en choisissant une cible et une thèse, et en réutilisant les procédés vus précédemment (au moins deux types d’arguments ; au moins deux exemples pour illustrer ; au moins deux interpellations).
3. Prolongements possibles :
Comparer l’éducation des filles en 1920 avec celle qui leur était prodiguée au XVIIIe siècle en lisant un texte de Mme de Lambert : Avis d’une mère à sa fille (1728). (Plusieurs philosophes et écrivains des Lumières ont en effet plaidé pour la dignité de la femme : Condorcet dans son Essai sur les femmes (1787), Diderot dans Sur les femmes (1772), Marivaux dans La Colonie ou la Ligue des femmes (1729) …)
Constatez-vous une évolution de la situation entre le XVIIIe siècle et le début du XXe siècle ? Quels reproches communs Mme de Lambert et la jeune fille créée par J. Benameur adressent-elles à l’éducation que l’on donne aux filles ? J. BENAMEUR : port d’un corset, d’un chapeau, bonnes manières/Mme DE LAMBERT : on les destine à plaire, on ne leur donne des leçons que pour les agréments.
J. BENAMEUR : Vous me reprochez d’avoir un cerveau et de m’en servir !/Mme DE LAMBERT : [Les hommes] veulent que nous ne fassions aucun usage de notre esprit ni de nos sentiments.
C’est le couturier Paul Poiret qui a libéré les femmes du corset dans les années 1920. Citez d’autres exemples d’émancipation des femmes au XXIe siècle.
Subsiste-t-il au XXIe siècle certaines des contraintes dénoncées par la jeune fille dans le texte de J. Benameur ? Dans quelles sociétés ? Effectuez des recherches sur Internet et dans les ouvrages documentaires du CDI.
Français CAP/BEP : "Le Mexicain", sketch de Pierre Palmade : débattre du racisme
LE MEXICAIN, SKETCH DE Pierre PALMADE : durée : 5 mn 40
OBJECTIF : ce sketch peut servir d’introduction à un débat sur le racisme.
Ce sketch figure sur le DVD Premiers adieux, éditeur Universal Pictures Vidéo. Universal Pictures Vidéo)
EXPLOITATION : Faire la part des commentaires relevant du racisme au quotidien (attitude condescendante sur le fait de mal parler la langue française ; la couleur de la peau ; s’il y avait moins d’étrangers, il y aurait moins de racistes) et des stéréotypes, des idées reçues (tous les Mexicains portent un sombrero ; les Français ont les dents fragiles ; plus c’est loin, plus c’est beau.), des amalgames (j’avais vu un reportage à la télévision ; je confonds avec l’Afrique). Montrer que l’attitude du patient (dont le niveau culturel est très moyen : ex : chauvinité ; la langue mexicaine n’existe pas : on y parle l’espagnol ; croire qu’il suffit d’ajouter quelques sonorités exotiques à la langue française pour parler l’espagnol) résulte essentiellement d’une méconnaissance du Mexique et de ses habitants (selon le patient français, le Mexique est un pays sous-développé, où il n’y a ni restaurants ni magasins, où les maladies pullulent.)
Le choix d’un personnage mexicain peut s’expliquer par le désir de ne pas choquer, la communauté mexicaine étant très peu représentée en France.
Définir ce qu’est un stéréotype.
Au-delà du sketch, distinguer racisme, antisémitisme, xénophobie. A quels excès le racisme a-t-il abouti au cours de l’Histoire (guerres de religion, colonisation, esclavage, antisémitisme pendant la Deuxième Guerre mondiale et autres génocides, apartheid en Afrique du Sud, ségrégation aux Etats-Unis …) Envisager toutes les formes de racismes et discriminations au XXIe siècle (couleur de peau, âge, handicap …) Quelles lois, quels organismes permettent de lutter contre l’intolérance ? (ex : la Halde).
Dans la salle d’attente du dentiste. Bruit de roulette ; on entend le dentiste: « Crachez ! »
Excusez-moi. Vous avez quelle heure, s’il vous plaît ? Pardon ? Excusez-moi … Quarto ? Je comprends rien de ce qu’il me dit. Quarto ? Ah ! Et quart ? Ah dix heures et quart ? D’accord, merci. Vous êtes pas français ? Hein ? Vous pas français ? Ah oui ! C’est bien ce qu’il m’avait semblé. Et vous êtes né où ? Hein ? Ah ! Mexicain ? Oh là là ! Du Mexique ! Eh ben, dites donc. J’en n’avais jamais vu. Finalement, sans le sombrero, vous êtes pas si différent des autres. Non, je veux dire, c’est l’image qu’on se fait, du Mexicain là avec le sombrero et puis le … je sais pas comment vous appelez ça, le … ? Vous êtes en civil, quoi. Sauf pour le bronzage, bon, ça c’est plus difficile à enlever. Et vous êtes en vacances ? Vacansonares ? Ah non ? Etudiant ? Oh là ! Mexicain et étudiant, c’est bien, ça. Vous attendez le dentiste, je suppose. Oui, bien sûr. Eh bien moi aussi, bien sûr. Sinon, on serait pas là hein ? Je me suis fait sauter un chicot l’autre soir en mangeant un croque-monsieur, vous savez. Croque-monsieur, euh, un croco senior. J’ai pris un rendez-vous d’urgence. Nous autres les Français, on a les dents très fragiles. Les Mexicains, je sais pas mais les Français, très fragiles. Les Mexicains, je sais pas. Et c’est loin, votre pays ? Le Mexique, la distance ? Deux heures d’avion ? Ah, douze heures ! Je préfère. Avec votre accent, on comprend mal. C’est long, hein ? Oh, pour moi, c’est trop long. Déjà j’ai quarante minutes de bus pour rentrer chez moi, ça m’exaspère. Mais ça doit être un beau pays, non ? Hein ? Le Mexique, un beau pays, non ? Je me doute, oui. Comment dire : « Plus c’est loin, plus c’est beau », hein ? ça doit vous changer un peu ici, quand même, non ? Avec les magasins, les restaurants … Parce que vous chassez pour manger là-bas, non ? Ah non ? Je confonds avec l’Afrique, alors. Faut se faire vacciner pour aller là-bas, non ? Vacciner ? Piquores ? Contre les maladies. Ah non ? Plus maintenant ? Parce que c’est pauvre comme pays quand même. Oh, c’est pauvre comme pays quand même. Si, c’est pauvre comme pays. Moi je me souviens, j’avais vu un reportage à la télévision, je sais plus si c’était sur le Mexique, je me souviens qu’il y avait beaucoup de pauvres. Vous, si vous êtes venu en France, c’est que vous êtes un riche Mexicain, hein ? Je le fais rire ; Il va falloir apprendre le français quand même. Nous, on n’est pas censés savoir le mexicain, ici. J’ai ma fille qui parle très bien l’anglais mais, bon, c’est pas la même langue. Et puis ça sert. Je vous remercie, je ne fume pas non. Et puis je crois que c’est interdit en plus. Voilà, vous l’éteignez. Il y a des dentistes au Mexique ? Ah oui ? Des français ou mexicains ? Ah oui, mexicains. Finalement, c’est comme la France, votre pays. Parce que sans vouloir faire de chauvinité, je trouve quand même qu’on vit dans un beau pays. Vous aimez la France ? Ah bon ! Pourquoi ? Racistes les gens ? Oh ça m’étonnerait. Y en a comme partout. Moi déjà je vais vous dire : je pense que s’il y avait moins d’étrangers, il y aurait moins de racistes. C’est à moi ? Eh bien, tant mieux. Eh ben pensez-y, quand même !
07 juillet 2007
Anglais Bac Pro : sujet d'examen : "Forced marriages"
ANGLAIS : SUJET D'EXAMEN : BACCALAUREAT PROFESSIONNEL
TEXTE
FORCED MARRIAGES
The practice of forced marriage was very common among the upper classes in Europe until the 1900s, and is still a common practice in South Asia, the Middle East and Africa.
For example, sixteen-year old Maya thought she was going on a routine trip to Pakistan. But, on arrival, she found that the journey was a ruse to force her to marry against her will. As part of the Muslim marriage ceremony, she was supposed to nod her consent. When it came to it, her aunt pushed her head down and this was enough to convince the priest that she consented.
On returning to the United Kingdom, Maya told the authorities what had happened and they revoked her husband's visa to enter the UK.
Maya is just one of a minority of young British women, mostly from Asian backgrounds, who are forced into marriage.
Some estimates put the number of women forced to marry at 1,000 a year. The campaign group Southall Black Sisters (SBS) says this is not an overestimate. It says women may be abducted, imprisoned or just "emotionally blackmailed" into marrying against their will.
Forced marriage is against British law and the law in Asian countries and is not tolerated by the Muslim faith which requires the consent of both parties.
At the begnning of August, the Home Office announced that it had set up a working group to look into forced marriage. This group will inform people about the problem, identify the role of education in reducing forced marriage and say how the police and social services should respond to it.
From BBC News Online : UK/Internet
Lexique :
to nod her consent : dire oui d'un signe de tête
to abduct : kidnapper
Southall : quartier de Londres
Home Office : ministère de l'Intérieur
to set up : mettre en place
QUESTIONS :
COMPREHENSION
I. Lisez le texte attentivement. Dites si les affirmations sont vraies (right) ou fausses (wrong) et justifiez en citant le texte. (4 points)
1. Maya decided to go to Pakistan to marry.
2. During the ceremony she said she didn't want to get married.
3. Maya's husband isn't allowed to live in the UK any more.
4. Most of the girls who are forced to marry are of African origin.
II. Répondez aux questions en français. (4 points)
1. Environ combien de femmes sont concernées par les mariages forcés en Grande-Bretagne chaque année ?
2. Quels moyens de pression sont parfois utilisés par les parents pour obliger les jeunes filles à se marier ?
3. En quoi les mariages forcés sont-ils illégaux ?
4. Quels seront les objectifs du groupe de travail mis en place par le ministère de l'Intérieur ?
COMPETENCES LINGUISTIQUES
III. Des membres de "SBS" viennent en aide à une jeune fille qui va se marier contre son gré. ils lui conseillent :
-de se rendre dans un cmmissariat de police
-de dire à ses parents qu'elle accepte le mariage
-de ne pas s'enfuir ou se cacher
-de téléphoner à l'association régulièrement.
Vous exprimerez leurs conseils en anglais en utilisant should. (4 points)
IV. Complétez ce tableau. (4 points)
COUNTRY NATIONALITY
Britain British
. . . . . . Indian
Spain . . . . . .
. . . . . . German
China . . . . . .
. . . . . . French
Japan . . . . . .
. . . . . . Swiss
Portugal . . . . . .
EXPRESSION
Vous rédigerez un texte de 50 mots environ en anglais dans lequel vous expliquerez pourquoi il est préférable que des époux se choisissent librement. (4 points)
06 juillet 2007
Français Bac Pro : "Liberté zéro", chanson de Pierre Perret : la liberté de la presse
ETUDE DE LA CHANSON LIBERTE
COMPOSEE ET INTERPRETEE PAR Pierre PERRET
OBJECTIF: dans le cadre d’une séquence pédagogique sur la presse, réfléchir aux droits et devoirs des journalistes.
1. Audition de la chanson : quel est le style musical ? Quels sont les instruments
utilisés ? (contrebasse, flûte, violon ...) Le refrain est interprété par un choeur. Faire
remarquer les coups d’archet qui accompagnent le dernier refrain et créent une ambiance dramatique. Quel est le thème abordé ?
2. Structure de la chanson : la chanson est composée de 9 couplets (quatrains) et d’un refrain. Le nombre de syllabes de chaque vers est irrégulier (de 9 à 12 syllabes) pour évoquer la situation cahotique de la liberté de la presse dans le monde (menacée à des degrés divers). Les rimes, généralement masculines, sont croisées ou plates.
3. Interprétation du sens :
- élucider les références culturelles ou allusions à l’actualité :
La Fondation Hirondelle
Par ailleurs, L’Hirondelle est aussi le nom d’une publication de République centrafricaine dont le directeur a été, en mars 2004, condamné à six mois de prison ferme et à une amende de 200 000 CFA (300 euros) pour « offense au chef de l’Etat ». Un article incriminé accusait le président de détourner une grande partie des fonds publics à des fins personnelles. Selon Reporters sans frontières, « sa condamnation est excessive et constitue une grave atteinte à la liberté de la presse. »
Dans cette chanson, l’hirondelle symbolise la liberté comme la colombe de Picasso est symbole de paix.
Ecrit ton nom Liberté : allusion au poème Liberté de Paul Eluard (1942)
Place Tian An Men : le 4 juin 1989, sur cette place (« porte de la paix céleste »), des jeunes et des étudiants manifestent pacifiquement pour demander des réformes démocratiques. Les dirigeants de la Chine
Liberté, égalité, fraternité : devise de la République
stylos acérés : référence à une campagne d’affichage d’Amnesty International et à un slogan de cette organisation : « scier des barreaux avec des stylos »
Shéhérazade : personnage de fiction, conteuse des Mille et Une Nuits
-relever les images qui font appel à l’émotion : le sang n’a pas séché ; croupissent
en prison ; lapidation, lynchage et mains coupées
-relever l’ironie contenue dans certaines expressions : ces maladroits ; dangereux médias ; armés jusqu’aux dents de caméras et de stylos acérés
-remarquer l’élargissement du thème, de la liberté de la presse à la liberté d’expression en général.
Cf. Entretien avec Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières (Vivement dimanche prochain, émission diffusée le 23 avril 2006 sur France 2) : « Quand on arrête les journalistes, c’est qu’on arrête tous les gens qui pensent différemment du pouvoir. {...} La liberté de la presse ne va pas de soi dans un tiers des pays du monde. {...} Quand on ne tolère pas la liberté de la presse, on ne tolère pas la liberté des femmes, on ne tolère pas la liberté religieuse ; toutes ces libertés vont ensemble. La liberté de la presse, c’est un baromètre des autres libertés et quand on ne respecte pas la liberté de la presse, ça veut dire qu’on ne respecte pas les femmes, qu’on ne respecte pas les croyances des uns et des autres, qu’on ne respecte pas le droit d’avoir un parti politique, de se syndiquer, de descendre dans la rue. »
-conclure sur les procédés d’écriture utilisés par l’auteur pour sensibiliser le public à la nécessité de la liberté d’expression dans le monde.
Questions annexes :imaginez des questions mal choisies ou qui dérangent. Cette chanson est-elle optimiste ou pessimiste ? Qu’est-ce qu’une chanson engagée ? C’est une chanson qui prend parti, qui défend une cause en dénonçant des problèmes, des injustices, éventuellement en en révélant les causes et en proposant des solutions alternatives.
Citez des exemples : les chansons caritatives comme Les Restos du coeur (J.-J. Goldman, 1986)
4. Recherches documentaires sur la liberté de la presse dans le monde :
-les textes fondateurs de la liberté de la presse en France : site www.2presse.ac-versailles.fr/Textes/Liberte.htm
-présentation de Reporters sans frontières : site www.rsf.org
-citer 5 pays où la liberté de la presse n’est pas respectée. Quelles sanctions les journalistes encourent-ils ? D’autres libertés ne sont-elles pas respectées dans ces pays ?
5. Production écrite : en vous référant à la chanson Liberté Zéro et en faisant une synthèse des recherches documentaires, vous expliquerez en une quarantaine de lignes pourquoi la liberté d’expression est importante dans un pays et quelles formes elle peut prendre.
PETITE BIBLIOGRAPHIE SUR LA LIBERTE DE
LA PRESSE
LA LIBERTE DE
LA PRESSE
« Tunis : intimidation au sommet » : Le Nouvel Observateur 2141, 17 novembre 2005, p. 72.
« Journalistes en prison » in Clés de l’actualité 640, 10 novembre 2005, p. 3.
« La liberté de la presse » in L’Ecole des lettres des collèges 7, mars 2005, p. 3-34.
« Quels sont les risques d’informer ? » in Clés de l’actualité 609, 24 février 2005,
p. 6.
« Répression contre la dissidence à Cuba » in Clés de l’actualité 528, 24 avril 2004, p. 3.
« Presse : état des lieux » : TDC 868, 15 janvier 2004.
« Presse : quelle liberté ? » in Clés de l’actualité 552, 20 novembre 2003 (dossier).
« Liberté de la presse » in Clés de l’actualité 529, 1er mai 2003 (dossier).
03 juillet 2007
Droit BEP : l'organisation judiciaire : la justice et la presse
LA JUSTICE ET LA PRESSE
OBJECTIF : présenter l’organisation de la justice en France en étudiant des cas concrets de son fonctionnement.
1. Echanges oraux : à quelles occasions la presse parle-t-elle de la justice ?
pages pratiques de certaines revues : « Comment choisir son avocat », « Comment obtenir l’aide juridictionnelle » ; actualité : réforme du système judiciaire, projet de loi ; grève des avocats ou magistrats ; dysfonctionnements (erreurs judiciaires ou conditions de vie dans les prisons) ; comptes-rendus de procès …
Pourquoi la presse fait-elle des comptes-rendus de procès ? La justice est publique (sauf en cas de huis clos, décidé pour préserver la vie intime des personnes, pour éviter la révélation de secrets d'Etat ou pour éviter des désordres de nature à troubler la sérénité de la justice; cependant la décision est toujours rendue et prononcée en audience publique.) car rendue au nom du peuple français et chaque citoyen doit être informé de ses décisions. La presse joue un rôle de relais car chacun ne peut assister aux audiences.
Autre raison : au-delà du devoir d’informer, plaire au lectorat. En effet, les affaires qui relèvent de la justice pénale rencontrent généralement un grand succès car elles rappellent les romans-feuilletons du XIXe siècle.
2. Distribution commentée d’un document présentant les différentes juridictions :
juridiction de l’ordre administratif ou judiciaire (civile ordinaire : tribunal d’instance, tribunal de grande instance ou civile spécialisée : tribunal de commerce, conseil de prud’hommes, ou pénale : tribunal correctionnel ou cour d’assises)
3. Chaque groupe d’élèves reçoit un article extrait de la presse quotidienne rendant compte d’un procès. Le Parisien et les journaux régionaux y accordent généralement une large place. On sélectionnera quelques affaires parmi les « moins choquantes » : travail clandestin, dopage, escroquerie, vol …
Chaque groupe doit :
· résumer l’affaire brièvement
· relever les faits incriminés (ex : non-assistance à personne en danger)
· dire de quelle juridiction ils relèvent et de quel degré de juridiction (premier ou second)
· citer les acteurs de la justice qui sont mentionnés et indiquer leur rôle avant et pendant le procès
· citer les autres participants au procès (ex : partie civile, témoin …) et indiquer leur rôle
· préciser la durée du procès
· préciser combien de temps s’est écoulé entre le moment des faits et l’ouverture du procès
· dire quelles peines sont prononcées ou si, éventuellement, le jugement est mis en délibéré.
Dire si la peine infligée correspond ou pas aux réquisitions du Ministère public
· relever un terme juridique spécialisé dont les élèves ne comprennent pas le sens
(ex : débouter) et en chercher la définition
4. Mise en commun du résultat des recherches et prise de notes sur les acteurs de la justice.
5. Pour compléter leur connaissance du système judiciaire français, les élèves peuvent ensuite effectuer des recherches au CDI, sur Internet à propos :
· du montant du budget de la justice
· du nombre de magistrats
· du nombre de décisions rendues chaque année
· de la durée moyenne de règlement des affaires pénales, des affaires civiles et de celles relevant des Cours d’appel.
02 juillet 2007
Anglais Bac Pro : "Revenge", film TV : prétérit simple/prétérit be + ing
« ALFRED HITCHCOCK PRESENTS » : REVENGE (1955) – Durée : 22 mn
OBJECTIFS : faire découvrir une fiction télévisuelle courte, remarquablement construite; employer le prétérit simple et le prétérit be+ ing en situation.
Cette fiction en noir et blanc est disponible à la vente en VOST, sous le titre "C'est lui !", dans un coffret Universal.
Proposition de découpage : extrait n° 1 : début jusqu’à 7 mn 40 (Elsa prend un bain de soleil.)
Activité (destinée à vérifier la compréhension de la situation initiale): fill in the grid.
Elsa |
Carl | |
Job |
ballerina/ballet dancer |
engineer |
Relationship : · good friends · just married couple · married for ten years
|
||
Why is she/he in California ? |
She had a small breakdown so her doctor prescribed lots of rest, sun and sea. |
He could transfer to his plant in California . |
Relationship with Mrs Ferguson |
neighbour |
neighbour |
Extrait n° 2 : 7 mn 41 (voitures le long de la côte) jusqu’à 11 mn 50 (Carl embrasse Elsa.)
Lieutenant Walton questions Carl Spann. He wants to know all he did and saw after he arrived at the campsite. Put all these actions in the right order, using the past simple or the past continuous.
I (wave) at Mrs Ferguson who (read) a magazine outside her caravan. I remember she (wear) a sunhat. I (get) out of the car and I (take) three bags of groceries. I (call) Elsa but she didn’t answer. So I (open) the door and I (go) into the caravan. The radio (play) so I (turn) it off. A cake (burn) in the oven and it (smoke) the kitchen out. I (open) the oven, I (turn) it off and (take) the cake out. I (open) the door to Elsa’s room and I (see) she (lie) on the floor. I (take) her in my arms and I (lay) her on her bed. She (hold) a carnation in her left hand. I (put) a blanket on her and I (call) our neighbour, Mrs Ferguson. I (make) Elsa drink a little alcohol. Then she (start) to speak and I (ask) her a few questions. I (tell) Mrs Ferguson to call a doctor.
Mise en commun ; les élèves justifient leur choix des temps.
Extrait n° 3 : 11 mn 51 jusqu’à 15 mn 05 (Carl embrasse Elsa.)
The questioning continues. Do you remember the lieutenant's questions ?
LIEUTENANT : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ?
CARL : About five. Maybe a few minutes after.
LIEUTENANT : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ?
CARL : Yeah. Except I stopped to get some groceries.
LIEUTENANT : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ?
Mrs FERGUSON : No, not a thing.
LIEUTENANT : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ?
Mrs FERGUSON : I was doing some shopping at the market, in town.
Extrait n° 4 : 15 mn 06 jusqu’à 17 mn (Carl to his wife : « Do you wanna ride around a little before we go to the hotel ? »)
Imagine what is going to happen.
Extrait n° 5 : 17 mn 01 jusqu’à la fin.
What do you think of the conclusion ?
Activité : Match the characters with their roles in the story :
Elsa – Mrs Jones – Lieutenant Walton - a darked-haired man in a grey suit
WITNESS – SUSPECT – VICTIM – INVESTIGATOR
Production écrite :
Imagine the arguments Carl’s lawyer puts forward in court to defend him. Use two verbs in the past continuous.(10 lines)
You can start like this : Your Honor, members of the jury, this is not an easy case to decide. ...
TOOLBOX
deep in love happy vague description salesman regret very few clues take the law into his own hands nervous breakdown imaginary world emotional shock upset by mistake murderer to have a clean police record other victims to assault aggressor |